Lali

14 janvier 2008

En route pour Montréal?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:57

piancastelli

Mais où va donc livre sous le bras et bicyclette à la main le lecteur d’A. Piancastelli? Serait-il en route pour Montréal et plus particulièrement pour la galerie de cyclistes et de vélos de du bleu dans mes nuages afin de se glisser en douce parmi les photos?

Ce drôle d’air qu’elle avait

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:36

celuch

Elle l’a regardé d’un drôle d’air avant de partir. Comme si elle savait quelque chose qu’il ignorait. Comme si elle ne faisait que s’absenter pour revenir, alors qu’elle n’était venue que pour poser quelques heures durant.

Il a longuement regardé la lectrice qu’il a peinte. Une inconnue qui n’en était plus une, maintenant qu’il avait scruté son visage à un point tel qu’il aurait pu les yeux fermés dessiner ces petites lignes presque indélébiles qu’elle avait au coin des yeux.

Il a longuement regardé le tableau qu’il a peint. Le visage. Les mains sur le livre. Et le peintre de Stephen Celuch a pris le livre abandonné au sol. Il s’est assis sur la chaise où elle s’est assise. Et il est devenu le lecteur qui attend la lectrice. C’était ça, le drôle d’air qu’elle avait. Il n’allait pas résister à la tentation de lire le livre qu’elle lisait et d’attendre qu’elle revienne le chercher.

On ne sut jamais

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:18

jake_s

Il recherchait un style – quelque chose qui se posât sur le poème comme un chapeau contre la pluie ou le soleil. Il voulait vêtir le langage, la strophe, le vers, avec l’élégance insolite de l’équilibriste. Il lisait à voix haute les poèmes des autres comme si c’était les siens…

Il bâtissait des chimères; et les laissait partir en fumée sans se préoccuper d’en fixer l’image – finalement, ce dont les poèmes sont faits…

Mais on ne sut jamais ce qu’il advint du poète de Jake Scharbach. Ni de ce qu’il advint du recueil Un chant dans l’épaisseur du temps de Nuno Judice qu’il traînait toujours avec lui et dont il récitait ces extraits ad nauseam…

Et il ne dit plus rien

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:56

barthouil

Il lui arrive de la regarder sans trop comprendre. Elle qui aimait tant les livres, elle qui disait qu’elle n’aimait que les livres, qu’elle n’aimerait plus jamais un homme, elle qui l’avait affirmé haut et fort et même devant lui… Qu’avait-il bien pu se passer pour que la lectrice de Georges Barthouil bifurque du chemin qu’elle avait elle-même tracé et pour qu’elle brise sa promesse?

Quand il le lui demande, elle le regarde bêtement. Comme si vraiment il fallait tout lui expliquer, alors que les certaines choses ne s’expliquent pas. Oui, elle le regarde comme si vraiment il ne comprenait rien à rien, ce qui est peut-être le cas. Et elle dit : Parce que toi.

Et il ne dit plus rien.

Ce qu’elle avait hâte de rentrer…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:37

gs1

Ce qu’elle avait hâte de rentrer, la lectrice de Georg Schrimpf. Je me demande si elle ne comptait pas les dernières minutes avec impatience. Il est vrai que le livre commencé au réveil était une excellente raison de rentrer. C’est d’ailleurs presque toujours sa seule raison de se précipiter. Ou sinon, le souper qu’elle fera et qui mijotera ou cuira au four pendant qu’elle lit. Mais chut, personne ne sait quand elle dit qu’elle court à un rendez-vous avec Ernest, Jacques ou Didier, qu’elle parle d’un auteur et non d’un homme…

Au fond du vent

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:27

cantin

La lectrice de Donald Cantin, même si elle a retiré son foulard, est entrée dans une chanson de Sardou comme j’entre dans certaines toiles. Une chanson qui dit :

Elle attendait, le cœur serré,
Le dernier bateau du courrier.
La mer n’était pas souvent d’huile,
Entre Molène et Belle-lle.

Les cheveux noués dans un foulard,
Elle attendait, au pied du phare,
Un bruit de moteur ou de voile,
Du matin jusqu’aux étoiles.

Elle entendait, au fond du vent,
Comme un espoir du continent.
Avec les marées de l’automne,
C’est fou ce que le cœur frissonne,
C’est fou ce qu’une femme entend.

Elle attendait, le cœur serré,
Le dernier bateau du courrier.
La mer lui renvoyait ses peines
Dans la chanson des sirènes.

Elle entendait, au fond du temps,
Comme un appel de l’Océan.
C’est pas d’hier qu’avec l’automne,
Les marées lassent le cœur des hommes.
C’est fou ce qu’une femme entend.

Jamais en retard

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:41

sylvia_g

Elle s’est tellement dépêchée que la voilà prête alors qu’elle a encore du temps devant elle. Qu’à cela ne tienne. La lectrice de Sylvia Gosse ne va enlever ni son manteau, ni son chapeau et se risquer ainsi à se mettre en retard si jamais un article du journal du jour attirait son attention à un point tel qu’elle en oublierait l’heure. Elle aura chaud. Tant pis. Mais jamais, au grand jamais, elle ne sera en retard.