Lali

7 juin 2007

Le sourire du lecteur sur le banc

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:32

sovek

Il ressemble à celui que je croise un matin sur deux. Chaque fois, nous nous saluons timidement. Nous ne nous connaissons pas, mais nous savons de nous des habitudes : lui de lire dehors sur le moi, moi de marcher à l’heure de sa lecture. Parfois, j’aurais envie de m’asseoir à ses côtés et de lui demander s’il a lu quelque chose d’intéressant. D’autres fois, je sens qu’il voudrait peut-être aussi me dire quelque chose. Mais nous nous taisons. Le rituel entre celui qui ressemble au lecteur de Charles Sovek et la lectrice marcheuse que je suis est celui de nous saluer. Nul ne sait encore si un jour nous franchirons les barrières de notre pudeur pour une petite conversation. L’important est dans ce sourire que nous échangeons.

Rien ne la rassasie autant que les mots

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 3:47

van der neer 1

van der neer 2

Elle a bien essayé autre chose. Le piano. La peinture. Et même l’amour. Mais rien ne la rassasie autant que les mots. Rien ne fait vibrer la lectrice d’Eglon Hendrick van der Neer autant que lire et écrire. Et si jamais autre chose la trouble par moments, ce n’est jamais avec cette intensité ou dans la continuité que les mots lui procurent.

La lettre glissée sous la porte

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 3:04

jacovacci

La lettre avait été glissée sous la porte en son absence. Elle l’a trouvée en rentrant du théâtre il y a peu et elle en est à sa troisième lecture. Celui qui lui a écrit la connaît bien. Trop bien, même ? Elle ne peut répondre à cette question. Il manque un détail important qui lui permettrait de dire si l’expéditeur la connaît trop bien.

Celui qui a écrit quelques lignes au contenu troublant à la lectrice de Francesco Jacovacci a choisi l’anonymat.

Le poète de la nuit

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 2:46

smyth

À qui sait attendre, le temps ouvre ses portes.[ Proverbe chinois ]

Lui, le poète, qui chaque nuit, noircit page à page, dans un élan, avec patience, sait que son heure viendra, qu’un jour ses mots toucheront autrui. Lui, le poète de Brian Smyth, qui réinvente le monde à chaque phrase avec des mots usés et qui tente de les faire vivre à sa manière, sait que le temps joue en sa faveur. Lui, le poète qui, dans sa ferveur, n’a de cesse d’écrire et d’écrire encore, sent obscurément les portes qui s’ouvrent.