Lali

26 février 2008

Les mots auraient-ils plus de pouvoir que le vent?

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:34

closson

Il ventait fort. Très fort. Et j’ai entendu le souffle du vent fouetter les arbres et faire siffler les fenêtres. Il ventait. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Et j’ai décidé de ne plus rien entendre et de n’écouter que mon cœur qui bat.

Le bruit des pages d’un livre serait plus fort que tout. Et telle la lectrice de William Baxter Closson, j’ai ouvert un livre, puis deux. Et curieusement, le vent s’est tu. Ou est parti souffler ailleurs.

Les mots auraient-ils plus de pouvoir que le vent certains soirs?

Lecture du soir

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:09

saccard

Il s’asseoira et il écoutera les mots qu’elle a choisis pour lui. Elle les lira en s’appliquant, lentement. Presque lascivement. Pour qu’il se délecte de chacun de ceux-ci. Avec gourmandise.

Elle sourira. Puis, en murmurant les derniers mots pour ce soir, la lectrice de Christophe Saccard fermera le livre. Doucement. Et elle le regardera intensément.

On a besoin de ses mains pour dire les choses que la parole ne traduit pas.
[Anne Hébert]

Plus fort que moi

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 19:22

zhuk 1

Il me faut parfois aller plus près de mon objectif. Tourner autour du banc. M’y asseoir, et même engager la conversation en cas de nécessité absolue. Si, et seulement si, aucune de mes approches en douce ou de mes contorsions – particulièrement dans les autobus et dans le métro – ne me donnent satisfaction. Je ne peux pas faire autrement. Ça me démange, ça me ronge. Je dois absolument savoir le titre des livres que lisent les lecteurs et les lectrices que je croise.

Je sais, je sais, c’est une étrange habitude, probablement venue de cette vie où j’ai été libraire. Mais je ne peux pas y échapper : c’est plus fort que moi.

La lectrice du Luxembourg peinte par Igor Zhuk n’y échappera pas. Je saurai. Oui, je ne quitterai pas l’allée sans connaître le titre. C’est comme ça.

Ne pas porter de montre permet ce genre d’inquisition. Sous prétexte de donner l’heure, le lecteur ou la lectrice ne se rendra pas compte qu’il penchera son livre. Et je repartirai heureuse. Et pas parce qu’il est 10h15 ou 16h05…

Le livre qui attend le retour de la lectrice

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:15

melinda_c

Le livre attendra le retour de la lectrice. À la page où elle l’a laissé derrière elle, sur le fauteuil peint par Melinda L. Cootsona. Et peut-être que si les livres ont une âme et une vie qui leur est propre, va-t-il guetter l’heure, se lever pour aller jeter un œil dehors et même s’impatienter si elle tarde un peu à rentrer.

Si bien qu’elle aura un doute en le prenant à nouveau entre ses mains. Elle était pourtant certaine d’avoir placé le titre vers le haut et non le contraire. Mais peut-être pas, finalement.

Seul le livre et nous savons qu’il s’est peut-être promené et qu’il a dû se poser en catastrophe quand il a entendu la clé dans la serrure…

L’ange de l’amoureuse

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:52

barbier 2

Elle a un ange juste pour elle. Et il apparaît seulement quand l’amoureuse peinte par Georges Barbier écrit à son amoureux. Le reste du temps, l’ange dort. Ou il rêve. Ou probablement, oui fort probablement, prépare-t-il en douce les mots qu’il va lui souffler à l’oreille…

Les mots de Moustaki

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:26

rose_f

Il a écrit toute la nuit. Sans relâche. Sans aucune hésitation. L’inspiration était là et l’écrivain peint par Rose Frantzen l’a saisie. Tant pis pour la nuit blanche. Tant pis pour la fatigue. C’est une fatigue heureuse que celle de l’accomplissement.

Peut-être même chantera-t-il, quand il aura posé sa plume, les mots de Moustaki :

Elles passent dans notre vie
Elles s’endorment dans nos lits
Nos amantes nos égéries
Les Muses

Qu’elles soient là pour un soir
Un mois un an ou pour toujours
Elles s’offrent avec amour
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Elles hantent tous nos couplets
Nos guitares nos chevalets
Et font de nous ce qui les amuse

Par elles naissent des chansons
Des vagues à l’âme des passions
Des bonheurs et des grands frissons
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Si par disgrâce elles s’enfuient
On peut sombrer dans l’insomnie
Le désert le vice et l’ennui
Qui usent

Mais à nous voir désespérés
Prises de remords et de regrets
Elles reviennent nous inspirer
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Elles nous donnent bien des idées
Les Muses

C’est à elles que je dédie
Ces mots cette mélodie
A mes amantes mes amies
Les Muses

Parce que c’est ainsi

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:57

hella_d

Il ne peut lire ce livre que dans le noir. Et pas n’importe quelle noirceur. Pas celle du soir qui tombe, ni celle de la nuit. Il lui faut celle de la dernière heure avant le jour. Ce n’est pas faute d’avoir tenté le coup. Ni de n’avoir pas transporté son livre sous son bras, pour le lire ailleurs, à d’autres heures. Mais le lecteur d’Hella De Boo n’y arrive pas. Il n’y a qu’à cette heure et sur ce fauteuil que le livre lui parle.

Il a longtemps cherché la raison à ça, sans qu’aucune ne lui semble logique ou évidente. Et il s’est dit que ce livre avait son heure et son fauteuil. Parce que c’est ainsi.