Lali

25 juin 2007

Il y a 47 ans

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 5:44

leighton 4

Il y a 47 ans, il l’emmenait à l’église. Aujourd’hui, c’est chez l’ophtalmologiste qu’il va l’emmener pour qu’on l’opère pour une cataracte, une seconde opération en quatre semaines. Dans les deux cas, il aura le même geste. Il lui tiendra la main sur le trottoir, dans la rue, partout. Et peut-être que cet amour resplendissant fera sourire quelqu’un, comme j’ai pu le constater il y a quelque temps.

Cet homme qui a demandé très officiellement la main de celle qu’il aimait à son père il y a bien longtemps et qui s’est vu répondre quelque chose comme Je te donne sa main, et tout le reste qui va avec, mais tu ne me la ramènes pas, a tenu parole. Il a pris la main, l’a tenue fermement toutes ces années.

Celle qui a dit oui ce jour de juin 1960, celle qui a été et est toujours sa complice, son amoureuse, a les mêmes yeux bleus qu’à 20 ans, la même admiration pour celui qui n’a jamais lâché sa main.

Et 47 ans plus tard, ils sont là côte à côte, à regarder des cartes et à faire des projets de voyages, tels les amoureux de Frederick Leighton. Et 47 ans plus tard, ils vont au concert régulièrement, en se tenant par la main. Et 47 ans plus tard, parce que ses yeux à lui ne sont plus et ne seront plus ce qu’ils étaient, elle lit à voix haute pour deux des romans historiques ou policiers. Et 47 ans plus tard, ils cuisinent ensemble. Ils se sourient, ils s’aiment.

Et je les aime. Et ils m’aiment. Je suis née de cet amour où les mains ne se quittent pas.

L’heure où les oiseaux ont chanté

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:12

dacey

Ce n’est pas encore le jour, mais déjà le ciel est moins noir et commence à s’éclaircir et se rosir. C’est l’heure où tout est possible, c’est l’heure des rêves et parfois de la démesure qui va avec. C’est l’heure que la lectrice d’Alastair Dacey choisit entre toutes et depuis longtemps. Cette heure où les oiseaux ont chanté alors qu’elle les écoutait au lit et qui se sont tus dès les premiers traits bleutés. Comme s’il leur fallait partager leurs secrets avant qu’ils ne fasse clair.

Ce n’est pas encore le jour, mais il ne tardera plus.

Elle tourne les pages alors que l’odeur du café s’empare peu à peu de la pièce. Et quand la lumière aura envahi la pièce d’ici une heure environ, elle éteindra la lampe et continuera de tourner les pages. Puis s’arrêtera le temps de rêver à tous ces projets qui la grisent et la motivent.