Lali

2 mai 2008

Les mots de Marie 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Elle a plusieurs fois regardé l’horloge. Les minutes ne défilaient pas assez vite pour la lectrice de Ned Bittinger. Elle avait si hâte à son rendez-vous. Son rendez-vous avec les mots de Marie Uguay qui la nourrissent depuis des années. Des mots qui la rejoignent. Des mots qu’encore ce soir elle a laissés ici.

Je vous désire de nulle part
d’aucun mot décisif
mais d’une supplication invisible
où convergent tous les sentiments exaltés

C’était un livre spécial

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:55

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C’est un livre spécial. Un livre qu’ils laissaient là sur la table. Un livre où ils écrivaient tour à tour. Un livre où ils dessinaient tous les deux. Un livre qu’ils ouvraient plusieurs fois par jour. L’un comme l’autre. Un livre où ils se racontaient. Un livre où ils s’aimaient. Un livre en continu.

C’était un livre spécial. Et toujours, il le sera. Même si désormais seule la lectrice de Stuart G. Davis y dépose des mots d’amour qu’il ne lit plus.

Ce qui a commencé par un simple jeu

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:58

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Ce qui a commencé par un simple jeu, question d’imager un peu ce blog a pris une ampleur que je ne ne pouvais imaginer. En effet, comment aurais-je pu penser trouver autant de lectrices, de lecteurs, de personnages en train d’écrire, de toiles représentant des livres? C’est bien pour cette raison qu’au début j’y allais avec parcimonie, ayant peur de manquer de toiles un jour. Ne pensant jamais que ma chasse me ferait faire le tour du monde, des musées, des galeries, des encanteurs. Jamais ne m’avait effleuré l’esprit l’idée que quotidiennement je trouverais de quoi alimenter mes pages. Parfois avec l’aide de certains, dont Caroline, que je remercie ici.

Jamais, non, je n’aurais pu imaginer que j’aurais 5400 tableaux, sculptures et illustrations en banque. Comme cette toile de Flora Zenker représentant une lectrice à la fenêtre.

Bien sûr qu’il m’amuse de leur inventer des histoires, plutôt que de simplement les déposer. Bien sûr que j’aime chaque dimanche en accrocher une pour une semaine dans la catégorie En vos mots pour vous inspirer quelques lignes.

Bien sûr aussi qu’il y a quantité de gens qui viennent chaque jour par toutes sortes de liens me visiter, parce que le pays de Lali fait partie des liens de certains et qu’il est mentionné dans certains forums ou dans des billets ici et là. Je remercie du même coup les responsables, ils se reconnaîtront sûrement, qu’ils parlent français, anglais, espagnol, italien ou portugais.

Et je retourne à la chasse…

Je l’imagine hésitante

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:07

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Je l’imagine hésitante à se dénuder devant le peintre Dana Zivanovits. Peut-être un peu inquiète. Mais décidée. Non pas par défi ou pour se convaincre qu’elle est capable de le faire. Non, rien de cela. Mais juste parce qu’elle veut offrir à celui qu’elle aime une surprise qui aura été préparée avec amour, une chose à laquelle il ne s’attendra pas. Elle a tellement l’habitude de lui offrir des mots et des musiques.

Son modèle

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:49

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Et si un jour le peintre trouve SON modèle, ne fait-il que la peindre inlassablement, en déguisant à peine ses traits parfois, ou lui en faut-il plusieurs comme ça semble être le cas pour Maurice Quentin de La Tour? La fait-il poser avec des livres et des partitions tandis qu’elle ne cesse de l’inspirer? Devient-elle l’égale d’une muse pour un poète?

Je m’asseoirai près de la fenêtre

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 14:09

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Je m’asseoirai près de la fenêtre. Comme l’écrivaine de Frank Galuszka. Je raconterai les toiles, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. Parce que je ne sais faire que ça. Et après, je me tairai. Bien que je trouve que j’ai déjà trop dit, trop écrit. Dans le vide et inutilement. Pour meubler le manque. Oui, quand j’en aurai fini avec les toiles, j’entrerai dans le monde du silence d’où je viens.

Jamais de demi-mesures

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 10:29

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Elle écrit avec excès, elle s’emporte avec excès, elle aime avec excès. Elle parle trop, elle se tait trop, elle boit trop de café, elle rêve trop. Il n’y a jamais de demi-mesures avec l’écrivaine de Miller Blucher.

Et je suis son double. Et elle est le mien.

Un jour, nous grandirons peut-être.

Comment décider?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 10:02

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Au moment de partir, de s’éloigner du quotidien, d’aller ailleurs trouver ce qui nous pousse, dans une ville ou devant la mer qui s’étale, vient toujours cette minute du choix. Quels livre emporter là-bas? Quels livres pour compagnons? Et c’est chaque fois pour le lecteur de l’argentine Beti Alonso un choix difficile. Celui-là? Cet autre? Autant? Lesquels prendre? Lesquels éliminer? Comment décider? Et jusqu’au moment où il faut partir, où il faut fermer le sac, il hésitera. Livres nouveaux, venus d’ailleurs, ou ceux auxquels il revient toujours?

Les dessous d’une photo

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 8:00

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Rebroussez chemin. Retournez à hier matin à la même heure…

Étonnant, non?

Anecdotes de libraire 12

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 7:39

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Je ne les ai jamais comptés. Les rayons étaient pleins, ça débordait de partout, et j’étais comme un poisson dans l’eau, sachant la plupart du temps où le moindre livre était rangé.

Et puis l’ordinateur avec son inventaire en continu les comptait pour moi. Entrées et sorties. Inventaire et en processus de retour. Alors, pourquoi les aurais-je comptés? J’étais libraire, pas comptable.

Pourtant, un jour, quelqu’un m’a posé la question. Vous avez combien de livres ici? Je préférais les titres tordus, les auteurs aux noms massacrés, les descriptions de couvertures. Et les anecdotes. Mais combien?

Non, décidément je ne savais pas. La colle du jour était vraiment une colle. Et à quoi bon savoir qu’il y avait 20 000 titres en inventaire, dites-moi?

Je savais où ils étaient, c’est tout ce qui comptait.

C’est parce que je voudrais écrire dans une lettre ouverte aux lecteurs que dans une librairie qui compte pourtant X nombre de titres, il n’y a pas celui que je cherche depuis 20 ans.

-Mais si vous me disiez de quel titre il s’agit…
-Je vous dis que je le cherche depuis 20 ans…
-Mais encore… Si vous me disiez?

Il a murmuré le titre du bout des lèvres. Un titre qu’il avait bien déformé. Si bien déformé qu’il avait cherché pendant 20 ans un titre qui n’existait pas et que je lui ai tendu avec un large sourire.

*toile de Gretchen Butler

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