Lali

18 janvier 2008

À moins que…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:42

c_campbell

Il s’est servi un verre de vin et a entamé le livre acheté sur le chemin du retour. Peut-être a-t-il ajouté à la scène quelques notes de violoncelle. Juste pour le plaisir, pour l’ambiance ou parce qu’il a décidé de bien commencer sa fin de semaine. À moins que le lecteur de Catriona Campbell n’ait tout à l’heure un rendez-vous galant?

Le post-scriptum

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:26

krohg

Le jeune pêcheur de Christian Krohg lit avec application ce que sa femme a écrit tandis que son beau-père lit par-dessus son épaule. Les nouvelles sont bonnes. Le temps est clément et elle ne manquera pas de charbon. Ana sait écrire son nom. Magdalena en a fini avec sa vilaine toux. Peter marche sans s’accrocher aux meubles. Olga a eu sa première dent.

Les hommes sont contents.

Puis le plus jeune continue de lire. Sa femme a beaucoup écrit. Il y a des cœurs et des baisers dessinés par les aînés. Et un post-sciptum : Va prendre une bière avec papa. Il va encore être grand-père. Que dirais-tu de Boris ou de Louise?

Il m’arrive de me demander…

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:40

g_howard 1

Il m’arrive de me demander, quand je me retrouve une fois de plus à écrire à partir de toiles ou de sculptures, penchée sur mes papiers comme l’écrivaine de Ghislaine Howard ou devant mon écran, si ce n’est pas là l’aboutissement de quelque chose qui de tramait depuis des lunes. Depuis l’enfance, en fait, alors que mes parents nous emmenaient ma sœur et moi, quelques dimanches par année, dans des galeries d’art. Il me semble que déjà j’inventais des histoires en m’attardant sur des détails. La petite tache rouge là-bas, c’était un coquelicot, même dans un paysage enneigé. Le monsieur avec un chapeau revenait de voyage. La petite fille dans le champ n’était pas là par hasard : elle cherchait son chat. Et ainsi de suite.

Et je crois que ça n’a jamais arrêté. Chaque toile des nombreux musées visités me racontait une histoire sans que je ne l’écrive. Chaque sculpture me révélait l’insoupçonné. Et je vivais toutes ces aventures dans ma tête sans même penser que je pourrais les écrire.

La première fois où j’ai mêlé mots et arts a été pour un projet fou ou hautement ambitieux, comme on en a à 20 ans. Autant le cours sur François Villon et le prof qui le donnait étaient passionnants, autant je n’avais pas envie de m’attaquer à l’analyse littéraire d’un texte du poète. Plus je pensais à cette éventualité et moins j’avais envie de faire ce travail.

Quel hasard, quelle chance m’ont emmenée à découvrir chez Rodin matière à faire un travail de création plutôt qu’une analyse littéraire? De ce détail, je n’ai plus aucun souvenir.

Je sais seulement que de découvrir une sculpture de l’illustre Rodin intitulée Celle qui fut la belle heaumière a été le point tournant de l’aventure. Était-elle celle qui avait inspiré à Villon Les regrets de la belle heaumière? Peut-être. Mais l’idée était trop belle. Et j’avais un professeur pour qui le mot création avait un sens. Tant pis si je ne faisais pas comme mes confrères et consœurs. Ou tant mieux?

Je sais juste que j’ai mis en parallèle – et aussi en opposition – la sculpture et le poème abordant le personnage de la belle heaumière. Deux regards sur une même femme. Deux impressions. Ou plutôt trois, puisqu’à celles-ci s’ajoutait la mienne. Impressionniste. Volontairement non didactique, non axée sur l’art, non résolument littéraire. Une expérience dont j’ai tiré un grand bonheur. Lequel me revient en tête ce soir alors que je laisse mon imagination raconter quelques toiles. Parce que, je crois, et c’est là le plus important, j’aime le faire.

Je crois bien l’avoir vue sourire

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:11

i_snowman

Je crois bien l’avoir vue sourire. Puis rougir un peu. Pas beaucoup. Juste un peu. Comme il arrive à celles qui lisent quelques mots tendres et explicites à la fois. Et j’ai souri aussi en pensant à quelques lettres que je conserve préciseusement. Je ne suis pas différente de la lectrice d’Isaac Snowman.

Un bonheur parfait qui ne ressemble à aucun autre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:01

jjs5

Bien des années plus tard, quand elle repensera à la scène, quel souvenir sera le plus précis pour la demoiselle peinte par James Jebusa Shannon? Le livre que sa mère lui lisait? La voix de celle-ci aux accents mélodiques, lisant avec tendresse des histoires qu’elle allongeait le plus possible pour faire durer le moment de complicité entre elles deux? La main de sa mère caressant ses cheveux toute la durée de la lecture? Ou peut-être juste cette impression d’un bonheur parfait qui ne ressemble à aucun autre?

Plaisir incontestable

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:44

wiest

Elle était bien décidée à sortir, à aller dans ce café qu’elle aime tant manger une pâtisserie, à jeter un œil sur les livres d’occasion du libraire voisin, peut-être à s’offrir un bouquet de fleurs. Si, si, elle était bien décidée. Mais du moment où la lectrice de Justin Wiest a retiré bottes et collants, ça a été foutu. Le plaisir de se retrouver pieds nus a été si grand qu’il n’était pas question de remettre ses bottes même pour le meilleur des cafés viennois. Et elle s’est allongée avec un livre question de faire bouger ses orteils libérés. Avec un plaisir incontestable.

L’amoureux de la lectrice

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:21

rubio

L’amoureux de la lectrice de Louis Rubio ne semble pas très convaincant aux yeux de sa belle. Ses baisers ne ressemblent en rien à ceux des livres dans lesquels elle se transpose. Ils ne font pas son cœur tressaillir d’émotion, son corps s’ouvrir comme une fleur, ni ne la transportent hors d’elle comme si elle avait des ailes. Les écrivains auraient-ils menti? Plutôt se passer de ce qu’elle imaginait que ces baisers fades, semble-t-elle penser… Pourtant, il était si gentil et si prévenant avant qu’il ne l’embrasse. Pourtant…

Le sens du lyrisme ou Susana Blaszko

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 18:46

susana_b

Je ne savais rien de Susana Blaszko, mais vraiment rien, avant de parcourir les rayons de musique du monde de la Grande Bibliothèque, sans chercher autre chose que de me laisser tenter… Je ne savais rien de cette chanteuse à la voix grave et suave, de père berlinois et de mère polonaise, née à Buenos Aires et ayant le tango dans la peau comme peu. Elle se raconte un peu sur la page de Fabrice Hatem, ce qui nous éclaire un peu sur le personnage, cette chanteuse qui se dit « citadine » et dont l’âme semble vibrer à chaque note qui sort de ses lèvres.

Vous aurez sans doute compris que j’ai aimé l’album Con Neuvos Aires de Nuenos Aires de Susana Blaszko, où elle est accompagnée avec finesse et maîtrise par le pianiste Oscar Alem. Sempre Paris, El ultimo cafe, Despedida del amor ne sont que trois chansons parmi les 18 titres qu’elle nous offre en pleine possession de sa voix et avec un sens du lyrisme développé, lesquelles m’ont tout simplement emballée.

Une belle surprise pour ce vendredi venteux que cette voix chaude qui réchauffe le cœur et le corps. À découvrir!

La distance n’empêche pas le cœur de battre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:41

rohu

Il y a peu de lumière chez la lectrice d’Owen Rohu. Peut-être parce que le ciel blanc est en train de déverser ses flocons alors qu’elle est à parcourir le journal tranquillement. Mais son esprit n’est pas tout à fait là. Il est là-bas au loin, vers celui parti au loin pour son travail et avec qui elle ne peut pas faire de bataille de boules de neige. Il est là-bas au loin, à l’autre bout du pays où la neige se fait rare, mais non l’amour.

La distance n’empêche pas le cœur de battre. La tempête, non plus.

Comment aggraver son cas

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 6:37

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Je me demande si je n’ai pas aggravé mon cas… En effet, nous avions hier un fun lunch. Une création du directeur de notre service afin que nous mangions tous ensemble une fois par mois tout en partageant une activité ludique. Nous avions donc apporté des photos de nous, question de raconter une anecdote ou deux. L’une avait des photos d’elle gymnaste, une autre de son époque Flashdance, notre directeur de ses trois mariages, etc. Je n’en ai apporté qu’une, sur laquelle je ne suis pas en train de lire, comme le fait la petite lectrice de Kim Sutherland, mais en train de poser gentiment pour un ami photographe de mes parents.

Jusque là, ça allait… La photo datait d’une époque où j’étais encore sociable, où je ne demandais pas à maman à quelle heure les invités allaient partir maintenant que j’avais eu mes cadeaux et qu’ils avaient mangé tout le gâteau (ce qui m’a valu de ne plus avoir par la suite de goûter d’anniversaire). D’une époque précédant la prématernelle. Il vous dire à propos de celle-ci que la directrice avait suggéré à maman de me garder à la maison les après-midi, que pour moi les heures du matin, c’était bien assez. C’est que j’égratignais mes compagnons de jeu l’après-midi… Quelle sauvageonne tout de même…

Oui, je crois que j’ai bel et bien aggravé mon cas.

J’ai cru voir qu’on examinait la longueur de mes ongles…