Lali

21 juin 2007

Quelques feuilles sur la table

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:54

hoelstra

Les quelques feuillets sont restés sur la table. Il sait bien qu’il ne devrait pas les lire, qu’il la trahit en agissant ainsi. Mais c’est plus fort que lui. Les pages sont là comme une invitation. Plus encore : une incitation à les lire. Le lecteur de Tamme Hoelstra ne peut donc que répondre à cet appel des mots qui dansent sur le papier, des mots qui parlent d’elle, d’un côté d’elle qu’il ne connaît pas. Du moins, est-ce ainsi qu’il perçoit ce qu’il parcourt. Il s’agit d’elle, mais pas vraiment. L’héroîne a ses traits, mais elle est beaucoup plus téméraire qu’elle ne l’a jamais été. Et il va d’une page à l’autre. Inquiet de si peu la connaître.

Les quelques feuillets sont restés là, sur la table. Mais le lecteur indiscret n’a pas compris. Ce qu’elle a laissé traîner à son intention n’est pas un flot de feuilles qui parlent d’elle, mais le début d’un roman.

La lectrice et l’oiseau

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:06

graetz

Elle a quitté le livre un instant. Pas longtemps. Juste le temps d’écouter quelque oiseau lui conter ses aventures. Du moins, aime-t-elle imaginer que c’est à elle qui ne comprend rien à son langage mais qui en aime le doux murmure, qu’il a choisi de livrer ses impressions.

Et cela l’amuse de penser ainsi. De croire que le geai bleu sur le bord de sa fenêtre est là pour elle. De croire qu’il lui dit qu’il est temps qu’elle quitte son nid et prenne son envol. Ce matin, la lectrice de René Graetz a peut-être des ailes. Ou plutôt : ce matin, la lectrice se rend compte qu’elle en possède peut-être et qu’il est grand temps de les utiliser.

Mélange de vrai et de faux

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:09

lrmignon

La plupart du temps, elle invente de A à Z. Mais pas toujours, car de temps en temps, elle s’amuse à se glisser dans la peau des personnages, transforme le je en elle et se transpose. Mais pas aussi souvent que ses lecteurs pourraient le croire.

D’autres fois, elle laisse entrer les gens de sa vie quotidienne dans son monde d’histoires inventées. Elle les raconte, transforme les lieux. Leur prête des gestes qui appartiennent à d’autres. Leur fait vivre des situations qui n’ont rien à voir avec celles qu’ils vivent habituellement.

Et c’est ce mélange de vrai et d’imaginaire qui plaît tant à Lali, et sûrement à la lectrice de Lucien René Mignon qui, ce soir, comme presque tous les soirs, ont toutes deux troqué leurs bouquins contre des pages blanches à noircir.