Lali

28 décembre 2006

Tout ce qui n’est pas passion serait-il ennui ?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:57

jenniferterrier

Tout ce qui n’est pas passion est sur un fond d’ennui. [Henry de Montherlant]

Est-ce ce que se dit la lectrice de Jennifer Terrier qui semble se passionner pour tout et surtout pour les livres ?

À regarder cet univers pétillant qui lui sert de décor – peut-être issu des livres -, on a envie de la connaître, de savoir ce qui l’anime. La mine toute sage, les yeux baissés ne nous trompent pas. Il y a de la passion de l’air. Une passion pour la vie. Mais tout cela, je sais, est impressions. D’autres verront autre chose et c’est là le plaisir de celui ou celle qui cherche au delà des couleurs et des textures.

Moi, il me plaît de penser que cette lectrice n’est que passion, feu qui consume. Et qu’elle a mille choses à me faire partager.

La lectrice qui cherche à comprendre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:10

mfa

La lectrice de Mohd. Faris Alzahrani trouve-t-elle la réponse à certains comportements dans ce livre aux milliers de pages qu’elle avale une à une sans relâche depuis des heures ? Est-il lieu de penser qu’il s’agit d’un livre de psychologie ou s’est-elle attaquée à Belle du seigneur ?

Je l’imagine plutôt en train de décortiquer, article après article, l’âme humaine. De tenter d’expliquer un geste, une allusion, un comportement. De voir clair en elle comme dans les autres. Et même d’avoir parfois les yeux exorbités en constatant que certains traits psychotiques correspondent à des gens qui ont été près d’elle et à qui elle s’est livrée.

Les larmes coulent, mais on ne les voit pas. Elle se sent fragile, vulnérable, plus que jamais. Et pourtant, chaque page lui ouvre des portes, lui donne des clés pour détourner d’elle les pervers narcissiques, les atteints de paranoia ou autres manipulateurs. Mais elle voit tout le gâchis sur elle, déjà.

Peut-être n’était-elle pas prête à lire tout ça. Peut-être voulait-elle croire encore un peu qu’il y avait un semblant d’humanité dans certaines personnes, qu’elle était plus qu’un jeu auquel on s’adonne parfois.

J’ai croisé nombre de ces lectrices qui cherchaient dans les livres une façon de sortir de l’emprise de l’autre. Qui cherchaient à comprendre pourquoi elles étaient si dépendantes. Que sont-elles devenues ? Cherchent-elles encore dans les livres comment vivre ? Parfois, oui, il m’arrive de me demander où en est celle-là ou une autre que je conseillais dans une autre vie.

Morceau de soleil sur le carré Phillips

Filed under: Mon Montréal,Signé Lali — Lali @ 19:49

carrephillips

Des milliers de gens passent ici chaque jour. Combien sont-ils à s’être attardés devant la statue afin de savoir que c’est celle du roi George III ? Et qui sait que si le carré Phillips, longtemps appelé le square Phillips avant la francisation de Montréal au début des années 1980, porte le nom de la famille qui a légué cet îlot à la ville avec la promesse de laisser le parc intact ? Qui se rappelle encore que le grand magasin La Baie, qui fait face au carré Phillips, a porté le nom de Morgan jusqu’en 1972 ?

Et pourtant, là est bien la petite histoire de ce parc de la rue Sainte-Catherine où certains s’asseoient l’été pour y déballer leur sandwich tandis que les nombreux pigeons voudraient bien gober les quelques miettes qui tombent.

Et comme la lumière de fin d’après-midi qui s’accrochait aux bâtiments donnait à cet endroit du centre-ville le plus fréquenté à toute heure du jour et de la nuit cette espèce de quiétude, comme si la ville veillait sur ceux qui l’animent.

La tourneuse de pages

Filed under: Sur grand écran ou sur scène — Lali @ 17:08

tourneusedepages

Il était certain que Mélanie Provost, la jeune pianiste interprétée par Déborah François qui avait subi un cuisant échec lors de son concours d’entrée au conservatoire dix ans plus tôt allait bien sûr se venger quand elle a eu l’occasion de se retrouver devant celle qui était la source même de sa déconvenue, Ariane Fouchécourt, une concertiste incarnée par Catherine Frot. Oui, tout cela était bien évident. Et encore davantage quand Mélanie, entrée de façon bien innocente dans la vie de la pianiste, deviendra sa tourneuse de pages.

Mais comment ? Ça ne pouvait qu’être insidieusement. Une montée lente. Des regards qui en disent long. Quelques gestes qui paraissent banals. Puis, la chute. En dire plus serait tout dire.

Une belle direction d’acteurs. Un jeu accompli. Et de jolis morceaux de Jérôme Lemonnier, qui se glissent habilement entre Schubert, Bach et Chostakovitch. Voilà une belle réussite que La tourneuse de pages.