Lali

7 mai 2008

Les mots de Marie 8

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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La lectrice de Peter Grainger s’est attardée dans son livre du soir. Dans L’outre-vie de Marie Uguay, qu’elle ne quitte plus depuis des jours. Et elle s’est endormie avec les en tête les mots de la poète, le livre ouvert.

Il fut un temps d’attente dans le froid sel d’un été
Le silence était ces bancs de sable abîmés
ou décuplés par la lumière et le vent
Un jour cendres
à l’appel de l’histoire des morts
Un jour lits solaires sous l’appesantissement de midi
puissantes corolles
confidents de solitude
Un jour roses des seins et des genoux
chair silencieuse sous la caresse des embruns
Un jour plus blancs encore que l’anneau de Saturne
pour l’enlevante pureté de la mer
pour les mouettes
blancs pour la parfaite représentation du silence
blancs entre les signes des seigles de mer

Elle ne lit pas, elle chante

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:37

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Le livre est ouvert, mais elle ne lit pas. Elle chante. La lectrice de Derek Jones chantes les mots de Barbara :

Comme le vent d’Ouessant vient griffer la falaise,
Comme l’aube, en jouant, peut faire fondre les neiges,
Comme les folles fièvres, de fantasmes en malaises,
Comme les doigts du Diable distillent les arpèges,
Comme un océan, un lac, avant les ouragans,
Comme un grand requin bleu sommeille entre deux eaux,
Comme un horizon pâle pour un soleil couchant,
Comme un aigle royal survole les roseaux,
Je t’aime.

Comme un diamant blanc-bleu engendre la folie,
Comme les avalanches se jettent dans un gouffre,
Comme une terre qui s’ouvre à la foudre en furie,
Tu bâtis tes enfers et y sombres et y souffres.
Comme un oiseau perdu dans les vignes s’enivre,
Tu vas et tu te perds, et dérives et chavires.
C’est à la presque-mort que tu me reviens vivre,
Vivre au nouveau soleil de tes anciens soupirs,
Je t’aime.

Comme un grand arc-en-ciel sait fêter un orage,
Tu vas noyer tes foudres dans un lac d’oubli.
Comme un chef vainqueur saurait rendre un hommage,
Tes pardons me reviennent comme mes mélodies.
Comme un navire au port, contre vents et marées,
Tu défends mes trésors, tu caches mes secrets.
Comme un pâle cerbère, tu gardes notre enfer
Et tu m’aimes, tu m’aimes.

Comme le vent d’Ouessant vient griffer la falaise,
Comme l’aube, en jouant, peut faire fondre les neiges,
Comme les folles fièvres, de fantasmes en malaises,
Comme les doigts du Diable distillent les arpèges,
Comme le vent d’Ouessant,
Comme l’aube en jouant,
Comme les folles fièvres,
Comme les doigts du Diable,
Comme, comme,
Je t’aime, je t’aime,
Comme, comme,
Je t’aime, je t’aime,
Comme, comme,
Tu m’aimes, tu m’aimes,
Comme, comme,
Je t’aime, je t’aime,
Comme, oui comme,
Tu m’aimes, tu m’aimes,
Comme, comme,
Tu m’aimes, tu m’aimes…

Accroché à cet instant de vie

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:44

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Notre vie se joue en un instant. Ensuite, on se rappelle cet instant… (Monique LaRue)

Un regard sur une nuque, celle de la lectrice de Gerhard Richter ou celle d’une autre qui lui ressemble, et tout s’est joué. La vie, l’espoir, le désir. Et tout est à jamais modifié de ce qu’on savait, accroché à cet instant d’une vie.

Pour lire autre chose…

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 17:29

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Et parfois, on n’a pas le choix. Il faut apporter du travail avec soi et poser à nouveau les lunettes sur le bout de notre nez, comme l’a fait la lectrice d’Elizabeth Gordon Werner. Pour deux heures. Deux heures qu’on reprendra un jour. En été ou automne. Pour lire autre chose…

Elle va laisser le livre près de la fenêtre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:10

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Il y a toujours, au moment où il faut partir, cette envie d’une fenêtre, d’un livre et de n’en plus bouger. Il y a toujours, au moment de partir, une lectrice que j’envie, alors que je voudrais prendre sa place. Il y a toujours, au moment de partir, la lectrice de Josée Plourde qui lève quelques secondes les yeux vers moi.

Elle va laisser le livre près de la fenêtre. Il attendra mon retour.

Ce que mots vous inspirent 28

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

komarov

En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.
[Marcel Proust]

Proust avait-il raison? C’est ce que nous saurons dans une semaine puisque l’extrait restera là jusqu’à mercredi. Pour ce que mots vous inspirent. Et parce que les commentaires ne seront validés qu’au moment où une nouvelle citation viendra remplacer celle-ci. Comme je viens de le faire pour la citation de la semaine dernière.

La phrase ne vous inspire rien, mais la toile de Nickolay Komarov, oui? Qu’à cela ne tienne, laissez-vous guider par votre imagination. Rien d’autre.

Bon mercredi et bonne semaine!

Les tulipes du mercredi

Filed under: Vos traces — Lali @ 7:43

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Juste pour un peu de bonheur et rien d’autre. Pour un mercredi coloré. Quelques tulipes que l’objectif de Denise a retenues pour nous.

Anecdotes de libraire 14

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 6:18

logan

Que faisait une libraire et que fait-elle toujours quand elle est en voyage? Je suis sûre que vous le savez. C’est l’évidence même. Le naturel qui revient au galop. Elle visite des librairies. Pour son plaisir. Pour voir comment c’est ailleurs.

C’est ainsi que j’ai passé des heures un jour de l’été 1988 dans une librairie d’Oxford qui faisait quatre étages et où on pouvait trouver des livres dans près de trente langues différentes, dans la section fiction. C’est ainsi que pendant des années j’ai eu mes habitudes à la librairie de la Fontaine, rue de Vaugirard, laquelle est maintenant fermée et qui était spécialisée dans les livres consacrée au cinéma. C’est ainsi que j’ai trouvé dans des bacs de la librairie d’Aywaille, en province de Liège, laquelle avait une section de littérature belge assez bien approvisionnée, quelques romans soldés d’auteurs wallons. C’est ainsi qu’à Vannes, j’ai eu la surprise, il y a bien des années, de trouver quelques titres québécois bien en évidence. Et à Amsterdam de trouver des revues consacrées aux arts visuels venues du Québec dans une librairie jouxtant le Rijksmuseum.

C’est plus fort que moi. S’il y a une librairie, il faut absolument que je jette un œil. Il m’est im-pos-si-ble de passer tout droit. Mes parents ont toujours visité des pharmacies. Comme quoi.

*toile de Bruno Logan