Lali

28 juin 2007

À tour de rôle

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:16

kevin kutz 2

Elle avait bien eu une idée. Mais ils se sont rendu compte l’un comme l’autre que cette idée ne leur allait ni à l’un ni à l’autre. Pourtant, il y a bien des couples qui se font la lecture à haute voix à tour de rôle. Mais ils n’y arrivent pas. Non pas qu’elle n’y mette pas toute l’expression attendue. Non pas qu’il lise trop vite. Rien à redire sur la manière de lire de l’un ou de l’autre. Le problème est ailleurs. Il est dans le plaisir qu’ils ont tous les deux de toucher le papier, de tourner les pages, de voir les mots apparaître, plaisir qui n’appartient qu’à celui qui lit et qui est cruellement absent pour celui qui écoute.

Ils ont donc du se plier à faire lecture à part, comme d’autres font chambre à part. Et ce soir, le lecteur de Kevin Kutz a droit au livre et elle au sommeil, alors que demain ce sera le contraire. Ils n’ont pas eu le choix. Les deux premiers chapitres partagés leur ont donné le goût de continuer, mais le besoin de toucher l’objet l’obligation de lire à tour de rôle.

L’endroit idéal

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 22:40

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Elle a essayé tous les fauteuils, toutes les chaises, et surtout tous les éclairages. Il lui a fallu beaucoup de temps pour trouver l’endroit idéal, celui qui est sien ce soir, comme c’est le cas presque tous les soirs. Chaque fois, un petit détail clochait, un petit détail que d’autres qu’elle n’aurait peut-être pas remarqué ou auquel il n’aurait pas prêté la même importance.

Il faut dire que la lectrice de William van Hasselt aime avoir des habitudes bien à elle et à en déroger le moins possible. Il va ainsi de sa brosse à cheveux, qu’elle pose là, en plein centre, et surtout pas à quelques centimètres à droite ou à gauche. Il en va ainsi des vêtements qu’elle range par couleurs. Des livres qui sont classés par pays d’origine des auteurs. Des cuillères dans un pot et non dans le tiroir à ustensiles. Elle aime qu’il en soit ainsi et pas autrement. Pour ne pas avoir à chercher et ainsi perdre du temps qu’elle aurait pu consacrer aux livres. Et maintenant que le fauteuil et la petite lampe ont été élus coin lecture, voilà une autre chose à laquelle elle n’aura plus besoin de penser.

Mon côté bohême m’empêche de faire comme elle. J’aime chercher dans mon bazar et faire des trouvailles. Rêver parce que je remets la main sur une photo laissée dans un livre, sur une paire de gants dans la poche d’un manteau que je porte peu, sur un bracelet tombé au fond d’un tiroir.

Peut-être que sa seule manière de rêver est de lire, alors qu’il y en a pour moi des milliers d’autres?

Les lys après la pluie

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 18:50

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C’était ce matin, juste comme j’arrivais au bureau. Les gouttes perlaient encore sur les tiges et les feuilles, tant la pluie avait été abondante, alors que le soleil était bien haut dans le ciel. L’eau glissait sur la peau tendre des lys et on avait l’impression qu’ils se dandinaient comme nous le faisons lorsqu’une goutte s’insinue entre le col et le cou et glisse dans notre dos. L’appareil n’était pas loin. Quelques clic et je suis repartie sur la pointe des pieds pour les laisser danser à l’aise, sans témoin.

Bonheur calme

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:41

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Il fait partie du paysage. Peut-être même y en a-t-il pour l’envier quelque peu. Des journées à lire, au soleil ou sous la pluie, sans penser aux brûlures qui pourraient être occasionnées, sans avoir besoin d’un parapluie, il y a en effet de quoi vouloir être à sa place. D’autant plus qu’il peut tout entendre et qu’il n’a pas à parler. Décidément, le lecteur d’Erich Reuter, bien qu’en bronze et dans l’impossibilité de voyager, vit un bonheur calme.

À l’écart du petit bois

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:29

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Elle les a entraînées à l’écart du petit bois où elles vont en promenade. C’est la quatrième journée qu’elle fait cela. Le premier jour, elles étaient un peu hésitante, l’une d’elles affirmant que là-bas elles allaient salir leurs jolies chaussures, une autre qu’elles allaient se perdre. Mais sitôt que la lectrice de Wilhem Amberg leur a fait découvrir ce petit salon au cœur de la forêt, aménagé par la nature elle-même, elles l’ont toute adopté d’emblée. Sans savoir ce que leur guide avait en tête.

Celle-ci a tiré de sa poche un livre. Objet joli, mais qui n’a rien de spectaculaire. Pas de quoi faire tout ce chemin, ont-elles pensé sans rien dire. Puis la lecture a commencé. Une lecture faite avec passion, avec un amour évident pour les mots, avec un sens inné du drame et des virgules. Une lecture à laquelle elles s’accrochent aujourd’hui, une lecture qui fait pleurer l’une d’elles et qui conserve les autres attentives, concentrées, comme si le sort du monde en dépendait.

Tant que la lectrice tournera les pages, les fera entrer dans l’histoire, les journées dans le salon littéraire improvisé goûteront le bonheur des mots et de l’amitié qui partage.

Certains jours

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:08

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Certains jours, les lecteurs de Flip Gaasendam aiment aller lire leur journal au café avant d’aller travailler. C’est un peu leur façon de prendre doublement le pouls de la société. Les commentaires des uns et des autres sur l’actualité s’ajoutent à la perception qu’ils ont à en lire les grandes lignes.

Et puis, et probablement pour cette raison, tout aussi valable sinon plus, ils vont lire au café parce qu’on y fait un meilleur capuccino que chez soi.