Lali

7 juin 2008

Jeu de reflets 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Le recueil de Nuno Júdice était là. Attendant qu’elle y entre. Qu’elle s’imprègne des mots. Qu’elle ne résiste pas au déluge de sentiments qui allait se faire. Et la lectrice de Claude Buck a cédé. Coup de cœur pour ces quelques lignes.

LA DÉCLINAISON DE LA PERSPECTIVE

Tu m’enseignes le chemin des profondeurs :
les marches que l’on descend jusqu’à ce qu’il n’y ait plus
d’autres marches; la limite entre l’air et l’eau,
la terre et le feu. C’est là que la lumière
s’achève : reflets harassés dans un désir
d’ombre.

Je descends l’escalier sans toi : le bras
qui se brise dans la déclinaison de la perspective,
un regard noyé dans les alphabets sous-
marins de la mémoires. Alors, je te cherche
sur le cadre du miroir. Une vitre
s’embue de ton absence.

J’oublie tout, à la fin. Seule
la lumière survit en chaque recoin,
comme si toutes les lignes avaient fui
entre les vers.

A-t-il fait autre chose?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:55

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A-t-il fait autre chose que la chercher toute sa vie, de ville en ville, de paysage en paysage, de café en café, parce qu’un jour quelqu’un lui avait dit qu’elle viendrait d’ailleurs? A-t-il fait autre chose que lire dans tous ces lieux en espérant la voir surgir au coin d’une rue ou s’asseoir à la table voisine? A-t-il fait autre chose qu’espérer que se réalise cette impression dans laquelle il a vu une promesse, dite à haute voix le jour de ses dix-huit ans par sa marraine en le regardant au plus profond des yeux, jusqu’à l’âme? Et si celle qu’attend le lecteur d’Andrei Krioutchenko avait fait le chemin jusqu’à lui tandis qu’il parcourait la route dans l’autre sens?

Dès les premiers rayons du soleil

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:29

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Dès les premiers rayons de soleil, dès le moindre semblant de chaleur, je me mets à rêver d’une plage, de sable, d’océan à perte de vue. À rêver d’entrer dans une toile de Debbie Gonville Miller. Et curieusement, si je ferme les yeux, ça marche… Vous voulez essayer?

Celles aux agendas bien remplis

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 12:21

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Il m’arrive de penser à celles aux agendas bien remplis, entre soupers entre copines, sorties au théâtre, fins de semaine ici et là, rendez-vous chez le dentiste, maison à entretenir, et tout ce qui fait que les journées passent trop vite. Ont-elles parfois le temps de s’asseoir, de humer des fleurs fraîchement coupées en tournant les pages d’un magazine, comme le fait la lectrice de Jean Miller Harding, ou doivent-elles ménager une plage dans leur agenda si elles veulent se permettre pareille pause?

Dans une vie parfaite

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 10:14

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Dans une vie parfaite, il y aurait la mer, il y aurait des livres d’art partout. Il y aurait de la musique. Il y aurait ce bol de café qu’il m’apporterait et les baisers qui viennent avec. Et peut-être aussi un poème qu’il aurait écrit tandis que je lisais. Et je serais pour lui la lectrice de Bo Bartlett, son plus beau paysage.

Un samedi qui commence en beauté

Filed under: Vos traces — Lali @ 8:03

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Il suffit d’un peu de jaune pour que tout s’illumine, le regard de Denise qui a pris les photos, comme le nôtre devant celles-ci. Et pourquoi pas, même ce samedi qui commence en beauté!

Chaque époque a ses histoires

Filed under: Couleurs et textures,Images indélébiles — Lali @ 7:14

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Je préparais le café, j’ouvrais le journal à la page des petites annonces et Josée ou Hélène venaient me rejoindre. C’était l’époque des samedis d’été à traîner dans les ventes de garage, tradition nord-américaine incontournable pour qui cherche les bonnes affaires ou l’inédit. L’époque des samedis de trouvailles dont il en reste quelques-unes, quelques livres pour la plupart, et des souvenirs. Et c’est à cela que je pense à cette heure du jour où autrefois on se préparait déjà, où je préparais les trajets, parce qu’il faut arriver tôt, avant les antiquaires, alors que je regarde la toile de Jennifer Gibney. Et c’est à cela que je pense en me disant que chaque époque a ses histoires, ses aventures et ses traces qu’on n’efface pas.