Lali

4 août 2007

La pause

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 23:42

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Et puis, à un moment donné, elle retire ses lunettes et arrête d’écrire, cesse d’ouvrir des dictionnaires ou des encyclopédies, éteint même l’ordinateur derrière elle. Toutes ces choses que je n’arrive pas à faire. Enfin, jamais vraiment. Même s’il m’arrive de rester là, prostrée, à rêver. À imaginer des histoires, à inventer.

L’ordinateur est ouvert en permanence, si d’aventure je voulais écrire, les dictionnaires traînent partout, et il doit bien y avoir six ou sept paires de lunettes éparpillées entre la chambre et le bureau.

Je ne suis pas de celles qui savent s’arrêter et mettre leur esprit en veilleuse. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais je n’y arrive pas. Il y a toujours quelque idée qui traîne dans ma tête, quelque rime à noter, quelque mot dont il me faut chercher tous les sens.

Au fond, la lectrice de Mark Fleming est peut-être en tous points pareille à moi. Et c’est à une des rares pauses de son esprit que nous avons droit ici.

Dans cinq minutes, elle aura à nouveau les lunettes sur le nez et un livre sera ouvert devant elle.

Le petit Paul

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:09

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Il ne sait pas lire depuis longtemps, mais Paul a compris qu’il y avait dans le fait de savoir lire de quoi faire craquer les filles. Enfin, celles qui cherchent autre chose que ceux qui se battent et clament leurs exploits sportifs, ses compétiteurs auprès des filles.

Il ne sait pas lire depuis longtemps, mais le jeune garçon peint par William M. Hart a déjà sa cour de jeunes demoiselles à qui il lit des contes de fées en prenant bien soin de faire de chacune d’elles la princesse de l’histoire et en se transformant en prince. Ce qu’elles semblent apprécier à un point tel qu’elles en redemandent.

Il ne sait pas lire depuis longtemps, mais le jeune Paul a su se rendre si attirant auprès de ses admiratrices en leur faisant la lecture qu’il les attire dans le petit bois, pas loin, mais à l’abri des regards où, dit-on, il en profite pour voler quelques bisous.

Autour de moi

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 14:28

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Ma sœur fait pousser des fleurs, ma collègue Marie-Eve sillonne les pistes cyclables, ma mère invente des recettes de confitures. Certains de mes amis croquent tout ce qui les séduit et laissent des traces ici. D’autres dessinent quelques rimes sur papier bleu. La plupart lisent. Certains étalent des couleurs sur des toiles. D’autres encore scrutent le ciel. Certains nagent dans des lacs. Quelques-uns collectionne les musiques.

J’aime qu’autour de moi il y ait ces gens passionnés par la vie et par quelque chose en particulier, ou par tout ce qui vibre et gravite et fait bouger le cœur.

J’aime que dans nos différences nous nous ressemblions par nos passions et notre goût pour les choses simples.

J’aime ce café glacé que je viens de prendre en rêvant devant des toiles, alors que quelque part dans un café, la lectrice de Robin Cheers en boit peut-être un elle aussi en laissant quelques mots sur une page.

Peut-être

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 13:17

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Peut-être a-t-il raison celui qui lui dit qu’elle n’a rencontré que des aveugles, que des hommes qui sont restés à la surface des choses, qui n’ont pas su voir ce qu’elle porte en elle de tendresse. Peut-être n’a-t-il pas raison quand il dit qu’elle est craquante et qu’elle devrait croire ce qu’il dit. Mais au moins ça la fait sourire.

Peut-être ne ment-il pas cet autre qui lui dit que sur son lit de mort, aux dernières secondes de sa vie, la dernière image qu’il aura sera celle de son sourire et de ses yeux. Peut-être aussi ne sont-ce que des mots, mais ils la font éclater d’un grand rire, comme devant la meilleure des blagues.

Peut-être dit-il vrai celui qui lui dit avoir rêvé d’elle. Et tant pis si ce ne sont que des mots, elle a envie de croire en eux. Du moins, aujourd’hui. Car c’est tout son visage qui irradie et pas juste un sourire qui se dessine sur ses lèvres quand elle y pense.

Oui, peut-être ont-ils raison, peut-être disent-ils vrai, peut-être ne mentent-ils pas, ceux d’hier, ceux de demain. Oui, peut-être.

Elle aime leurs mots, elle s’en délecte, car la lectrice de Joseph Lorusso s’abreuve à même ceux-ci quand ceux des livres ne suffisent plus.

Près de son lac

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:17

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Elle est allée près de son lac. Là où elle renoue avec elle-même. Là où elle s’abandonne au doux clapotis de l’eau sur laquelle les cygnes font leurs arabesques. Là où tout est plus clair. Là où la vie a un sens.

Elle est allée écouter son cœur battre, loin du brouhaha de la ville, loin de ces sons qui l’agressent parfois, loin de tout ce qui l’éloigne d’elle-même.

Et la lectrice de Yevgeniy Vechtomov a ouvert ce livre qu’elle ne lit que là, ce livre intimement lié au décor, ce livre qui est peut-être le sien, un vieux journal intime de son adolescence dont elle remplissait les pages autrefois, allongée dans l’herbe en regardant le ciel, l’eau et d’autres cygnes.

Coquette grenouille

Filed under: Vos traces — Lali @ 7:06

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La grenouille rousse, photographiée en pays d’Ourthe-Amblève, était-elle là pour accueillir Armando à Esneux ou est-elle restée cachée? Il m’amuse de l’imaginer se faisant belle pour son arrivée, se faisant dorer au soleil pour être encore plus rousse et plus attirante pour lui plaire.

La lectrice qui ne se lasse pas

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 1:43

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Chaque mot est si doux, chaque mot porte en lui tant de promesses qu’elle ne peut se retenir de relire chacune des phrases et de rêver en les lisant. Chaque mot est une caresse sur son épaule, un baiser dans son cou, des regards qui s’échangent. Chaque mot est porteur de bonheur.

Et la lectrice de Camille Pissarro ne se lasse pas. Les mots ont un pouvoir que peu de choses ont.

Nuit moite

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:30

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Il fait si chaud qu’une mince pellicule humide s’est collée à sa peau. Au moindre mouvement de sa part, on dirait que celle-ci ne fait que s’étendre et que s’y fixent toutes les poussières dans l’air. L’impression est désagréable. Mais rien n’empêchera la lectrice d’Anne Noble-Partridge de continuer de tourner les pages. Pas même cette moiteur dans la nuit qui commence.