Lali

29 mars 2008

Extraits quotidiens 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:58

gretchen k

Elle a repris le numéro de la revue Estuaire, en a tourné les pages en hésitant. Non pas celui-là. Peut-être celui-ci. Et elle a choisi au hasard. Et l’homme, pour un deuxième soir, a écouté la lectrice de Gretchen Kelly lire quelques vers.

Un baiser

Ses lèvres unissaient l’algèbre et la rosée
cœur dans un baiser
miels d’acacias
suivis de feux pleins d’oiseaux

(Robbert Fortin)

Elle serait ainsi

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:44

greenshields

Elle serait ainsi. Allongée. Presquée figée. Livre ouvert. Façonnée par les mains de l’artiste Tom Greenshields. Seul un tendre baiser pourrait réchauffer la résine de bronze dont elle est constituée et animer la sculpture. Il le sait. Il suffit juste, maintenant, à celui qui la contemple, de pouvoir réduire sa taille à celle de la lectrice.

Une heure dans le noir pour la planète

Filed under: Revendications et autres constats — Lali @ 22:34

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Je l’ai fait. J’ai éteint toutes les lumières de 20 h à 21 h. J’ai donné Une heure à la planète (Earth Hour) comme des milliers d’autres l’ont fait. Parce que j’ai envie de croire que réunis, nous pouvons changer les choses. Parce que je veux croire que mon petit geste (additionné à celui des autres) peut aider à réduire la pollution et le réchauffement de la planète. Parce que je veux croire que cette initiative qui en est à sa deuxième année et qui a pris cette année une ampleur internationale a du bon.

C’est quoi une heure dans le noir? Une pause. Pour regarder le ciel. Pour rêver. Et donner la chance à une autre génération de regarder les étoiles.

Des madeleines pour Denise

Filed under: Le plaisir des papilles — Lali @ 16:44

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Si j’avais su… Il y aurait au moins eu du café et des madeleines pour souligner un tel jour. Mais je viens tout juste d’apprendre que l’anniversaire de Denise était hier. Pendant combien de jours peut-on faire ses vœux? Sûrement que le lendemain, ce n’est pas trop tard?

Alors, Denise, à l’heure où tu as trente ans pour la énième fois, je te souhaite tout le bonheur du monde. Ne cesse jamais de t’émerveiller, c’est, je crois, la clé de l’éternelle jeunesse qui est tienne. Ah! si je pouvais te donner des bisous autres que virtuels!

J’aime regarder les arbres

Filed under: Vos traces — Lali @ 16:05

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J’aime regarder les arbres. J’aime me promener dans les parcs où les arbres se touchent tant ils sont nombreux. Même sous la pluie alors que je sais que c’est une très mauvaise idée. Si jamais ce n’était pas une banale pluie mais un orage avec de la foudre?

Et j’aime me promener au pays des arbres de Denise, même si ce n’est que par photos interposées. Et puis, pas de traces d’orage dans l’air…

Anecdotes de libraire 1

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 14:09

apple

En regardant la toile de Linda Apple, je n’ai pu m’empêcher de penser à la vie de libraire qui a été la mienne pendant plus de vingt ans. À cette vie au quotidien à laquelle je greffais mes autres activités littéraires. Pour ne rien manquer. Quitte à dormir peu. Si bien que je dors toujours peu.

Et quelques anecdotes me sont revenues. Parce que la vie de libraire a aussi ses moments rigolos, ses questions qui désarçonnent. Du genre « Vous avez Madame Bovary? Celle de Flaubert, hein, je ne veux pas celle d’un autre. » Et moi qui ignorais qu’il y en avait plus d’une. Quelle ignare! Ou bien, cet étudiant, livre à la main, samedi 16 h 45, avec un résumé à rendre le lundi matin, « Vous savez si on a fait un livre de ce film? » Petit futé, va. Les profs connaissent les trucs, il n’y a presque plus de romans qui ont été adaptés sur les listes…

Et n’oublions pas les titres déformés. Il n’y a pas de jours où ça arrive moins de dix fois. « Vous auriez pas Les jambes de bois d’Anne Hébert? » Il semblerait que c’est la suite des Chambres de bois… « Vous avez La petite chose de Daudet?  » Celui-là, il devait savoir des choses que beaucoup ignorent. « Vous devez avoir ça Anne et Karine? C’est un grand roman russe. » Probablement que l’auteur doit se prénommer Noël, il faut savoir jouer avec les lettres parfois.

Et devant l’assurance de certains, se dire que l’éditeur s’est trompé. « Le prof nous a bien dit Les mémoires d’une jeune fille dérangée. Je vous l’assure. Un titre comme ça, ça ne s’oublie pas. »

Et puis des demandes comme « Je voudrais le nouveau livre de Don Quichotte. Vous avez ça? » Il est connu et su de tout le monde que Don Quichotte écrivait des livres et que Cervantès était son héros. Comment pouvais-je ignorer la chose?

Et les fous rires qu’il faut retenir. « Vous ne trouvez pas que George Sand est un peu efféminé? Ça devait être un travelo. »

Si vous n’avez pas souri une seule fois, je vous le dis tout de suite : ne pensez jamais à être libraire.

La voix rocailleuse de Tom Waits

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 11:00

tom waits

Je ne m’aventurerai pas à vous faire le tracé de Tom Waits. Je n’ai pas le talent de fouineur que d’autres ont ni une connaissance assez grande de la musique pour le faire. Mais je peux vous dire que l’univers de Tom Waits, que certains appellent glauque, en est un fait d’histoires. Que ces histoires, Tom Waits les interprète dans un mélange rock-jazz-blues qu’on reconnaît dès les premières notes. Et que s’il en faut davantage, sa voix rocailleuse ne peut pas nous tromper.

Et quand j’écoute Tom Waits, je ne peux que penser à cet automne de mes 20 ans, à un appartement de la rue Garnier, à Alain, le prof de Gaspé qui avait entrepris mon éducation musicale et qui a ouvert des avenues que j’ai continué d’explorer toute seule ou avec un peu d’aide.

Et pour vous donner le goût de Tom Waits, j’ai choisi The piano has been drinking, chanson tirée de son album Small change (1976) :

Lorsqu’on écrit…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:40

bochud

Elle traîne partout un carnet. Pour les images qui surgissent d’un paysage, des gens qu’elle croise, d’une conversation. Il n’est pas de jour sans qu’il en soit ainsi. L’écrivaine peinte par l’artiste canadienne Caroline Bochud ne sait pas vivre autrement que par les mots, que par les histoires qu’elle invente, que par le regard qu’elle pose sur tout, en permanence. Comme une autre que je connais très bien et qui adhère aux mots de l’écrivain Jean-François Somain :

Lorsqu’on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d’œil qu’on peut jeter sur la vie d’autrui fournissent des clous pour lesquels accrocher les histoires et les personnages qu’on invente.

Un lecteur dans l’atelier d’un peintre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:01

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Le lecteur de Sandra Fisher a apporté un livre dans l’atelier. La pose peut ainsi durer sans qu’il ne se déplace trop. Juste quelques pages tournées au fil de sa lecture. Pas de quoi déranger l’artiste en plein travail.

Pour entrer dans d’autres ateliers, je vous suggère l’excellent billet de Caroline intitulé L’atelier ou le monde intérieur du peintre. Un magnifique voyage!

Le bonheur selon Hélène Rioux

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Je ne sais plus à quel moment nous nous sommes rencontrées. Il me semble que c’était à un lancement, mais je peux me tromper. Hélène Rioux fait partie de ma vie depuis si longtemps qu’il me semble parfois qu’elle a toujours été là. Je vous ai d’ailleurs parlé un jour de ses Dialogues intimes. Et je vous parlerai sûrement de Mercredi soir au bout du monde.

Mais aujourd’hui, je raconterai plutôt une scène. Celle d’une longue entrevue que nous avions réalisée chez elle il y a tellement d’années que je n’ose pas les compter. Élise était encore une petite fille et non pas cette belle jeune femme qu’elle est aujourd’hui et la scène peinte par Ingeburg Borowski n’est pas sans me rappeler la complicité qui les unissait.

Le réalisateur nous avait installées dans un face à face confortable. Et parce qu’il sentait les choses et qu’il aimait vraiment les enfants, il avait laissé Élise s’installer sur le sofa tout à côté pour ne rien rater de l’émission de télé qui se filmait dans son intérieur.

Je me rappelle les yeux d’Hélène quand elle parlait de l’Espagne, des olives, de Jim Morrison. Mais encore plus comme ils jetaient mille feux heureux quand elle parlait d’écriture, de son parcours. Et plus encore quand son regard se posait sur le sofa où une princesse avait fini par s’endormir même si elle avait cru être en mesure de tenir bon. C’était sans compter la mise au point des éclairages, les tests de voix, les meubles qu’on déplace pour que les caméras puissent bouger.

Je me rappelle tout cela et bien d’autres moments. Nos nombreux soupers. Un roman que j’ai lu avant qu’il ne paraisse. Les petits-enfants que lui a donné Mitia, son fils. Et ses nombreux retards. Pas étonnant qu’elle ait dirigé un numéro de XYZ. La revue de la nouvelle sous le thème « Retards ». Pas étonnant non plus qu’elle m’ait demandé de préparer ce numéro avec elle, avec cette complicité et cette amitié qui sont les nôtres, même si nous nous voyons trop peu. Bien trop peu. Et si la ponctualité n’est pas un trait de sa personnalité, il est une chose sur laquelle Hélène n’est jamais en retard, et c’est le bonheur.

« Le bonheur, me direz-vous, ce bonheur de tous les jours, de tous les instants, il est là, il est latent, il faut savoir, vouloir le trouver dans les gestes les plus petits, sourires, chansons dans la rue, air de flûtemélancoliquement joué, rayon de soleil furtif, arc-en-ciel, clair de lune sur le lac bleu, gestes aussi posés tous les jours, empreints d’une richesse insoupçonnable, savoir le prendre, ne pas demander une vie d’aventure, une vie d’anarchiste, la vie, merveille sans cesse renouvelée, savoir en prendre conscience, les enfants, les saisons, les paysages flous, le brouillard, le ressac, la brise et le soleil, pourquoi toujours chercher l’inaccessible – insatisfaction chronique -, le bonheur est à la portée de la main, me direz-vous, savoir le prendre, le toucher, l’avaler, aucun prétexte même à la tristesse. » (in Un sens à ma vie)

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