Lali

7 mars 2008

La muse qui lisait

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:10

cipolla 1

cipolla 2

Elle lisait allongée tandis qu’il peignait. Et toute leur vie, ça a été ainsi. Il aimait qu’elle soit là, sur le lit ou le sofa, dans tous les endroits où ils ont vécu ou qu’ils ont visités, à lire, tandis que lui peignait. Parfois, il lui est arrivé de la peindre, quand elle était là, près de lui. Si bien que la belle liseuse est toujours allongée quand on fait le tour de l’œuvre de Fabio Cipolla.

Bien sûr que j’ai tout inventé. Bien sûr. Mais on ne sait jamais. Le peintre avait peut-être une muse qui lisait…

La lectrice buveuse de thé

Filed under: Couleurs et textures,Le plaisir des papilles — Lali @ 18:49

benton

Elle a fait du thé et a ouvert un livre. Petite pause de début de soirée pour la lectrice peinte par Harwood Benton, un artiste originaire de Hawaii. Petite pause comme j’aime en faire aussi, d’autant plus que j’adore le thé et que je possède un joli éventail de saveurs, si bien qu’il m’est parfois difficile de choisir. À la mangue ou Earl Grey? Thé vert ou au citron? Au cassis ou English Breakfast? Cannelle, plutôt? Pourquoi pas… Et de ce pas, je vais accompagner la lectrice.

Une belle initiative

Filed under: Ailleurs — Lali @ 11:57

affiche 2008

J’adore les initiatives qui font écrire et qui se perpétuent. Comme le Marathon d’écriture intercollégial, créé en 1991, et auquel j’aurais bien participé s’il avait existé dans mon temps… Surtout que cette année le Marathon devient international puisqu’il se tient de pair avec celui qui a lieu à l’École internationale de Bruxelles.

La peintre des murales

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 11:27

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Le travail de l’artiste Yetti Frenkel est absolument fascinant, parce qu’il s’agit dans la plupart des cas de projets à long terme, de grand déploiement et de temps. Parce que l’artiste a décidé de consacrer la presque totalité de son imagnation à la peinture murale qui est, quand on y pense bien et qu’on connaît un tout petit peu l’histoire de l’art, la première forme de peinture, puisqu’on en retrouve des traces, et je ne vous apprendrai rien, chez les Égyptiens et les aborigènes d’Australie, pour nommer que ceux-là.

Il faut faire le tour de son site pour voir les murs des bibliothèques qu’elle a réalisés avec minutie et passion. Personnages en train de lire côtoient une animalerie presque fantastique.

Si les livres n’étaient pas un incitatif suffisant pour fréquenter certaines bibliothèques, je crois que les lieux auxquels elle a donné une âme en les rendant vivants et attirants le sont devenus grâce à elle. Chapeau!

Quel joli monde de l’enfance!

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 11:01

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Je ne me lasse pas de partir à la découverte de peintres, de sculpteurs et d’illustrateurs. Je crois que ça s’appelle une passion. Mais une bien jolie passion quand elle mène aux lectrices et aux lecteurs de l’illustratrice Honor Charlotte Appleton.

Quel joli monde de l’enfance que celui dépeint par ses illustrations. Quelle belle interprétation de leur univers, non?

Petites histoires d’amour signées Corinna

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 10:42

s. corinna bille

Du temps où j’étais étudiante au département d’études françaises de l’Université de Montréal, il y avait chaque année un cours consacré à la littérature francophone d’ailleurs. Venue du Maghreb, de Belgique, de Martinique, de Nouvelle-Calédonie, de Suisse ou du Québec, elle était vue et examinée en alternance. L’année où je me suis inscrite, le cours portait sur les écrivains suisses, c’est-à-dire Jacques Chessex, Daniel Odier, Maurice Chappaz, Georges Haldas et S. Corinna Bille.

C’est à cette dernière que je vais consacrer mon billet du moment, puisque je me suis attardée cette semaine à relire ses Cent petites histoires d’amour, un recueil de courtes nouvelles, comme je les aime. S. Corinna Bille, éprise de nature et d’Histoire, utilise largement ces deux éléments comme toiles de fonds à ses petites histoires toutes tendres et pleines de finesse. Succinctes. Sobres, même. Des histoires où reviennent ses thèmes chéris, l’amour, la mort, le rêve.

Or, je ne vois qu’une façon de vous les faire aimer et de vous donner le goût de toutes les lire. Pour ce, voici quelques extraits :

Si j’étais un arbre et toi un arbre dans la même forêt

Mes racines creuseraient la terre et les mousses, se couleraient dans les fentes des rochers, te chercheraient, te chercheraient à travers l’obscur, la lente nuit décomposée, les odeurs, les monstres sans formes, jusqu’à ce que sentant les tiennes elles frémissent de joie, d’amour si fol que la forêt entière en serait soulevée.

L’endormie

Je fus si longtemps dormante. Femme portante et calme, presque heureuse. Je me couchais dans les feuilles mortes, je donnais au soleil, aux vagues, un corps invulnérable. Je glissais sur l’herbe des montagnes, me remplissant les narines d’orchis vanille, d’épervières orangées. J’étais l’amoureuse somnambule de la lune et des bêtes, des arbres, des monstres. Je rêvais de mongols, de pyromanes, de clowns hideux, d’avaleurs de sabres. Et toujours, innocente et bergère, j’ignorais l’angoisse, mais le cri de milan de l’amour, pendant mille ans, oui, je ne l’avais plus entendu.

Mais un jour tu es venu, tu m’as prise par la main. Et tu m’as dit pour me réveiller, car je dormais encore :
-Mon épouse, ma sœur, je t’ai reconnue.

La réalité

Elle plongeait dans le sommeil, entraînant avec elle une ronde de curieux personnages. Elle entendait leurs voix, leurs appels. Elle leur parlait se promenant dans des contrées ineffables. puis soudain elle se réveillait dans la grande maison de famille, bien loin d’eux, seule avec sa mère. Mais la réalité est encore plus belle que le rêve, pensait-elle.

Tour à tour, se rendormant, rouvrant les yeux, elle riait de bonheur, roulait la tête dans ses draps, car oui – c’est vrai! – la réalité de la vie était encore plus belle.

La semaine de relâche tire à sa fin

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 9:10

jacob lawrence

Nous voici au vendredi de la semaine de relâche de la plupart des enfants du Québec. Qu’ont-ils fait de leur semaine? Je n’en ai pas vu beaucoup dehors. Les parents auraient-ils une fois de plus installé leurs enfants devant des DVD ou les auraient-ils abruptis devant des jeux vidéo? J’ose espérer que quelques-uns ont échappé au je-m’en-foutisme de certains parents. J’ose espérer que certains sont aller glisser sur la montagne, que d’autres sont allés patiner au Vieux-Port, que certains sont allés voir le ciel au Planétarium ou les bébites à l’Insectarium, ou qu’on les a emmenés à la grande bibliothèque faire provision de livres comme dans la toile de Jacob Lawrence. Mais je n’en sais rien. Je ne peux que souhaiter que quelques-uns aient échappé aux écrans de télévision et d’ordinateur.

Lali s’insurge

Filed under: Revendications et autres constats,Signé Lali — Lali @ 8:54

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Je suis en général douce et tolérante. Adepte du vivre et laisser vivre. Mais il y a des fois où vraiment je ne me contiens plus quand je vois le sans gêne et l’inconscience des gens s’étaler. Ainsi, ce panier d’épicerie piqué à l’épicerie et qu’on a traîné sur près d’un kilomètre pour l’abandonner dans la neige devant un des immeubles.

Vous en voulez d’autres? Ceux qui ne se donnent pas la peine de mettre les matières recyclables comme les journaux, les sacs de plastique, les bouteilles de verre et de plastique, les boîtes de conserve et les circulaires qui inondent nos boîtes, dans les bacs à recyclage et qui les jettent aux ordures sans se soucier de leur geste qu’ils jugent sûrement anodin. Ceux qui jettent des meubles et des vêtements alors que des organismes s’occupent de les récupérer, de les donner à qui en a besoin et de les réparer au besoin, et même d’utiliser les fibres à d’autres usages. Ceux qui laissent d’immondes graffitis sur les murs et que d’autres prendront des heures à effacer… quand ils y parviennent. Ceux qui jettent des emballages par terre, sur la rue comme dans les escaliers, comme si ça non plus ça n’avait pas d’importance.

Vous en voulez d’autres? Ceux qui klaxonnent les piétons qui ont droit de passage parce qu’ils s’imaginent que la route appartient aux automobilistes. Ceux qui conduisent des autobus bondés de gens téléphone cellulaire à la main. Ceux qui roulent à tombeau ouvert dans les zones scolaires en prenant bien soin d’asperger de neige fondante tout piéton dans leur champ de tir. Et pour finir : le charmant voisin qui vous voit arriver chargée de paquets que vous devez déposer pour ouvrir la porte en prenant soin de vous appuyer dessus tout en vous penchant pour ramasser votre bazar et qui tourne la tête pour ne pas vous aider, ou pire, qui vous regarde sans bouger le petit doigt.

Tant que nous ne dirons rien, nous assisterons à davantage de scènes de sans gêne et d’inconscience. Ce n’est donc pas demain la veille que j’arrêterai de rendre à ceux que je vois faire ce qu’ils ont jeté en leur disant : je crois que vous avez échappé quelque chose. Et tant pis pour le regard haineux. Le plus souvent, j’ai encore droit à un regard gêné, ce qui est signe que tout n’est pas perdu…

Les notes fluides de Wim Mertens

Filed under: Signé Armando,Trois petites notes de musique — Lali @ 7:59

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J’ai toujours aimé le piano, les doigts qui glissent fluides sur les touches de l’instrument. Peut-être parce que j’ai grandi en écoutant ma mère jouer. Peut-être parce que pendant douze ans je me suis appliquée aussi à tenter de mon mieux à rendre écoutables les quelques pièces de Bach, Schumann ou Chopin que je retrouve assez facilement quand il m’arrive de m’asseoir sur le banc du piano familial. Ce piano qu’Armando a si joliment photographié un jour du mois d’août.

Mais je ne serai jamais une grande pianiste. Et ce n’est pas important tant que j’ai du plaisir à caresser les notes. Et tant qu’il y a des pianistes qui savent le faire et dont je puis écouter avec bonheur les compositions.

Je ne compte pas faire ici la liste de tous les pianistes/compositeurs qui me transportent. Après tout, j’ai toute la vie pour leur faire de la place ici, petit à petit. Et puis, ce que j’apprécie chez l’un n’est pas ce que j’apprécie chez l’autre. Je ne veux donc pas les mettre côte à côte. Je ne suis pas une critique musicale, et je ne compte vraiment pas le devenir. Je ne suis qu’une mélomane bien peu connaissante qui se laisse emporter par les notes de musique.

Et en ce vendredi où le ciel bleu du matin devient de plus en plus blanc, parce qu’il neigera encore, j’ai eu envie de piano. Une envie irrésistible de piano. Et je me suis tournée vers le compositeur flamand Wim Mertens.

La carrière de l’artiste ne se résume pas en deux lignes. Son parcours est trop impressionnant pour cela. Je choisirai simplement quelques mots clés pour illustrer les quelques avenues qu’il a empruntées : musique minimaliste, électronique, contemporaine, compositions pour le théâtre et le cinéma (par exemple, le film de Peter Greenaway, The Belly of an Architect), lyrisme, musique d’ensemble. Pour tout savoir de lui de lui, il suffit d’aller lire toutes les pages qui lui sont consacrées ici.

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Et même si je sais que Struggle for pleasure a servi à une publicité en France qui n’a pas traversé l’océan, c’est celle que je choisis de vous faire écouter. Pour ces quelques notes fluides et tendres sur un clavier. Et pour vous donner le goût de découvrir Wim Mertens.

Lui, il lira!

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:06

bennett

Il est tôt et la ville est presque silencieuse. Mais pas tout à fait. On entend là-bas le grondement des souffleuses, les moteurs des camions, le crissement des grattes. Ça s’active. Il faut vite se dépêcher de tout nettoyer, car le ciel se prépare à déverser deux nouvelles tempêtes, une dès la fin de l’après-midi et qui va durer jusqu’à demain midi, et une autre qui va débuter dans la nuit de samedi à dimanche et s’éterniser une partie de la journée.

Mais le lecteur de Paul Alan Bennett n’est pas tout préoccupé par la situation. Pas plus que moi il ne travaille ce vendredi et il a fait des provisions pour tenir le fort jusqu’à lundi. Et surtout, il a une bonne provision de livres. Qu’il neige, donc. Lui, il lira!