Lali

5 juin 2007

Des moments qu’on ne peut modifier

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:26

blaine

Elle aime que tout soit étalé devant elle, la cafetière, la tasse, les fruits, comme les livres. Ainsi, la lectrice de Nell Blaine n’a plus à bouger et elle peut lire jusqu’à ce qu’il faille partir. C’est chaque matin le même rituel, la même envie que tout soit là afin qu’elle puisse rester là une heure, parfois davantage s’il lui a été possible de se sortir du lit assez tôt pour ça. Elle n’y échappe pas, ne veut pas non plus en changer. Il y a comme ça des moments qu’on ne peut modifier. Qu’on ne veut à aucun prix remplacer par autre chose.

Univers feutré

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Il y a des livres, des lettres, des magazines, des tableaux et des lectrices rêveuses dans l’univers feutré de l’artiste Delphin Enjolras. Des éclairages qui illuminent les visages radieux de celles qui lisent. Des instants de bonheur qu’elle a saisis. Des minutes qui ne se décrivent pas, mais qui se vivent.

L’accompagnateur de mots

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:21

plimpton

Il lui a souvent demandé si ça ne la dérangeait pas qu’il répète tôt le matin, il avait isolé la pièce, mais il n’était pas certain que quelques notes ne viennent perturber son sommeil.

S’il savait qu’elle entend à la perfection chaque coup d’archet et qu’elle a calqué son horaire au sien pour profiter des notes qui sortent la nuit de sa torpeur. S’il savait qu’elle écrit en l’écoutant et que cette musique qui franchit le mur est même la seule qu’elle écoute désormais. Mais elle ne dira rien.

L’écrivaine de William E. Plimpton ne voudrait pour rien au monde que cesse cette musique qui accompagne ses moments d’écriture, que ses tentatives à lui cessent d’être ses balbutiements à elle, que chacune des mesures soit autre chose que ses paragraphes à elle.

Si jamais tout cela cessait, elle ne pourrait peut-être plus écrire, tant son horaire d’écriture est devenu celui des pratiques du violoniste. D’ailleurs, les jours de tournée où il est hors de la ville, elle n’y arrive pas. Aucune autre musique ne peut remplacer celle de celui qui entre en elle chaque matin pour la faire sienne, comme elle entre dans les mots pour se les approprier.