Lali

11 août 2007

Les lettres de la semaine

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:17

breaute 2

Comme elle aime relire certaines lettres lues trop vite. Comme elle aime ces mots qui lui semblent plus tendres quand elle les lit tranquillement, dans le silence de la nuit.

Elle se laisse bercer par eux, par tout ce qu’ils portent de magie et d’images, de souvenirs ou de rêves, d’espoir et d’amour. Et la nuit peut passer ainsi. Et toutes les nuits peuvent passer ainsi. La lectrice d’Albert Bréauté est heureuse. Heureuse d’un bonheur qui est le sien, qui ne ressemble à aucun autre. D’un bonheur parfois gagné en traversant des plages de souffrance qui l’ont fait s’isoler. Mais dont ce soir elle ne veut pas se souvenir. Mais dont le moins possible, et pas juste ce soir, elle veut se souvenir.

Et elle lit les lettres une à une, comme les petits billets laissés sur la table avec des mots d’amour et des dessins. La semaine a été belle. La prochaine sera encore plus belle. Il suffit d’y croire. Sans malgré, sans même si, sans rien de ces mots qui affadissent le bonheur.

Il fait si chaud…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:27

abril 1

Il fait si chaud qu’elle ne supporte aucun vêtement. Si chaud que la moindre caresse sur sa nuque ou son épaule la mettrait en nage.

Elle sait bien qu’elle n’aurait pas dû remplacer l’eau par du vin, mais il y a des soirs de canicule où elle n’est pas raisonnable. Où elle va de la douche au divan. Où elle tourne les pages. Où peut-être un voisin contemple sa nudité dans le silence. Mais la lectrice de Jaime O. Abril B. n’en a cure. Elle a chaud. Et seul le livre lui fait oublier à quel point l’humidité se colle à sa peau.

Le carnet vert

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:46

dubufe

Que notait la reine Hortense, peinte par Claude Marie Dubufe, dans son petit carnet vert ? Les rendez-vous secrets avec un amant dont on ne saura jamais le nom puisqu’elle n’aurait pas inscrit le véritable nom si jamais le carnet servait à ça et parce que, de toute manière, il n’y a plus de trace du carnet ?

Il me plaît de lui inventer un galant qui aurait su la troubler et la faire rougir. Un qui lui aurait lu des sonnets. Un qui lui aurait baisé la main comme on le faisait autrefois, avec les idées qu’on a toujours. Mais je ne sais rien du carnet vert. Je ne sais que ce que j’invente dans la nuit qui commence.

Les livres ressemblent parfois à la vie

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:35

nordell 1

Elle a ce regard rêveur qu’on a parfois quand on ferme certains livres qu’on aurait voulu voir ne jamais se terminer.Ce regard qui dit tout de la tristesse de voir le héros tué. Ce regard d’incompréhension devant une issue à laquelle elle n’avait pas songé, parce qu’elle pense toujours que les histoires finissent bien, mais pas celle-ci.

Pourtant, tout le long de sa lecture, la lectrice de Carl John David Nordell a espéré autre chose, bien autre chose que cette attente soldée par une lettre annonçant le décès du soldat. Jusqu’à l’avant-dernière page, elle a cru au miracle. Mais les livres ressemblent parfois à la vie.

Dans mon monde

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 21:14

chaboun 2

J’ai vraiment trop peu écrit cette semaine. Trop peu. Alors qu’il y a atant de toiles à raconter, tant d’histoires qui se précipitent au bout de ma plume. Mais j’ai passé tellement de temps à rêver, à me laisser bercer par les mots des autres que la semaine a filé. Et il me semble ce soir être en manque. En manque de ce plaisir si fort que l’écriture me procure et à nul autre comparable.

Il fait pourtant si chaud qu’on a peine à bouger. J’ai noué mes cheveux sur ma tête dans un savant désordre, c’est-à-dire avec quelques mèches qui tombent d’un faux chignon. Mais nul ne les voit que mon lion en peluche qui est habitué à mes excentricités.

Il ne dit rien. Il me voit sortir mes plumes et m’installer. Il sait que pour les prochaines heures je suis entrée dans la toile de Nancy Chaboun. Inatteignable. Dans mon monde.

La vie est douce

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 11:50

roden

Il y a toujours un peu de moi dans la toile du samedi matin. Toujours un peu de moi dans celle qui lit ou qui écrit en buvant son café. Et sûrement beaucoup de moi dans la liseuse de Susan E. Roden dans la lumière incertaine de ce samedi avant-midi alors que le soleil valse avec les nuages, ne sachant trop s’il doit leur laisser la place ou les pousser ailleurs.

Le café est bon, les croissants aussi.

Je saurai toujours me réjouir des petites choses anodines, je suis ainsi. Tant pis si ça dérange certains, tant mieux si ça convient à d’autres.

Je vois le petit morceau de soleil faisant son chemin là où d’autres voient du gris. Et comme la vie est douce ainsi.