Lali

27 janvier 2008

Je vous aime du bout du cœur

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:42

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Elle a passé des heures à chercher LA phrase, à tenter de l’écrire elle-même, sans trouver les mots justes. Elle a passé des heures à écouter des chansons, à noter des bouts de phrases. Toujours insatisfaite. Presque ce qu’elle voulait dire, mais jamais tout à fait ça. Jusqu’à ce que la lectrice de Denis Chiasson écoute Barbara. Et elle a su. Tout était là :

Je vous dirai du bout des lèvres :
« Je vous aime du bout du cœur. »

Comment pourrait-il en être autrement?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:44

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Elle a pris quelques livres avec elle. De quoi meubler la soirée et peut-être une partie de la nuit, si une fois de plus le sommeil la fuyait. Comme c’est si souvent le cas. Comme c’est de plus en plus souvent le cas. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’enfant elle dormait déjà peu, que ses grands-mères étaient levées avant le jour et que sa mère n’a jamais beaucoup dormi? Ça ne peut qu’être inscrit dans ses gènes. La lectrice de Meredith Ramsbotham ne voit aucune autre raison à son besoin limité de sommeil.

Entre le livre et la tasse de thé

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:05

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Est-ce le thé ou ce qu’elle vient de lire qui rend la lectrice de Morgan Weistling aussi songeuse? Ou le mélange des deux à la tombée de la nuit? Aurait-elle lu un de ces passages qui troublent au point qu’elle se soit identifiée à l’héroïne? Ou alors était-elle avant dans cet état?

On sait – on sent? – seulement qu’elle semble avoir oublié le livre et le thé. On sait seulement que son regard s’est fixé sur un objet qui évoque un souvenir ou sur un souvenir venu se poser là entre les nuages.

Dans le creux de sa main

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:45

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Elle a posé la tête dans le creux de sa main. À défaut de. Parce que c’est sur l’épaule de son aimé qu’elle est le mieux, là qu’elle se sent apaisée. Nulle part ailleurs. Et jamais contre le corps de quiconque avant lui.

Il fallait pour ce geste d’abandon, pour ce geste de confiance, et elle le lui a dit maintes fois, qu’elle soit aimée, vraiment. Il fallait que ce soit lui.

La lectrice de Rose-Marie Klintman a posé la tête dans le creux de sa main. Mais la paix ni le calme ne sont là.

Ces livres qu’on lit à quatre mains

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:26

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Il lui parlait de ces livres qu’ils liraient côte à côte, serrés l’un contre l’autre. De recueils de poèmes d’écrivains des quatre coins de la planète. De textes qu’elle allait aimer.

Et elle se mettait à rêver à ces jours heureux. À frissonner en y pensant. Mais aussi avec cette peur au ventre qu’ils ne viennent jamais, qu’ils restent des rêves auxquels on n’accède pas. Même si l’image était claire dans sa tête. L’image de leurs épaules fondues l’une dans l’autre. Comme dans la toile de Sam Bookatz. Dans laquelle peut-être ils n’entreront pas, pace qu’il préférera ne pas lire à quatre mains.

Elle, déjà si seule

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:07

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Elle, déjà si seule, sait que plus le temps passera, plus elle le sera. Que même ceux qui comptent finiront par se lasser. Que le vide se fera sans qu’elle n’ose un geste pour empêcher la chose. On ne retient pas les êtres. Même si on sait que leur absence sera intolérable à supporter.

La lectrice de Roderic O’Conor, déjà si seule, sait qu’un jour plus personne ne cognera à sa porte, que plus personne ne téléphonera, que plus personne n’écrira. Que le processus est déjà enclenché. Mais on ne retient pas les êtres contre leur gré. Surtout quand on a conscience du peu qu’on est, du peu qu’on sait donner, du peu qu’on apporte, et du fait que n’importe qui d’autre peut le faire beaucoup mieux que soi.

Elle, déjà si seule, ne répond plus à mes appels.

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Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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« Ce que le tableau représente ? Cela dépend de celui qui le regarde » a écrit le peintre James Abbott McNeill Whistler, dont une des lectrices est à l’honneur pour ce nouvel En vos mots.

Comme toujours, la toile est là pour une semaine. Vous pouvez donc l’examiner à loisir, la laisser se raconter à vous ou en profiter pour vous y glisser sans préambule. Elle est là pour votre imagination. Pour vos mots. Comme l’était celle du peintre Alexander Kosnishev dimanche dernier, dont je viens de valider les commentaires.

Puisse celle de Whistler vous inspirer elle aussi.

Bon dimanche et bonne semaine à tous!

26 janvier 2008

Pour qu’il ne la laisse jamais partir

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:45

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Elle s’installerait dans le fauteuil. On ne l’entendrait même pas tourner les pages. Elle ferait tout sans bruit. Pour ne pas déranger. Pour ne pas troubler l’ordre des choses. Pour n’être que la lectrice de Bela Czobel dans son décor à lui. Une lectrice qui s’animerait parfois sous ses doigts.

Elle s’installerait dans le fauteuil. Pour être toujours là. Pour qu’il ne la laisse jamais partir.

Toutes les trois

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 18:10

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Nous avions quinze ans. Des trois, j’étais celle qui lisait alors que les deux autres pensaient à leur chevelure et aux garçons. Elles pensent d’ailleurs encore à leurs cheveux et elles ont trouvé LE garçon. Et je n’ai pas cessé de lire. Ni d’écrire.

Peut-être sommes-nous toutes les trois figées à jamais dans une toile d’Anita Klein?

Les samedis d’Hortense

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:26

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Chaque samedi, et ce depuis quelques mois, Hattie entraîne Hortense dans un café et lui fait la lecture. Pas n’importe quelle lecture. Hattie a décrété qu’elle était écrivaine et qu’elle allait être reconnue internationalement. Et d’après ce qu’elle a lu sur les auteurs en vogue, il faut faire lire ses textes ou les lire à haute voix à autrui pour les tester. N’ayant pas encore une foule d’adminrateurs à ses trousses, la futur grande écrivaine d’Isaac Maimon a élu sa meilleure amie public attitré, de telle sorte que tous les samedis, elle lui lit des pages de son work in progress qui sera le roman du XXIe siècle. Elle est absolutely convaincue. D’ailleurs, elle le fera traduire. Aussi bien le faîre paraître dans la langue de John Grisham pour s’assurer un tirage à la hauteur des ventes escomptées.

Hortense l’écoute.

Hortense a bon cœur et elle n’est pas une briseuse de rêves. Mais elle sait bien que son amie n’a pas un talent à la hauteur de son ambition. Mais est-ce quelque chose qu’on dit? Et puis, Hattie, qui ne souriait plus, semble si heureuse… Aussi bien laisser l’infâme tâche aux éditeurs. Ils sont habitués, eux. Et même, ils ont des lettres toutes faites pour ça. Pas elle.

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