Lali

20 janvier 2008

La lectrice de Camoes

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 22:53

opn2

Le livre est si beau que la lectrice d’Ion Popescu Negrini ose à peine le toucher du bout des doigts. La mise en page, la qualité du papier, les textes de ce grand écrivain portugais dont on lui a tant parlé, tout lui inspire respect et délicatesse. Luis de Camoes n’est-il pas le plus grand poète portugais et sûrement un des plus importants de la littérature, au même titre que Shakespeare, comme le lui rappelait récemment un ami metteur en scène?

Et La poésie lyrique, une anthologie bilingue publiée aux éditions de l’Escampette et réunissant des sonnets, des odes, des élégies et des stances, entre autres, est un livre de toute beauté.

Et les vers, dans ce si bel objet emballé, n’en sont que plus beaux :

Dans mon âme sans trêve il est un feu vivant;
si je ne lui donnais de répit quand je parle,
cendre seraient et ma plume et ma peine;
mais l’immense douleur qui ne me quitte pas
s’adoucit sous les pleurs qui coulent de mes yeux;
ainsi s’enfuit, sans prendre vie, ma vie.

(extrait de Sextine)

Ces beaux yeux clairs qui versaient tant de larmes
quand vint le jour où je dus les quitter
qui me dira ce qu’ils font aujourd’hui?
Se pourraient-ils qu’ils se soucient de moi?

Ont-ils gardé le souvenir du temps
où je partis loin d’eux, loin de ma joie?
Ou voient-ils poindre à l’horizon de l’âme
l’ube du jour où je les reverrai?

Les heures, les instants, les comptent-ils?
Un seul instant leur semble-t-il des siècles?
Questionnent-ils les oiseaux et les vents?

Oh joie trompeuse, oh bienheureux mensonge
qui, par delà le gouffre de l’absence,
savez si bien amuser ma tristesse!

(extrait des Sonnets)

Depuis des heures, depuis des jours, depuis des semaines

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:53

hts1hts2

Les lecteurs d’Helen Taylor Sheats sont peut-être assis dans la même bibliothèque ou dans le même café.

Il la regarde, il ne fait que ça, la regarder, depuis des heures, depuis des jours, depuis des semaines alors qu’il l’a vue comme il ne l’avait jamais vue et qu’une chanson de Christoper Laird lui est venue aux lèvres :

Sur les poneys dans les jardins publics
J’entends les enfants rire sans arrêt hey hey
Quand je m’y promène par un coup de magie
Je me souviens de celle que tu étais

Je te revois, je t’imagine
Sur les toboggans ou dans la cour
En blue-jeans avec des cheveux courts
En garçon manqué
Je te revois en ce temps-là
Je ne pensais pas alors qu’un jour
Tu ressemblerais tant à l’amour
Tant pis pour moi
Je t’imagine en ce temps-là

Tu te battais dans la cour de l’école
Avec ceux qu’on appelait les grands hey hey
Pour un crayon ou un tube de colle
Qu’ils te volaient en riant

Je te revois, je t’imagine
Sur les toboggans ou dans la cour
En blue-jeans avec des cheveux courts
En garçon manqué
Je te revois en ce temps-là
Je ne pensais pas alors qu’un jour
Tu ressemblerais tant à l’amour
Tant pis pour moi
Je t’imagine en ce temps-là

Imaginez deux yeux couleur de ciel
Et des tâches de rousseur sur le nez hey hey
Comme aujourd’hui elle est devenue belle !
Elle semble sortie d’un conte de fée

Je la revois, je l’imagine
Sur les toboggans ou dans la cour
En blue-jeans avec des cheveux courts
En garçon manqué
Je te revois en ce temps-là
Je ne pensais pas alors qu’un jour
Tu ressemblerais tant à l’amour
Tant pis pour moi

Je te revois et je t’imagine
Sur les toboggans ou dans la cour
En blue-jeans avec des cheveux courts
En garçon manqué
Je te revois, en ce temps-là

Remarquera-t-elle qu’il ne lit pas vraiment… depuis des heures, depuis des jours, depuis des semaines?

La citation d’Andy Warhol

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:54

aart

Et si le lecteur d’Aart Everaarts n’était nul autre qu’Andy Warhol, l’artiste-peintre connu pour ses tableaux représentant Marilyn et des boîtes de conserve – particulièrment? Celui-là même qui avait affirmé il y a 40 ans que : « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes »? (Dans le futur, tout le monde sera célèbre pour 15 minutes) Pourquoi pas?

L’ombre derrière lui semble rappeler à l’auteur de cette citation répétée depuis de toutes les manières, pour toutes les occasions et à toutes les sauces. Elle semble aussi chuchoter à l’oreille de son auteur le fait que certains seraient prêts à tout pour ces 15 minutes de célébrité. Même à faire une grosse bêtise. Juste pour passer à la télé ou pour être le héros d’un entrefilet dans un hebdo de province.

En 1979, il a d’ailleurs réaffirmé la teneur et la validité de sa prédiction. Qu’en dirait-il aujourd’hui?

Il ne faut pas éventer la chose…

323

Je sais, je sais, on dit beaucoup de mal des célibataires. Elles ne savent pas cuisiner, elles ne mangent que des plats surgelés, leur frigo est toujours vide, etc. Je sais, je sais. Mais ceux qui affirment ces « vérités » ne savent pas que Lali sait faire la cuisine… Filet de truite aux herbes de Provence, confiture de poivrons rouges et patate douce au beurre. Et une assiette encore plus bleue que le ciel! Mais chut, il ne faut pas éventer la chose, je n’ai fait qu’une seule portion…

Confiance mutuelle

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 11:52

h_browne

Elle a libéré l’oiseau de sa cage et je crois bien que la demoiselle peinte par Henriette Browne en a oublié ses devoirs. L’oiseau aurait pu voler, chercher une fenêtre ouverte. Il n’a rien fait de cela. Il s’est juste posé près de celle qui l’a laissé libre.

Et dans dix ans, dans vingt ans, peut-être tombera-t-elle sur cette phrase de Mgr Bourgaud : « Les vrais amis sont ceux qui mêlent leur confiance réciproque, leurs pensées et leurs rêves, leurs vertus comme leurs bonheurs et leurs souffrances, libres de se séparer toujours et ne se séparant jamais. » Et peut-être pensera-t-elle à ce dimanche de confiance mutuelle.

L’émotion d’alors

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 11:02

bjt

Il m’arrive de me promener dans les rayons de mes étagères, comme semble le faire la lectrice de Brent Jeffrey Thomas, et de retrouver un livre cher, dont j’avais un peu oublié l’existence. C’est le cas d’une édition bilingue (roumain/anglais) des Poezii de Mihai Eminescu, livre que m’avait offert mon amie Catalina, de Brasov, pour mes 20 ans. Dont je tire ces quelques vers :

My darling, let my ear be blessed
against your heart, to hear the beat
of it with love, and see your eyes
shine with that unspeakably intense and sweet

light of love, illuminating
the dark way and dim glades
of my thoughts, and cool and quiet
bringing peace to the shades

of passion, and you again
will be there above me
to stop and hold my pain,
you, my first love, my last dream.

Et je me rappelle l’émotion d’alors. Et je me dis que j’aurai toujours 20 ans… Et je découvre ici d’autres poèmes de Mihai Eminescu, en français, et je me dis que j’ai bien fait de me laisser tenter par ce livre, tout spécialement.

Froid de canard

Filed under: Vos traces — Lali @ 10:26

denise_3012

Il fait un froid de canard (moins 19 pour tout vous dire) et pourtant pas de trace de canard sur les eaux gelées des lacs… Ils sont à Genève où Denise les a vus et au Luxembourg où Béatrix les a vus elle aussi… Les veinardes…

Jour de parfait bonheur

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 10:16

mccoll2

Il y a des jours de parfait bonheur. Parce que mon amie Caroline m’a envoyé de jolies toiles pour le pays de Lali. Parce que Denise et Géraldine ont fabriqué de magniques diaporamas, la première sur le givre, la seconde sur la beauté de l’hiver, et qu’elles me les ont envoyés pour que je me délecte. Parce qu’Armando m’a envoyé de la musique. Tout comme Denis. Parce que le ciel est toujours aussi bleu et qu’il y a des croissants. Parce que j’ai un fauteuil confortable comme celui de la lectrice de Bruce McColl. Oui, je l’affirme, le parfait bonheur existe.

Les petits livres carrés de mon adolescence

mckenna

Y a-t-il encore parmi les lectrices du pays de Lali, certaines qui se souviennent des minuscules romans carrés que nous lisions à l’âge de la lectrice de Kathleen McKenna, dans la collection Mademoiselle Âge Tendre? Ils étaient tout droit issus de la revue du même nom, petite sœur de Salut les copains. Oui, je sais, ça fait un bail tout ça… Trente ans?

Je les avais tous. Comme j’avais aussi une montagne de ces deux revues. Et puis, à vingt ans, grand ménage. Je n’étais plus une adolescente. Je faisais des études littéraires. Pas question que mes amis d’université connaissent mon époque fleur bleue. Et pourtant… Je pouvais passer à quatorze ans de ces romans miniatures (dont certains écrits par Didier Decoin, pas encore lauréat du Goncourt) à Émile Nelligan ou Victor Hugo. Sans problème. Sans cas de conscience, non plus.

On ne peut pas tout conserver, c’est vrai. Et probablement que je n’aurais plus jamais touché aucun de ces romans… Je regrette tout de même de ne pas en avoir gardé un. Juste un, en souvenir de moi…

Parce que tout ça

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:23

ks4

ks3

ks1ks2ks5

Coup de cœur pour les personnages de l’artiste australienne Kate Smith. Parce qu’elles sont entourées de livres. Parce qu’une lectrice lit au lit. Parce qu’une se prépare à écrire. Parce que les couleurs, l’ambiance. Parce que tout ça.

Page suivante »