Lali

9 juillet 2007

Celle qui écoute

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:27

kardos

Les vers qu’il déclame sont-ils les siens ou ceux d’un autre ?

L’émotion qu’il y met, le regard attendri qu’elle a pour lui, tout ça nous fait dire que ça n’a pas vraiment d’importance. Que ce qui compte est dans les mots eux-mêmes, dans tout ce qu’ils dégagent, dans le fait que le poète de Gyula Kardos, qu’il ait choisi de lire à haute voix la poésie d’un autre ou la sienne, se livre devant elle et met probablement son âme à nu. Que c’est là la seule chose qui compte.

Mais sait-elle, celle qui écoute, à quel point il se rend vulnérable en agissant ainsi ?

Comme j’aime…

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 5:34

ecole hollandaise 2

Comme j’aime ces nuits où je suis complètement déphasée, parce que je me couche trop tôt. Comme j’aime ces nuits à me promener dans ma galerie pour inventer des histoires, comme le fait peut-être celle peinte par un artiste inconnu de l’école hollandaise. Comme j’aime pouvoir voir le ciel s’enflammer, même si une heure plus tard il ne reste rien de cela, parce que les nuages ont pris le relais. Comme j’aime les photos que mes lecteurs et amis m’envoient. Comme j’aime aussi ce café que je vais me faire et ce bain dans lequel je vais me couler. Je crois que j’aime la vie.

Les lectrices à la peau dorée

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:13

castellanos 2

castellanos 3

castellanos 1

Nues, elles lisent ou abandonnent le livre pour profiter de la douceur du soleil sur leur peau dorée. Et le peintre Andrés Castellanos les peint dans un hyperréalisme où leur nudité est naturelle et n’a d’impudeur que pour celui qui veut la voir.

Un ciel de couleurs, un ciel de fête

Filed under: Mon Montréal,Signé Armando,Signé Lali,Vos traces — Lali @ 5:12

20070709

Il n’était pas cinq heures. Le ciel s’embrasait. Je suis descendue pour éviter de photographier les fils, mais d’en bas il n’y avait pas ces couleurs qu’on ne voit que du deuxième étage. Alors, tant pis pour les fils. Par la fenêtre, j’ai vu mon voisin le plâtrier partir au travail, un oiseau se poser sur les branches du pin et même un avion traverser le ciel. Mais j’ai surtout vu ce rouge, puis l’orange et le rose. Le jour est à la fête. Le ciel s’est paré de couleurs.

bruxelles_lejourseleve

Le jour s’est aussi levé sur Bruxelles d’aussi belle façon. Voici donc un second lever de soleil signé Armando.

Le cowboy

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 4:19

b_anton

Le voilà prêt à reprendre la route, lui, le lonesome cowboy qui n’aimait pas les livres. Le voilà prêt à chevaucher toutes les montagnes pour aller retrouver sa belle dont il relit les mots. Lui qui se vantait de les faire toutes craquer y a mis du temps. Il fallait d’abord qu’elle lève le nez de son livre. Pour un cowboy? C’était bien mal la connaître. Elle n’a donc pas levé les yeux, mais avouons-le, elle a remarqué l’homme sur son cheval qui tournait autour d’elle sur la place, tentant de se faire remarquer. Et peut-être même a-t-elle souri intérieurement sans que ça ne se voit sur son visage.

Mais un cowboy sur son cheval, ce sera toujours un cowboy sur son cheval. Et c’est sans le regarder qu’elle a quitté son banc pour se diriger vers la bibliothèque. Et pour ne pas la perdre du regard, il l’a suivie. Elle l’attendait au comptoir des prêts. Ne sachant trop comment l’aborder, il tournait en rond dans ce lieu de silence et de mots. Elle a sorti un livre, un deuxième, un troisième, lui a dit à quel point ces livres étaient magnifiques, qu’il les aimerait puisque ça parlait du Far West d’un autre temps. Et il a rempli sa fiche et est reparti avec les livres sous le bras.

C’était il y a des mois de cela. La bibliothèque était à l’autre bout de l’État. Mais toutes les deux semaines, il retournait voir la jolie bibliothécaire. À qui il pensait le soir, les chevaux rentrés, en lisant les livres qu’elle choisissait pour lui, lui qui n’avait jamais vraiment lu. Chaque fois, lorsqu’il rapportait les bouquins, il s’attardait, lui donnait ses commentaires et une douce complicité naissait. Le cowboy de Bill Anton, pour la première fois de sa vie, n’avait plus envie de conquêtes faciles.

Et ce matin, alors que la nuit commence à peine à se lever, il relit le doux billet qu’elle a glissé dans un des livres et qu’il a trouvé la veille. Il avait d’abord pensé que c’était là quelque missive oublié par un précédent lecteur et n’y avait pas porté attention. Puis, par curiosité, il avait déplié la feuille : Maintenant que je vous ai fait aimer les livres, si vous me faisiez aimer les chevaux ?

Un univers de mots

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 3:08

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Il a l’air bien seul, devant son bol de soupe, le pauvre bougre peint par Harry Herman Roseland dans cet univers où ça lit, où ça écrit, où le livre reste ouvert le temps d’écouter un oiseau chanter. Mais il ne faudrait pas se laisser berner. Sur le coin de la table, un livre. Un livre qu’un ami passera emprunter tout à l’heure et dont il fera l’éloge. Car dans cet univers de partage, il y a autant de place pour ceux écrits que ceux qui se disent tout haut.

Sieste impromptue

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 2:19

dumesnil

À force d’attendre, et malgré le livre qu’il tient à la main tel un signe d’une activité cérébrale, le lecteur de Pierre Louis Le Jeune Du Mesnil s’est laissé envahir par la rêverie, laquelle a fini par le plonger dans le sommeil. Il n’est pas le seul à qui ça arrive. Moi, la première. Moi, celle qui dort par plages, et parfois le livre au bout du bras, parce que, comme lui, je me suis laissée aller à rêver.

Or, je sors toujours de ces sommeils impromptus un peu troublée, comme fautive. Pourtant, ces pauses me sont presque toujours créatives. Et qui pourraient-elles déranger? Mon lion en peluche ne me fait aucun reproche.