Lali

10 avril 2009

Le recueil aux pages jaunies 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

grieve-joanne.jpg

Je n’ai rien su de la lectrice de Joanne Grieve. Je ne sais jamais rien d’aucune des lectrices du soir. Juste qu’elles sont au rendez-vous et qu’elles repartent dans la nuit en laissant derrière un texte qui vous est destiné. Comme celui-ci, signé Saint-Denys Garneau :

L’avenir nous met en retard

L’avenir nous met en retard
Demain c’est comme hier on n’y peut pas toucher
On a la vie devant soi comme un boulet lourd
aux talons
Le vent dans le dos nous écrase le front contre l’air

On se perd pas à pas
On perd ses pas un à un
On se perd dans ses pas
Ce qui s’appelle des pas perdus

Voici la terre sous nos pieds
Plate comme une grande table
Seulement on n’en voit pas le bout
(C’est à cause de nos yeux qui sont mauvais)

On n’en voit pas non plus le dessous
D’habitude
Et c’est dommage
Car il s’y décide des choses capitales
À propos de nos pieds et de nos pas
C’est là que se livrent des conciliabules géométriques
Qui nous ont pour centre et pour lieu
C’est là que la succession des points devient une ligne
Une ficelle attachée à nous
Et que le jeu se fait terriblement pur
D’une implacable constance dans sa marche
au bout qui est le cercle
Cette prison.

Vos pieds marchent sur une surface dure
Sur une surface qui vous porte comme un empereur
Mais vos pas à travers tombent dans le vide
pas perdus

Font un cercle
et c’est un point
On les place ici et là, ailleurs,
à travers vingt rues qui se croisent
Et l’on entend toc toc sur le trottoir
toujours à la même place
Juste au-dessous de vos pieds

Les pas perdus tombent sous soi dans le vide
et l’on croit qu’on ne va plus les rencontrer
On croit que le pas perdu c’est donné une fois
pour toutes perdu une fois pour toutes
Mais c’est une bien drôle de semence
Et qui a sa loi
Ils se placent en cercle et vous regardent avec ironie
Prisonnier des pas perdus.

Des images pour les jours d’absence

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:03

diey-yves.jpg

Elle ne bouge plus. Elle ne tourne plus les pages. Ses yeux se sont posés là-bas. Sur lui. Sur la fenêtre ouverte. Sur un ciel si bleu qu’elle ne l’oubliera jamais. Sur une nuit d’étoiles qui brillent sur leur amour. Elle ne bouge plus. Elle enregistre des images pour les jours d’absence.

*sur une toile signée Yves Diey

Comment ne pas hésiter…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:16

king-haynes-4.jpg

Seront-ils lus, jetés, oubliés? Et s’ils sont lus, seront-ils triturés, déformés et transformés au point de ne plus ressembler au sens qu’ils portaient? Comment savoir, alors qu’avec tendresse les mots se posent sur le papier pour aller vers celui à qui ils sont destinés? Comment ne pas hésiter devant chaque mot pour que ce soit le bon, celui qui dit exactement ce qu’on veut exprimer et dont on ne pourra pas travestir le sens?

*toile signée Haynes King

Lectrice sous la pluie

Filed under: Mon Montréal,Scènes livresques,Signé Lali — Lali @ 15:04

photo-189.jpg

Ce ne sont pas quelques gouttes de pluie qui allaient l’arrêter, loin de là. Elle ne les voyait pas, ne les sentait pas. Il n’y avait que cette histoire qui comptait, si bien qu’elle a laissé son parapluie sous son bras alors que tout autour les gens avaient ouvert le leur. L’opération aurait duré une minute, mais cette minute était précieuse : elle équivalait à la lecture d’une page de son roman.

La suggestion du 10 avril 2009

Filed under: Couleurs et textures,La suggestion du jour — Lali @ 12:00

de-diego-julie.jpg

La lectrice de l’artiste Julie De Diego semble avoir besoin d’une couleur intense et chaude. Elle devrait la trouver ici, au risque de ne plus avoir envie d’en bouger!

Il ne faut surtout pas qu’il tache son habit

Filed under: Scènes livresques,Signé Armando,Vos traces — Lali @ 10:18

img_0121.jpg

Le journal est posé sur ses genoux. Il l’a peut-être déjà lu, ou il le lira tout à l’heure. Pour le moment, le lecteur croqué par Armando rêve… Et je me demande s’il ne rêve pas à cette époque où il était plus jeune et où il pouvait s’asseoir dans l’herbe sans penser aux traces de gazon sur son jean.

De toutes les couleurs

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 7:01

photo-220.jpg

photo-218.jpg

photo-227.jpg

photo-237.jpg

photo-212.jpg

photo-232.jpg

photo-228.jpg

photo-229.jpg

photo-239.jpg

photo-221.jpg

photo-226.jpg

photo-241.jpg

photo-231.jpg

photo-217.jpg

photo-233.jpg

photo-216.jpg

photo-234.jpg

photo-230.jpg

C’était irrésistible. Ou plutôt, je n’ai pas été en mesure de résister devant une telle avalanche de couleurs. De quoi mettre l’eau à la bouche, non?

Sur un arbre perchés

Filed under: Vos traces — Lali @ 6:26

tz5-22032009-61.jpg

tz5-01042009-01-1.jpg

tz5-01042009-38.jpg

tz5-01042009-05-1.jpg

tz5-01042009-06-1.jpg

tz5-01042009-64.jpg

tz5-21032009-23.jpg

tz5-01042009-07-1.jpg

tz5-01042009-34.jpg

tz5-01042009-65.jpg

tz5-17032009-42.jpg

Denise s’est bien appliquée. Elle a examiné une à une et avec minutie les branches. Et aussi avec tendresse. Presque sans bouger. Ils devaient bien être quelque part, elle les entendait! Et ils y étaient…