Lali

14 juillet 2007

Quelques-unes ou une seule ?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:56

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Ce n’est probablement pas la même et peu importe. Il m’amuse de penser que les lectrices de Sophie Bergeron ne forment qu’une seule et même lectrice à différents moments de sa vie, au hasard des teintures, des coupes de cheveux et des permanentes. Et que sa vie a un sens : elle lit.

Je peux vraiment faire ça

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:37

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-Tu peux vraiment rester des heures à chercher des toiles et des liens, à écrire, à lire, à rêver, sans que la vie dehors ne te manque ?

-Bien sûr que je peux vraiment faire ça. C’est ce que je fais d’ailleurs. La vie dehors, comme tu dis, ne me manque pas, puisque j’en fais partie, quand l’envie m’en prend. Mais le reste du temps, je suis dans ma bulle, avec mes mots. Et en plus, je suis heureuse.

Je crois qu’il m’a regardé d’un drôle d’air. Il avait devant lui un personnage de la peintre australienne Dee Jones et il n’était pas certain qu’elle ne soit pas plutôt une extraterrestre. Il faut dire aussi que j’ai ajouté tous ces petits détails qui font mon quotidien, comme les photos qui m’arrivent de mes lecteurs et lectrices et auxquelles j’accorde une place importante. Il faut dire aussi que je lui ai raconté que je mettais en contact mes lecteurs quand je sentais des affinités entre eux. Il faut dire aussi que mon enthousiasme avait quelque chose qui le dépassait. Mais bon, quand Jean-Philip aura aussi son lieu où écrire, ce qui est dans l’air, je crois qu’il comprendra.

Quand la Wallonie fait la bringue

Filed under: Mes histoires belges,Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 20:04

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C’était jour de fête hier en plein Quartier latin hier, à l’occasion du Festival Juste pour rire. J’ai retrouvé là-bas les gens de la délégation Wallonie-Bruxelles et les habitués des fêtes wallonnes autour d’un vaste choix de bières belges au Pèlerin-Magellan, ce bistro que j’affectionne depuis au moins 15 ans et dont, il va de soi pour une telle soirée, le patron est un natif de Wallonie.

Puis, nous avons défilé boulevard de Maisonneuve, puis rue Saint-Denis et rue Ontario derrière la fanfare de Cramique et le drapeau de la Wallonie en lançant des oranges, comme ça se fait dans les carnavals, entre autres à Binche. Et nous avons eu droit aux spectacles de rue tout à fait belges, c’est-à-dire absolument surréalistes, des compagnies Héliotrope et Okidok avant que Cramique ne fasse danser quelques-uns, après la dégustation de gaufres et de chocolats. Oui, décidément, il y en avait pour tous les goûts. Merci à ceux qui sont derrière et qui ont tout concocté. Ils ont su faire de cette soirée un moment de chaleureuse camaraderie qui restera gravé dans ma mémoire.

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Et bien plus tard, alors que le Festival juste pour rire battait son plein sur les diverses rues fermées pour la circonstance, les lumières ont brillé de tous leurs feux pour une foule de joyeux festoyards et de curieux. Lesquelles lumières je n’ai pu capter à mon goût. Un trépied risque de faire partie de mes prochaines acquisitions.

Vies croisées

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:47

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La sieste a été douce malgré le tonnerre au loin et Masha n’a pas trop envie de sortir du lit. Il faut avouer qu’elle n’a pas de raison valable d’en sortir. Son livre est si bon. Et elle connaît Eugenio. Il lui apportera le café où elle est, lui qui est en train d’examiner l’horaire du film qu’ils iront voir ce soir.

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Dans l’appartement d’en face, Paule a ouvert un magazine et fait semblant de ne pas voir l’aiguille des secondes tourner. Elle attend Bertrand. Or celui-ci a croisé Hubert en sortant de la librairie et ils se sont arrêtés au café. De fil en aiguille, dans leur enthousiasme, l’un a prêté à l’autre le livre qu’il vient d’acheter. Ils ne devaient lire que quelques lignes chacun et en discuter. Mais trois chapitres et deux cafés plus tard, Bertrand est toujours là et a oublié que Paule l’attend pour aller souper chez Maryse.

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Paule n’est pas plus à l’heure que d’habitude, malgré sa promesse d’être là à 19 heures exactement. Maryse s’en doutait, mais elle y a cru. Un peu, juste un peu. Puis, elle s’est servi un verre de vin, a sorti un livre. Tout est prêt depuis longtemps ou se fera quand ses invités seront là.

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Stella et Lise sont assises près de la sortie. Mais avant d’atteindre leur table, Bertrand va croiser Andrjev qu’il n’a pas vu des lunes, ce qui va bien sûr aggraver son retard, tandis qu’Hubert va s’arrêter à la table de Hugo avant que tous deux ne repèrent Gianni dans le coin bibliothèque du café. Décidément, tout y fait pour que Bertrand ne soit pas à l’heure.

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Mais rien de tout cela ne préoccupe Lydia, la sœur de Masha qui habite en face de chez Paule qui attend Bertrand qui s’est attardé plus que de raison au café pour croiser les lecteurs de Kim Roberti. Son aimée est là à l’autre bout de la pièce. Elles lisent à l’unisson.

Celle qui s’ennuie

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 17:33

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Elle s’ennuie. Le journal est ouvert, mais elle s’ennuie. Ce n’est pas parce qu’elle avait envie de s’informer qu’elle l’a étalé sur la table, mais bien parce qu’elle cherchait une façon de tromper son ennui. La lectrice de Yasuo Kuniyoshi se demande à quoi elle pourrait bien s’occuper, puisque rien n’y fait : elle s’ennuie.

Je reste toujours étonnée, quasi incrédule, quand quelqu’un me dit qu’il s’ennuie, car je n’ai aucune idée de ce que ça peut-être. Je ne m’ennuie jamais. Même pas des gens. Ils me manquent, mais je ne m’ennuie pas d’eux. Il y a nuance. L’ennui est tellement quelque chose d’apathique. Et il est si facile de s’y complaire, de telle sorte que l’ennui devient de plus en plus grave et nous enlève toutes les raisons de vouloir en sortir.

Ceux qui nous manquent, c’est bien autre chose. Ce sont ces moments qu’on voudrait partager avec eux au moment où ils surviennent, mais qu’on ne peut pas, parce qu’ils sont absents. Le manque a quelque chose d’actif, finalement.

Mais l’ennui… Non, je ne connais pas. Il y a trop de levers de soleil, trop de chansons, trop de livres, trop de gens à qui je tienne, trop à écrire pour que je trouve un jour le temps d’en faire mon modus vivendi. Je laisse ça à d’autres. Sans regrets.

Il ne pouvait pas savoir

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:49

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Il ne pouvait pas savoir et elle ne lui a rien dit. Mais est venue cette minute où elle a eu besoin de son chez-elle, de son fauteuil, de sa pile de livres et de rien d’autre. Non pas qu’il soit inintéressant, loin de là. Non pas qu’il ne soit pas bel homme. Non, rien de ça. Maisl il vit dans un monde qui n’a rien à voir avec le sien, rien à voir avec les livres. Et c’est pourquoi la lectrice de Stephen Rascoe l’a quitté devant l’escalier qui menait à la rame de métro pour faire seule le parcours qui mène à la table à café jonchée de livres.