Lali

4 décembre 2006

Le silence pour tout argument

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:59

amydixon

J’ai toujours eu du mal avec les disputes, avec ceux qui prenaient toute la place, avec le ton qui monte. Parce que peut-être que m’en mêler n’a fait qu’emmêler davantage les autres et moi-même en ne réglant rien. Et puis, je ne sais pas me défendre, je ne fais pas partie des gens qui ont des arguments et qui savent analyser. Maman me le disait encore récemment. Un reproche, une remarque, un éclat de voix et je devenais muette. Démunie. Et je finissais par déserter la pièce, à retrouver les seuls qui ne me blessaient jamais: mes livres.

Adolescente, à l’heure des guerres pour un rien, je laissais les autres se tirer les cheveux — façon de parler, bien entendu — et j’allais trouver refuge dans le silence de la bibliothèque. Plus tard encore, les jours où mes bonnes idées ne plaisaient pas à mon patron et récoltaient des semonces, j’encaissais sans rien dire pour ne pas envenimer les choses. Et je classais les livres, sans rien dire, le sourire disparu, tentant de me faire la plus transparente possible.

Bien plus tard, alors que j’ai partagé la vie de quelqu’un qui s’en prenait à tous, à la société en général et en particulier, qu’il hurlait même, je me taisais et tirais une couverture sur moi en prenant un livre au hasard. Pas les premières fois. Mais j’ai compris bien vite que tout ce que je pourrais dire ne servirait à rien.

Et la dernière fois où je me suis emportée, où je me suis vidé le cœur, il y a un an et demi de cela, ça ne m’a rien valu, je n’avais pas les mots, moi qui d’habitude sais les trouver quand je suis devant l’écran. Alors, quand il y a tempête quelque part, je la laisse se faire sans moi. Non pas parce que je n’ai rien à dire, mais parce que le silence m’a toujours servi. Et que le calme revient toujours se poser quelque part. Comme sur ce salon vide d’Amy Dixon.

Un peu de Bach comme plaisir du jour

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 11:27

bachv

Bach est sûrement le classique des classiques et celui qui a formé – parfois indirectement – et inspiré le plus grand nombre de compositeurs depuis presque trois siècles. Et si la plupart du temps, j’aime écouter certains grands artistes dont la réputation n’est plus à faire interpréter fugues, préludes ou autres pièces, j’aime aussi oser sortir des sentiers battus.

Ces « Bach Variations », très nouvel âge, ne cassent rien: elles sont agréables. Et c’est déjà beaucoup. En fait, seuls les puristes sont capables de bouder leur plaisir. Seuls les élitistes peuvent passer à côté de jolies merveilles comme celle-ci. Sans prétention. Résultat d’une réunion d’artistes autour de Bach pour le simple bonheur du partage.

Ce CD maintes fois écouté pour m’inspirer ou juste rêver ne changera pas le cours de l’histoire des interprètes de Jean-Sébastien Bach. Peut-être, par contre, le Turtle Island String Quartet et le Modern Mandolin Quartet vous donneront-il envie de faire la révérence sur une gavotte toute en dentelle ? Ou Nightnoise aura-t-il si bien exploité une bourrée que Bach sera devenu le temps de cette pièce un peu celte ?

J’aime ce mélange d’univers où chacun a mis un peu de lui et beaucoup de Bach. Ce mélange qui donne au blanc de la neige un éclat encore plus lumineux.