Lali

16 juillet 2007

Ils lisent

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:35

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Ils habitent la même ville, voire le même quartier. Ils s’assoient aux mêmes marches, aux mêmes tables des cafés des alentours. Ils se saluent ou se taisent. Ils lisent.

Ils n’habitent pas la même ville, encore moins le même quartier. Ils ne se sont jamais assis aux mêmes marches ni à aucune table des cafés autour. Ils n’ont pas eu l’occasion de se saluer. Ils lisent.

Seul l’artiste Gregory Calibey a eu l’heur de les croiser. Ou alors se sont-ils tous croisés.

Le Cold Song de Klaus Nomi

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 20:01

klaus nomi

Et parfois, on ressort un vieux 33 tours. Pour le plaisir. Pour ce qu’il évoque en nous de souvenirs. Pour une voix hors de l’ordinaire. Celle, depuis quelques jours du théâtral Klaus Nomi dans son interprétation du Cold Song de Purcell.

Toujours, j’aurai des frissons.

Toujours, aussi, cette chanson sera celle choisie comme intro pour la seule pièce que j’aie jamais écrite et mise en scène. Il y a 23 ans de cela. Nouveaux frissons.

Amitiés

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 19:50

higginson

Nul ne la conçoit de la même manière et chacun y va de sa définition pour l’exprimer. C’est qu’elle fait battre nos cœurs, l’amitié. C’est qu’elle est créatrice de souvenirs, de moments de partage, de tendresse, de fous rires ou de larmes.

Or, est-elle moins vraie ou moins sincère si elle si vit sur le net ? Caroline de Fenêtres sur la cour dresse un portrait tout en nuances de ce qu’est l’amitié pour elle, en ne négligeant pas d’ouvrir la porte sur ces amitiés qui se tissent avec des mots, en entrant dans des univers, en s’y identifiant. Et je me suis reconnue en elle. Comme ça m’arrive souvent. Car j’aime l’univers de Caroline. J’aime les portes qu’elle ouvre sur le monde et sur sa propre vie. C’est encore une amitié naissante, mais c’est une amitié tout de même. Du moins, j’ai envie de lui donner ce nom, parce que nous nous lisons, nous nous laissons des commentaires, nous échangeons de temps quelques courriels. En espérant, du moins dans mon cas, que la vie fasse si bien les choses qu’elle nous réunira un jour devant un café ou ailleurs.

Or, je me sens encore toute neuve dans cette blogosphère, alors que j’y vis en partie depuis près de 20 mois. Je suis chaque fois émue des mots que je trouve, des liens qui se créent chez moi. Entre nous. Entre vous. Et je crois que, oui, il peut y avoir un sentiment d’amitié qui naît ainsi par le partage d’idées, d’impressions.

Il est, dans mon cas, quelquefois né grâce au net. Je pense à Nancy que j’ai rencontrée parce qu’un soir nous avions toutes les deux rendez-vous avec deux frères venus de la toile, d’un site de rencontres amicales, plus précisément. C’était il y a quatre ans. Déjà. Nous n’avons pas revu les frères, mais nous sommes devenues de véritables amies l’une pour l’autre.

Je pense au Scrabble auquel je jouais beaucoup à une certaine époque, lequel a mis Jacques sur ma route, ce qui allait me mener vers ma première incursion en Belgique. J’allais me lier avec d’autres de même façon, ou presque, puisque tandis que je préparais mon voyage, je fréquentais parfois des salles de clavardage internationales. C’est là que j’ai trouvé Fabien, que je considère comme mon petit frère, qui sera là pour Noël avec sa jolie Québécoise qu’il vient d’épouser.

Je pense à une autre salle, belge, où m’a entraînée Ricardo, l’ami de Nathalie, qui était l’amie de Jacques, le joueur de Scrabble, et où sur mon chemin il y a eu Patrick, Christel, Carine et Sébastien.

Je pense à un forum qui n’est plus, mais qui m’a permis de croiser Armando et Géraldine que je rencontrerai un jour, mais pour lesquels j’éprouve déjà de l’amitié. Comme j’en éprouve aussi pour Caroline et Denise. Je pense à Jean-Marc venu aussi de la toile que Cath est venue rejoindre au pays de Lali alors qu’il est allé la rejoindre dans leur maison du bonheur.

Je n’irai pas jusqu’à nommer tous ceux qui sont entrés dans mon cœur en passant par mon modem. Ce n’est pas le but. Et si but il y a, c’est de dire que l’amitié entre dans nos vies de mille façons, dès l’enfance où, comme les lectrices de Debs Higginson, nous partageons les livres et les secrets. Que nous la rencontrons aussi à l’école, au travail, en voyageant, et j’en passe.

Et si parfois certains amis ne restent pas, d’autres ne partiront jamais. Je pense à Olivier et à Sabine. Pas besoin que je ne quitte Montréal pour la Champagne toutes les fins de semaine pour qu’ils sachent que je les aime.

L’amitié se vit dans la liberté. C’est un sentiment du cœur. Et c’est bien pour cette raison que je ne puis être présente en continu dans la vie de tous. Mais je suis là. Avec mes mots. Il y a ici mes amis qui me lisent et ceux qui me lisent qui deviennent des amis.

Il y a ailleurs mes amis qui ne me lisent pas, mais qui font partie de ma vie, et auxquels je tiens très fort.

Oui, je suis dépendante

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 18:45

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Tout va bien. Je peux, telle la lectrice de William McCance, lire à mon aise loin de l’ordi, écouter de la musique, sans me préoccuper d’un éventuel service interrompu. Je suis branchée. Je peux donc lire mes courriels ou partir à la recherche de toiles.

Oui, je suis dépendante. Accro. Appelez ça comme vous voulez. Mais je ne peux pas plus vivre dans un lieu sans livres que sans Internet. Oui, je suis soulagée. Je ne serai pas là prostrée, à regarder l’écran en me demandant quand les choses seront rétablies ou pendue au bout du fil, en attente d’une voix humaine qui me dira ce qui se passe. Et voilà peut-être longtemps que tout est à nouveau fonctionnel, mais loin de Socrate – c’est le nom de ma bête, mon ordi chéri -, je ne pouvais être en mesure de constater que tout allait.

Je respire. Oui, je suis dépendante. Accro. Appelez ça comme vous voulez. Mais surtout, là, en cette minute, je suis heureuse. Mon monde est redevenu normal.

L’abribus qui m’attend

Filed under: États d'âme,Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 14:48

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C’est le moment du café à la vanille, plaisir que nous n’avons pas le temps de nous offrir souvent, mais qui, en ce jour, est plus que bienvenu. La courte pause est si bonne qu’elle me fait lorgner l’abribus au coin de la rue. Je me précipiterais bien là. Avant que la pluie prévue ne se mette à tomber, à moins qu’elle n’attende plus tard.

Oui, je prendrais bien une marche jusqu’au feu de circulation pour retrouver l’abribus et par la suite, la maison. Sans savoir si le net est revenu là-bas, étant donné qu’une partie du réseau d’un des deux plus importants fournisseurs d’Internet au Québec est tombé en panne dès 7 h 30 ce matin et que le secteur touché est immense, couvrant en plus d’une section de Montréal de nombreuses municipalités de la rive nord comme de la rive sud. On me dit que le retour à la normale ne devrait plus tarder. Espérons-le, croisons les doigts. Je n’aimerais pas rentrer chez moi après une course vers l’abribus quand ce sera l’heure pour me retrouver loin de tout,

D’abord

Filed under: Couleurs et textures,Vraiment pas sérieux — Lali @ 10:44

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Remarquera-t-il d’abord le livre à ses côtés ou les formes de la lectrice de Cardwell Spencer Higgins, lui, l’intellectuel qui affirme qu’il n’y a rien ne plus érotique que le cerveau féminin ?

Le lecteur qui aime les paysages

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 2:23

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Il aime les paysages. Il aime les paysages dans lesquels il s’installe pour lire. Parfois des paysages de montagnes, parfois des plages, souvent juste un jardin. Mais des paysages qu’il s’approprie et qui s’harmonisent avec sa lecture, des paysages qui feront qu’un jour il dira Giono sentait la lavande, Mark Twain ressemble à une plage de Bretagne, C’était d’un vert la lecture de Cocteau.

Et peut-être qu’on dira qu’il est fou. Mais lui saura. Le lecteur d’August Macke, alors qu’il lit dans un paysage choisi, se fait des histoires et des souvenirs qu’il relatera un jour à sa manière. Ou qu’il gardera pour lui seul.

Pour écrire ou peindre, il faut d’abord regarder

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 2:09

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Peut-on écrire sans lire, sans regarder vivre les gens, sans écouter ce qu’ils ont à dire ? Peut-on imaginer sans ne rien faire de cela ? Peut-on peindre en passant outre la vie qui bat et s’agite ?

La toile d’Elizabeth Gordon Werner raconte une histoire. Une histoire de café où on se croise, où certains se connaissent, où certains lisent. Et c’est parce qu’elle a su regarder toute cette vie qui s’anime que nous sommes à même d’inventer des vies aux personnages qu’elle a saisis. D’imaginer une rencontre déterminante dans ce café. D’y entrer, même. Pourquoi pas ?

Si je ne passais pas le plus clair de mon temps à regarder autour de moi, à écouter des conversations dans l’autobus ou ailleurs, serais-je à même d’écrire ? Peut-être bien. Mais je ne parlerais que de moi, je ne saurais rien de la vie qui gravite, j’aurais les yeux fermés. L’imagination commence pour le peintre, le photographe ou l’écrivain par un regard sur le monde et ce qui se dit parfois tout bas.

La lectrice de Stendhal

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 1:33

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Il n’a pas compris quand elle l’a appelé Julien. Et pourtant, c’était un cri du cœur. Et pourtant, c’était un cri de jouissance.

Mais Henri a quitté le lit comme quitte un lit un homme qui se croit trompé. Sans laisser la chance à Sarah d’expliquer quoi que ce soit et en s’habillant plus vite qu’il ne s’était jamais déshabillé même dans l’urgence du désir.

Et la lectrice de Carol Rabeneau est retournée à Stendhal.