Lali

19 octobre 2008

Mes longs voyages

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 14:01

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Quand je sortirai de ce pays vieux
Que sont mes naufrages
Quand je rentrerai dans ce pays neuf
Qui est ton visage
Alors, je fermerai les yeux
Et je réveillerai
Mes équipages
Mes longs voyages

Quand j’étais fils de loup
Pieds nus, sans corde au cou
Quand j’étais fils du vent
Étudiant, trafiquant
Quand j’étais chez les filles
Prince fou, sans famille
Quand on m’a brisé l’os
De la mâchoire
Et quand j’ai fui avec mes bosses
Au fond du continent
Pour éviter les fers
De mes frères les hommes

Je te raconterai
Que j’étais héritier
Du château du roi sourd
Qui, au fond de sa cour
Pleurait pour que je chante
Pleurait pour que je vante
Ses rimes et ses crimes
Après, me torturait
Après, me médaillait

Toute ma vie durant, vivant
Dans l’irréel, mam’zelle
Avec mes ailes frêles
Fortes comme cerf-volant
Je fus pan de nuage
La voile bleue, au large
Qu’on ne peut mettre en cage
Qu’on harponne en riant

Les lettres et les livres
Les fuites, les écritures
Les grimoires, les Jésuites
Les foires, les poires, les huîtres
Les gloires et toute la suite
Le larron parasite
Collés sur mes talons
Collés sur mes talents
Crevant mes réussites
À grands coups de crayon
Me haïssant dès né
Me cernant, me jugeant
Me piégeant, me blessant
Me tuant

Mais là-haut, au-dessus d’eux
J’étais là-haut, dans une étoile rouge
Leur faisant des grimaces
Et l’étoile était rouge
Parce que c’était du sang, le mien
Et le tien est venu
Tous ces cheminements
Pour arriver à toi
Pour arriver souffrant
Où étais-tu, mon âme
Pendant cet heureux temps de misère
Et de vent?

Maintenant, je m’assois
Et je vis avec toi
Qui as daigné mêler ton âge
Avec le mien
En sortira un lien
Qui me vengera bien
En se tenant très près des hommes
Faux ou vrais
Ce que je n’ai pas fait

En se tenant très près surtout de sa mère
Ce que j’aurais dû faire depuis que tu m’attends
Maintenant je suis là
Si demain je m’en vas, retiens-moi
Rejoins-moi, si je meurs
Nous irons vivre ailleurs

(Félix Leclerc)

*toile de Gerard Boersma

Là-bas

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 13:01

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Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C’est pour ça que j’irai là-bas

Là-bas
Faut du cœur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L’or est à portée de tes doigts
C’est pour ça que j’irai là-bas

N’y va pas
Y a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi

On a tant d’amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir

Ici, tout est joué d’avance
Et l’on n’y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi je ne suis pas bien né

Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas

J’aurai ma chance, j’aurai mes droits
N’y va pas
Et la fierté qu’ici je n’ai pas
Là-bas
Tout ce que tu mérites est à toi
N’y va pas
Ici, les autres imposent leur loi
Là-bas
Je te perdrai peut-être là-bas
N’y va pas
Mais je me perds si je reste là
Là-bas
La vie ne m’a pas laissé le choix
N’y va pas
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
N’y va pas
Libre continent sans grillage
Là-bas
Beau comme on n’imagine pas
N’y va pas
Ici, même nos rêves sont étroits
Là-bas
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas
On ne m’a pas laissé le choix
Là-bas
Je me perds si je reste là
N’y va pas
C’est pour ça que j’irai là-bas

(Jean-Jacques Goldman)

*toile de George William Joy

Vu d’avion un soir

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 12:01

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D’ici
Le sable est blond
D’ici
La mer est bleue
D’ici
On pourrait croire
Que les gens sont heureux
La Terre est un paradis
Vue d’avion

D’ici
Il n’y a pas de guerres
Au loin
On pourrait croire
Qu’on voit
Quelques Peaux-Rouges
Passion
Tous les hommes s’aiment
Vus d’avion

Si un jour je dois prendre un maître
Ce sera Jonathan
Le goéland
Qui passe au-dessus du monde
Comme nous passons ce soir
Au-dessus du mont Blanc

D’ici
Tout le monde est riche
D’ici
Y a pas de misère
D’ici
Tout est possible
Tout est beau sur la Terre
Tous les hommes sont égaux
Vus d’avion

(Michel Delpech)

*toile de Karin Jurick

Photos de voyages

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 11:01

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Comme l’enfant des îles
Avec rien sur la peau
Qui regarde tranquille
Croiser les paquebots
Tu descends tu t’approches
T’as l’argent dans les poches
Tu le prends en photo
Au retour du voyage
Dans les coins du salon
Tu revois son visage
Sur des bouts de carton
Dans des boîtes à chaussures
Au milieu des factures
Et des billets d’avions
Toi t’as l’argent, lui le soleil
Il a tout son temps toi t’as ton appareil
Tu ramènes des images
Des photos de voyages
Tu crois que t’es heureux pareil
T’as tes repas d’affaires
Et tes nuits de travail
Il est assis par terre
Les cheveux jusqu’à la taille
Il répare la nasse
Pour les poissons qui passent
La barrière de corail
Toi t’as l’argent, lui le soleil
Il a tout son temps toi t’as ton appareil
Tu ramènes des images
Des photos de voyages
Tu crois que t’es heureux pareil
C’était à peine croyable
Ces insectes partout
Ces chambres pleines de sable
Ces femmes à peine debout
Dans le fond de ta ville
T’as remis ton manteau
Quelquefois ça descend
Quinze en dessous de zéro
Sur le bord de sa case
Que la chaleur écrase
Il boit le lait de coco
Toi t’as l’argent, lui le soleil
Il a tout son temps toi t’as ton appareil
Tu ramènes des images
Des photos de voyages
Tu crois que t’es heureux pareil
L’enfant des îles
Avec rien sur la peau
Qui regarde tranquille
Croiser les paquebots
Comme l’enfant des îles
Avec rien sur la peau
Rien sur la peau
Rien sur la peau

(Francis Cabrel)

*toile de Kurt Solmssen

Je reviendrai à Montréal

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 10:01

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Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Bœing bleu de mer
J’ai besoin de revoir l’hiver
Et ses aurores boréales

J’ai besoin de cette lumière
Descendue droit du Labrador
Et qui fait neiger sur l’hiver
Des roses bleues, des roses d’or

Dans le silence de l’hiver
Je veux revoir ce lac étrange
Entre le crystal et le verre
Où viennent se poser des anges

Je reviendrai à Montréal
Ecouter le vent de la mer
Se briser comme un grand cheval
Sur les remparts blancs de l’hiver

Je veux revoir le long désert
Des rues qui n’en finissent pas
Qui vont jusqu’au bout de l’hiver
Sans qu’il y ait trace de pas

J’ai besoin de sentir le froid
Mourir au fond de chaque pierre
Et rejaillir au bord des toits
Comme des glaçons de bonbons clairs

Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Bœing bleu de mer
Je reviendrai à Montréal
Me marier avec l’hiver
Me marier avec l’hiver

(paroles de Daniel Thibon chantées par Robert Charlebois)

*toile de Mike Jones

Un bateau au loin

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:01

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Sous la pluie qui tombe
Je cherche dans l’ombre
La silhouette sombre
De celui que j’attends
Dans le froid et le vent
La rue est déserte
Une cigarette
Qui tremble et qui rougit
Dans le cœur de la nuit

Et ce bateau au loin
Qui remonte le Rhin
Passera devant moi
Mais tu ne viendras pas

Dans le matin blême
Je reste quand même
A guetter là-bas
Ce petit point qui disparaît
Tout au bout du quai
Le fleuve s’enlise
Dans la lumière grise
Je ne vois plus rien
Mais je ne comprends pas
Pourquoi je reste là

Et ce bateau au loin
Qui remontait le Rhin
Dans l’aube s’est perdu
Et tu n’es pas venu

Et ce bateau au loin
Qui remontait le Rhin
Dans l’aube s’est perdu
Et tu n’es pas venu

(Eva)

*toile de John Roddam Stanhope

Partir ou rester

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:01

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Partir ou rester
Quand le départ est donné
Faire comme les autres
Qui font que s’en aller

Faut-il suivre leur boussole
Ou rester cloué au sol ?
Nos vies malgré nous
Voyagent enracinées

Se faire dépasser
Voir s’éloigner l’arrivée
Pour n’être pas parti du bon côté
Aller à contre-courant
Sans jamais passer devant
Tenir malgré tout
Juste pour avancer

Et si on laissait faire
Le temps
Le temps d’être à sa place
Toujours vivant
Et si on se donnait le temps
De se voir face à face
Tout simplement
Se laisser faire
Sans décider
Partir ou rester

Laisser de côté
L’envie d’être le premier
Et regarder les autres se croiser
Mais n’en vouloir à personne
Etre sans fleurs ni couronnes
Car, par-dessus tout
On cherche à se trouver

Et si on laissait faire
Le temps
Le temps d’être à sa place
Toujours vivant
Et si on se donnait le temps
De se voir face à face
Tout simplement
Se laisser faire
Sans décider
Partir ou rester

Partir ou rester
Quand le départ est donné
Faire comme les autres
Qui font que s’en aller
A l’opposé des boussoles
Si c’était de même qu’ils volent

Et si on laissait faire
Le temps
Le temps d’être à sa place
Toujours vivant
Et si on se donnait le temps
De se voir face à face
Tout simplement
Se laisser faire
Sans décider
Partir ou rester
Partir ou rester
Partir ou rester
.

(interprétation : Calogero, paroles : Lionel Florence, Patrice Guirao)

*toile de Jean-Daniel Bouvard

En vos mots 80

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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J’ai eu envie pour ce dimanche d’octobre de vous offrir un moment de tendresse. Et il me semble que les lecteurs de Katherine Doyle étaient tout désignés pour en illustrer un.

Le reste n’appartient qu’à vous. L’histoire qu’elle fera naître. Un souvenir qui jaillira. Un rêve qui ne cesse de revenir. Le reste n’appartient qu’à vous. Pour que vous le racontiez. En vos mots. Comme vous le faites si bien, dimanche après dimanche.

En vos mots, c’est cette catégorie qui est vôtre. C’est vous qui la faites vivre. Je ne vous remercierai jamais assez d’être là…

À dimanche prochain?

En voyage

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:01

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Comme tu voudras comme bon te semblera
Comme tu voudras comme bon te semblera

Tu pars en voyage tu déménages quelque part
Tu pars en voyage je déménage n’importe où

N’importe où n’importe quand dis-moi où qu’on va se rendre
Comment faire pour te plaire dis-moi où sur terre

N’importe où n’importe quand qu’importe l’argent
Comment faire pour te plaire dis-moi où sur terre

Comme tu voudras comme bon te semblera
Comme tu voudras comme bon te semblera

(Claude Dubois)

illustration de F. T. Steerwood

Quand les bateaux s’en vont

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:01

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Quand les bateaux s’en vont
Je suis toujours au quai
Mais jamais je ne pars
Et jamais je ne reste

Je ne dis plus les mots
Je ne fais plus les gestes
Qui hâtent les départs
Ou les font retarder

{Refrain:}
Je ne suis plus de l’équipage,
Mais passager
Il faut bien plus que des bagages
Pour voyager

Quand les bateaux s’en vont
Je reste le dernier
À jeter, immobile,
Une dernière amarre

À regarder dans l’eau
Qui s’agite et répare
La place qu’il prenait
Et qu’il faut oublier

{au Refrain}

Quand les bateaux s’en vont
Je refais à rebours
Les départs mal vécus
Et les mornes escales

Mais on ne refait pas
De l’ordre au fond des cales
Quand le bateau chargé
Établit son parcours

{au Refrain}

Quand les bateaux s’en vont
Je suis silencieux
Mais je vois des hauts fonds
Dans le ciment des villes

Et j’ai le pied marin
Dans ma course inutile
Sous les astres carrés
Qui me crèvent les yeux

{au Refrain}

Quand les bateaux s’en vont
Je reste sur le quai

(interprétation de Pierre Calvé, paroles de Gilles Vigneault)

*toile de William E. Winner

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