Lali

1 mars 2007

À cause d’Armando

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 21:24

caroltatum

C’est grâce à Armando que j’ai découvert la harpiste californienne Carol Tatum et son album The Angels of Venice. Même si j’écoute toujours avec autant de plaisir et de ravissement « Wildflowers », la pièce par laquelle tout a commencé, j’ai un faible pour « Non Allegra » qui a la pureté du cristal. Et aussi pour ce que Carol Tatum a fait de « Nothing else matters » de Metallica: tout simplement séduisant.

Et si ce soir, tandis que je rêve comme tous les soirs, je me laisse bercer par la harpe de l’artiste de Glendale, c’est bien entendu en pensant à Armando que je le fais, lui qui m’a fait découvrir tant de musiques et qui m’a donné son amitié sans rien demander en retour. Auquel je pense beaucoup et à qui je vais écrire demain une longue, longue lettre. En écoutant Carol Tatum ou un autre artiste qu’il m’a fait découvrir en partage.

Et si un jour la page blanche ?

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 21:14

stephane_bulan

Et moi qui leur prête des vies, qui leur invente des histoires, qui sème au gré de mes trouvailles sur des pages et des pages, avide de les faire s’animer, de les raconter, de parfois me glisser en elles, de les partager, viendra-t-il un jour où elles se tairont, où je me retrouverai devant la page blanche, à ne plus être en mesure de les faire s’exprimer à travers moi ? Viendra-t-il un jour où je me lasserai de les voir prendre toute la place ou sont-elles devenues aussi importantes qu’une passion amoureuse qu’on nourrit jour après jour ?

À l’heure où la lectrice/écrivaine de Stéphane Bulan se trouve confrontée à cette page qui s’ouvre – la page de garde d’un livre ou celle qu’elle a à noircir de ses mots-, je me demande si ce jour viendra où je serai muette, dans l’incapacité de les raconter et de livrer leurs secrets.

Je n’imagine pas ce jour et pourtant il est possible qu’il arrive… Et s’il arrive un jour, ce n’est pas mon intérêt qui se sera perdu mais celui de mes lecteurs. Comme dans toute passion amoureuse, où quand un des deux quitte la scène, celui ou celle qui y croyait ne peut tenir bien longtemps sans objet de désir.

Non, je n’imagine pas ce jour. Car ce plaisir de partager mes lectrices n’est aussi vital que boire ou manger.

Une porte ouverte

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:57

markspain

Elle relit cette supposée dernière lettre de lui, incapable de se faire à l’idée que c’est effectivement la dernière, que plus aucune ne suivra, que l’échange est définitivement rompu. Pourtant, elle devra bien un jour ou l’autre accepter ce qui est, même si elle lui écrira une dernière fois, elle. Non pas pour le retenir dans cette histoire qui les a absorbés pendant près de deux mois. Non pas pour que ça redevienne comme avant. Ça ne pourrait plus, après une telle lettre. Mais parce qu’elle ressent en elle ce besoin d’aller jusqu’au bout et de faire le bilan de cette liaison passionnée, épistolaire comme réelle, qui a laissé à sa peau et à son âme des traces indélébiles. Parce qu’il lui faut l’écrire, qu’elle ne sait faire que ça, écrire. Et désirer.

La lectrice de Mark Spain qui a su se dire grâce à lui ne pourra se taire que quand elle se sera exprimée une dernière fois. En laissant la porte ouverte à la vie qui se charge parfois d’éclairer les zones d’ombre.

Celle qui lit devant le feu

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 14:46

achilleformis

Elle se sèche tranquillement devant le feu. La vie est douce pour la lectrice d’Achille Formis en cet après-midi de congé. Il y a l’hiver dehors, mais elle est au chaud et elle se laisse vivre.

Rien ne saurait la déranger. Ces instants sont à elle.

Quand je serai vieille

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 8:53

strij

Et quand j’aurai l’âge de la lectrice d’Abraham van Strij, les livres existeront-ils toujours ? Ou auront-ils tout à fait disparu ? Il y a si longtemps qu’on nous dit que l’objet-livre entrera en désuétude à brève échéance que j’ai du mal à le croire, moi, l’ex-libraire qui allais être sans emploi il y a 15 ans parce qu’il n’y aurait plus de livres… Laissez-moi donc douter de l’éventuelle disparition des livres. Laissez-moi rêver que dans 40 ans je lirai encore et des livres récemment parus, de plus.

Arrêt rue Peel

Filed under: Mon Montréal — Lali @ 8:26

peel

(photo d’Alexandre Aubry)

Il y a des matins où le soleil donne des envies d’aller marcher dans cette ville qui est la mienne et dont je ne profite pas suffisamment, parce que je m’encabane dans mon home, sweet home où je rêve, écris, lis, bois du café et mange du chocolat. Il y a des matins où je partirais à l’aventure dans cette ville que j’aime. Comme ce matin où j’en ai bien envie, mais où je ne le ferai pas, parce que ce n’est pas un jour pour ça.

Mai rien ne m’empêche de rêver à la rue Peel, au centre-ville qui se déploie autour d’elle. Mais rien ne m’empêche de penser qu’elle s’anime en cette heure matinale où les gens s’engouffrent dans les tours desquelles ils sortiront pour manger, rue Peel ou autour. Car tout se joue autour de cette rue en plein cœur de Montréal. Enfin, presque. Il y en a d’autres: Mont-Royal, Saint-Laurent, Sainte-Catherine, Sherbrooke, etc.

Mais la rue Peel demeure une de ces rues qui a son cachet avec ses maisons de pierre et ses restaurants. À mon avis, c’est au nord de la rue Sherbrooke qu’elle est la plus intéressante. Pour avoir un véritable avis, il faut la descendre et la monter, il n’y a pas d’autre façon de la voir et de la vivre. Du nord au sud, du sud au nord. Et juste regarder, s’imprégner. Jour de soleil si possible.

La lectrice dans ses souvenirs

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:34

pol ledent 2

Il suffit d’un baiser pour apprendre l’amour.[ Max-Pol Fouchet ]

Et en ressortant ses journaux intimes d’il y a 25 ans, la lectrice de Pol Ledent tente de retrouver le souvenir de ce premier baiser, de celui qui lui a appris le désir comme l’amour, de celui qui marque et qu’on n’oublie jamais, comme on n’oublie jamais aucune première fois de sa vie.

Les mots qu’elle retrouve écrits dans les pages d’autrefois ont la saveur de ce baiser. Ils ont la douceur des lèvres qui ont touché les siennes un autre 1er mars, il y a un quart de siècle. Ils ont aussi la fougue des langues qui s’entremêlent et la tendresse d’une tête qu’on tient entre ses mains.

Les années n’ont rien changé au souvenir qu’elle relit. Ni d’autres baisers, bien moins bons ou meilleurs. Il est intact. Et celui qui lui a appris l’amour par ce premier baiser ne sera jamais bien loin. Leurs vies ne cesseront de s’entrecroiser. Il lui a aussi appris que l’amitié après l’amour est possible et c’est là, en plus de ce premier baiser, un cadeau inestimable.

L’addition de plaisirs

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:26

verron

Le plaisir des mots. Il n’y a rien de tel que celui-ci. Enfin, presque. Car la lectrice de Denis Bernard Verron ne dirait pas non à une caresse sur son épaule ou sa hanche. Non pas pour qu’on la détourne de son livre, mais bien pour que ces deux plaisirs s’additionnent. Pour la douceur du geste ajoutée au bonheur de la lecture. Simplement.