Lali

26 juillet 2007

Celle qui savait passer de l’un à l’autre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:50

hendrick

Elle savait passer de l’un à l’autre, qu’il s’agisse d’un livre ou d’un homme. Oui, elle savait. Très bien, même. Sans transition. Les pages se tournaient toutes seules.

Et puis, il y a eu ce livre. Il y a eu cet homme. Et la lectrice de Peter Hendrick n’a plus su. Son cœur s’est attaché à l’un et à l’autre. Il s’est peut-être débattu un peu avant que ça n’arrive, mais le résultat est le même. Aucun livre ne la bouleversera autant : elle a dû en commencer des dizaines depuis des mois sans que l’étincelle ne jaillisse. Aucun homme n’a ouvert de brèche en elle comme celui-là. Malgré les regards des uns, les gestes des autres.

Et elle regarde le livre qu’elle va ouvrir pour la énième fois. Lui seul s’ouvrira. Son corps s’est fermé.

Éclosion

Filed under: Signé Lali — Lali @ 7:47

eclosion

Il me semble avoir vu trembler les pétales. Un peu. Ou alors était-ce le vent sur le mont Yamaska qui les faisait ainsi frémir.

J’ai eu la nette impression que les hémérocales étaient samedi dernier en train d’éclore juste pour moi. Devant mes yeux. Que c’était là un cadeau.

Je crois maintenant, quand je les regarde, qu’en effet, c’était un magnifique instant que cette timide éclosion en plein soleil. Un instant magique.

Il est rentré il y a quelques jours

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:33

cpage

Il est rentré il y a quelques jours.

Pendant quelques semaines, il a tout oublié, Enfin, presque, puisqu’on n’oublie rien. On ne fait que déplacer certaines pages de notre vie pour les remplacer pendant un certains temps par d’autres. Loin de chez soi, on n’a pas besoin de certaines images. Au bout du monde, la vie est autre. Hors du quotidien, certains détails ne comptent plus, ne nous étouffent plus.

Il est rentré il y a quelques jours.

Petit à petit, ce qui s’était tu un temps a repris sa place. Cette envie insatiable de peindre. Encore plus quand il tourne les pages d’un des nombreux livres d’art qu’il a rapportés. Cette envie de la peindre, elle. Sans savoir si après une telle fuite de sa part, il existe encore quelque part pour elle. Sans savoir s’il la retrouvera, intacte, intense comme nulle autre.

Il est rentré il y a quelques jours. Changé. Prêt à changer. Prêt à vivre.

Le lecteur de Colin Page ne regarde plus le précipice, mais les montagnes à franchir. Rêveur et confiant.

Regarder des toiles comme on ouvre un livre

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 7:15

mckickle

Les toiles me soufflent des histoires. Je les raconte à ma manière.

Non, elles ne sont pas toujours gaies et souriantes. Parce que la vie n’est pas un fil continu fait de joies qui s’additionnent. Parce que j’écoute ce qui se dit autour de moi. Parce que les livres révèlent eux aussi des personnages aux prises avec eux-mêmes.

Mais je ne peux me passer de ces moments où je laisse les lecteurs et lectrices me raconter des morceaux de leur vie. Mais je ne peux me passer de ces moments où ils me permettent de livrer leur intimité et leurs secrets. Même si tout cela est fiction.

Je ne peux me passer de ce quelque chose qui m’anime. Comme ne peut se passer des livres le le lecteur de Cheryl McKickle, parce que, pour lui, ouvrir un livre c’est s’ouvrir à l’aventure.

Il voudrait bien parfois…

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:37

nachar

Il voudrait bien parfois la sortir de ses livres. Lui faire découvrir ce qu’elle ne connaît pas. L’emmener dans des lieux aux noms exotiques. Lui tenir la main en regardant le ciel. Mais l’enfant devenu jeune homme qui regarde sa mère ainsi allongée sait bien que c’est encore trop tôt. La lectrice d’Abd El Rahman El Nachar a trouvé refuge dans la vie qu’elle trouve dans les livres, parce que la mort est entrée dans la sienne.

Le gardien de nuit

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:14

besley

Toute sa vie, il a vu le soleil se lever. Toute sa vie, il a acheté son journal sur le chemin du retour. Toute sa vie, le lecteur de Jane Besley a vécu une autre vie que celle de la majorité des gens.

Mais ce ne sera bientôt plus le cas. Le gardien de nuit prend sa retraite dans quelques semaines. Au moment où il a pris sa décision, il se faisait une joie de connaître enfin l’envers du décor, de pouvoir vivre au même rythme que les autres. Or, ce matin, il n’est plus sûr que ce soit une bonne idée de se retirer si tôt. Ce matin, il voudrait n’avoir rien signé et continuer cette vie-là qui a quelque chose de rassurant. Cette vie qui le laisse hors du brouhaha dans sa petite bulle faite de journaux, de magazines, de romans de science-fiction. Cette vie dont il ne sait pas si le fait de la transposer ne va pas tout simplement la briser.

Puis, un article a attiré toute son attention et le gardien de nuit a oublié ce qui le turlupinait.

Elle hésite

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 4:07

callmander

Elle hésite. Les mots sont là, ce sont bien ceux qu’elle veut utiliser. Ceux-là et aucun autre. Il n’y a pas mille façons de dire certaines choses. Mais est-il trop tôt, trop tard, pour les dire ? Vaut-il mieux se taire ? La nuit est souvent porteuse de questions et de doutes. Même si souvent elle sait nous éclairer sur certains choix. Ou nous jeter certaines évidences au visage.

Les mots sont là, au bout de la plume, prêts à noircir la feuille. Je ne dirai pas quoi faire à l’écrivaine de Karl Reinhold Callmander. Il y a tellement de textes ici commencés, tellement de lettres non envoyées, que je sais bien que ce ne sont pas ceux qu’on jette épars sur une feuille les idées claires qui constituent le geste le plus difficile, mais plutôt de ne pas laisser le texte en jachère et dans certains cas, de les faire parvenir aux destinataires.