Lali

21 novembre 2006

Des centaines de poèmes

Filed under: États d'âme — Lali @ 0:56

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Ils sont là, autour de moi. Des centaines de poèmes, écrits au fil des ans, des amours et des désamours.
Je ne sais pas pourquoi je les ai sortis ce soir. Je sais juste qu’ils sont là, épars, formant dans ma tête un casse-tête auquel il manque des pièces. Pourtant pas. Je ne sais plus.
Tout est là, à moins qu’il n’y ait des égarés dans des cahiers dont j’ai perdu trace.

Tant de mots d’amour, tant de passion.
Devrais-je refermer les cahiers ou les livrer comme je le faisais autrefois dans des soirées de poésie que j’animais ou durant lesquelles je les partageais ?

C’est à tout cela que je pense en cette minute.
Alors que mes propres mots me font basculer dans mon histoire à moi.

Fallait-il laisser les cahiers fermés ?

20 novembre 2006

Un jardin pour les rêves

Filed under: États d'âme — Lali @ 20:36

barrecloture

Ce jardin, c’est chez moi. Entre et sort qui veut. Nul besoin de visa, pas de texte de loi ici. Il faut juste entrer avec le cœur ouvert. Avec les yeux qui savent encore s’émerveiller de la vie qui palpite, du sourire d’un enfant, de la jonquille qui sait percer la neige alors que c’est encore l’hiver, de tous ces petits riens qui font que la vie est la vie.

Ce que je considère comme des grands moments peuvent sembler banals aux yeux de certains. Mais pour moi, les instants incomparables ne sont que des coups de cœur, des moments de partage, des regards qui en disent long, une chanson retrouvée, un paysage qui surgit, quelques pages d’un livre. Et il me plaît de les raconter. Parce que peut-être chacun peut trouver un peu de soi dans ces histoires s’il ouvre son cœur aux autres, s’il voit dans ceux qu’il croise le meilleur et non le pire, s’il sait tendre la main.

Oui, je suis une utopiste à la manière de beaucoup. Quelques-uns se sont rassemblés sous un arbre et ensemble nous rêverons à un monde meilleur où il y aura tout le bonheur du monde pour chacun d’entre nous. Ils se reconnaîtront. Je suis sûre heureuse de savoir qu’ils sont là. Et probablement que j’écris pour eux, pour d’autres, pour ceux qui me laissent parfois des commentaires et ceux qui n’osent pas le faire.

J’écris. Depuis toujours. Sans chercher le pourquoi du comment. C’est comme ça. Ce serait aussi fou que de chercher la raison pour laquelle on respire. Dans les deux cas, c’est sûrement pour être en vie. Enfin, il me semble.

Et ce soir, après le silence involontaire et les retrouvailles rapides d’hier, j’ai fait le tour de mon jardin. Je ne savais pas qu’il y avait tant de billets ici. Et j’étais heureuse de ces moments partagés.

Mais le grand bonheur du jour, c’est d’avoir entendu sur Skype la voix d’Armando. Toute chaleureuse et vive. D’avoir trouvé dans le timbre de sa voix et dans son accent son appétit démesuré pour la vie, qui ressemble au mien. Merci pour ce grand bonheur, l’ami, tu ne peux pas imaginer à quel point ces quelques minutes m’ont rendue heureuse. Vivement Bruxelles en juin.

Oui, ce soir, je suis si heureuse de cette vie qui est mienne. Imparfaite, parce que je me sens trop loin de ceux que j’aime bien souvent. Merveilleuse parce que je peux aller souper avec Denis mercredi. Merveilleuse parce qu’elle est ici et ailleurs. Parce qu’elle m’apporte tellement de bonheur, cette vie, même si parfois je peux être triste ou nostalgique.

J’aime mon jardin. J’aime ceux qui s’y sentent bien.
Et je n’ai pas fini de l’agrandir, d’installer des bancs pour tous et quelques toiles dans le ciel pour mieux rêver. Et si je ne sais faire que ça, rêver et donner un peu de rêve, pourquoi pas?

19 novembre 2006

La lectrice à la jolie nuque

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 21:22

georgehenry

Quatre jours sans écrire, ça n’était jamais arrivé. Mais quelque part un disque dur a décidé de se dégrader, ce qui a empêché l’accès à mes pages quelque temps. Mais super Patrick est passé par là et a presque su tout rétablir. Heureusement.

Voilà pour les trois premiers jours de mon absence involontaire. Et pour le quatrième, un banal problème de connexion dans un hôtel de Gatineau où j’étais pour un colloque.

Et maintenant, comment retrouver le fil?

Se taire ici alors qu’ailleurs, de révisions de présentations de dernière minute à la participation aux ateliers, je n’ai fait que parler et être sociable… Étrange situation. Me manquait le refuge de mes pages. Me manquait le calme de ma solitude. Me manquaient mes mots au quotidien.

Et là, alors que je retrouve mon univers, mon bureau où le soleil se lève, mon lit et ses cinq oreillers, mes pieds nus sur le sol, les courriels de ceux que j’aime et mes pages, l’impression de revivre est si forte que j’en perds les mots.

Alors, je me dis que moi qui n’ai pas eu l’occasion de tourner les pages d’un livre quatre jours durant, je vais ce soir m’autoriser quelques pages et devenir, à l’instar de cette lectrice à la jolie nuque du peintre George Henry, une liseuse et rien d’autre. Au moins une heure. Le temps de revenir en mon monde, loin des chambres d’hôtel et des réunions. Et qu’ainsi, je pourrai redevenir ce que je suis : une liseuse qui aime écrire.

14 novembre 2006

Celle qui rêve de sable

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:39

cobisanders

La lectrice de Cobi Sanders, cette artiste qui aime tant la Grèce qu’elle ne cesse de la peindre, a tout de la rêveuse que je suis ce matin alors que le soleil se fait encore absent. Installée avec son livre, elle rêve à des départs, à des pays où la lumière serait éclatante, où elle n’aurait pas à traîner un parapluie.

Ne voyez-vous pas dans son regard lointain du sable à l’infini ? Ne voyez-vous son épaule qui se soulève pour attraper la chaleur d’un rayon ? Ne voyez-vous pas son corps aspiré vers l’océan ?

Ou est-ce moi, entre elle et le ciel blanc de nuages, qui imagine tout ça ? Je crois même entendre la vague au loin. Oui, je sais, je sais, j’ai toujours eu beaucoup d’imagination.

Au nom de l’amour et d’une chanson

Filed under: États d'âme,Trois petites notes de musique — Lali @ 0:54

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Je vous aimés, hommes qui ont traversé ma vie. Je vous ai aimés avec fougue ou avec tendresse. Je vous ai aimés à la folie ou sans y croire. Je vous ai aimés, sans vous le dire le plus souvent, imaginant que dans mon regard vous alliez comprendre. Je me suis attardée ou j’ai fui.

Je vous ai aimés sans penser, sans calculer. J’ai laissé vos mots couler sur ma peau en d’infinies caresses. Je vous ai donné ma bouche à goûter. J’ai pris vos rêves et vos souvenirs dans ma besace. J’ai effacé des doigts une larme.

Oui, je vous ai aimés dans la démesure ou en hésitant. Sans réfléchir. Un soir. Quelques semaines. Des années. Ou encore.

Je vous ai aimés à distance. Je vous ai aimés sans savoir que je vous aimais. Je vous ai aimés.

Tandis que Reggiani chantait les mots que je n’ai pas su dire:

Combien de temps…
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures combien?
Quand j’y pense mon cœur bat si fort…
Mon pays c’est la vie.
Combien de temps…
Combien

Je l’aime tant, le temps qui reste…
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J’ai pas fini, j’ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l’aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu’il n’y a pas longtemps…
Et que mon pays c’est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c’est comme ton pain…
Gardes-en pour demain…

J’ai encore du pain,
J’ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore…
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d’Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J’ai pas fini, j’ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu’à la fin de ma voix…
Je l’aime tant le temps qui reste…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages…
J’ai tant de gens à voir, tant d’images…
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C’est drôle, les cons, ça repose,
C’est comme le feuillage au milieu des roses…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m’en fous mon amour…
Quand l’orchestre s’arrêtera, je danserai encore…
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul…
Quand le temps s’arrêtera…
Je t’aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment…
Mais je t’aimerai encore…
D’accord?

(Le temps qui reste, paroles de Jean-Loup Dabadie)

13 novembre 2006

La lectrice et son bonheur de recluse

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:47

rcombes

La lectrice est retournée à elle-même. Pas de concert ce soir. Pas de souper au restaurant. Pas de film sur grand écran. Pas de bras, non plus. C’était bon de s’étourdir, se dit-elle peut-être.

Mais aussi tellement bon de se retrouver loin de tout, dans ce morceau d’univers qui est le sien et qui la comble. Non pas qu’elle veuille être à tout jamais recluse. Mais un temps, quelques jours. Le temps de reprendre pied, d’entendre à nouveau le plancher qui craque, de rester des heures dans sa baignoire, de retrouver ses CD, de rêver.

Et installée devant une des bibliothèques, je deviens la lectrice de Richard Combes. Je deviens celle qui rentre au bercail. Et qui n’a pas envie de sortir.

12 novembre 2006

Les lits d’une lectrice

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:22

hts

Et la lectrice a quitté son lit le temps d’une nuit. Elle qui n’avait pour compagnons que ses livres a laissé le désir, la tendresse et le partage la gagner. Et sur la pointe des pieds, alors que le soleil était levé depuis longtemps, elle a laissé toute la place à l’homme et à son sommeil.

Juste un baiser et la lectrice de Helen Taylor Sheats est allée retrouver son lit à elle et ses habitudes. Les lectrices ne sont pas envahissantes.

Elle a peut-être laissé un peu de son parfum sur les draps. Et elle sourit en pensant que même absente, de retour dans son monde de livres et de mots, elle est peut-être un peu ailleurs, présente et troublante. Ou peut-être pas. Enfin, jusqu’à la prochaine fois.

Sus aux spammeurs

Filed under: Revendications et autres constats — Lali @ 19:24

barrecrayon

Ça me met en rogne, il n’y a pas d’autre mot. Et je me demande bien quelle satisfaction peuvent trouver ceux qui exercent leur bêtise à spammer des blogs. Je sais bien qu’il y a un bénéfice monétaire à la clé et que c’est sûrement la raison pour laquelle ils laissent leurs liens payants pour eux partout où ils le peuvent. J’ai bien sûr la possibilité de les intercepter puisque je valide les commentaires, mais ça me met en rogne.

J’arrive chez moi, dans mes pages. Un avis m’annonce que j’ai cinq commentaires à valider, je suis toute heureuse. Je me demande lequel de mes billets a provoqué une réaction. Je me demande qui a signé un petit mot. Et pan dans les dents ! Que des pubs pour des médocs, des sites de jeux, etc. Et ma joie tombe. Et ça me donne envie de mordre.

Mais heureusement, je supprime, je passe à autre chose. Mais bon, il fallait que je le dise. Je HAIS les spammeurs pollueurs de blogs. C’est dit.

11 novembre 2006

Le bonheur au bout du fil

Filed under: États d'âme,Mes histoires belges — Lali @ 8:51

coffeecup

C’est l’heure du premier café de la journée, alors que je ne sais pas comment va s’organiser cette journée sous un ciel tristounet. Alors qu’hier le soleil était magnifique et le ciel d’un bleu incroyable parce qu’éclairé tour à tour par mes amis de Belgique Nathalie, Ricardo et Sébastien qui m’ont tous téléphoné à tour de rôle me sachant en congé, donc pas loin. Oui, à eux trois, ils auraient presque fait ma journée ! Mais j’ai été vraiment, mais vraiment gâtée hier. Des visites de Nancy, de Martine et de Carine sur MSN, de nombreux courriels d’Armando, quelques bols de café et même une sieste en après-midi.

Je n’avais rien prévu, je me suis laissée vivre. Et je suis allée de joies en joies. C’est si bon la voix de nos amis. Comme disait Nath, au téléphone, on entend les sourires dans les intonations. Et je la voyais bien, ma Nath, en entendant son accent et sa façon bien à elle de dire les choses. Soudain, il n’y avait plus 6000 km. Soudain, elle était la porte à côté et je ramassais mon sac qu’on parte se promener avec Ricardo. Et quand ça a été son tour à lui de me faire un brin de causette, nous étions déjà en juin à faire des projets, à nous inventer des itinéraires. Et encore, la distance était abolie. Pareil avec Seb. On était déjà quelque part en février quand il viendra et que je l’emmènerai voir les rues et la montagne, et les cafés, et qu’on sera là sous ce ciel d’hiver qui est si beau chez nous.

Vive les journées dont on n’attend rien et qui nous surprennent. Vive ces journées qui nous apportent du bonheur par brassées et qui donnent des ailes pour des jours et jours. Vive ces journées qui nous font oublier les rendez-vous annulés, comme c’est le cas aujourd’hui.

Oui, quelle belle journée qu’hier à partager avec les uns et les autres. Quelle belle journée qu’aujourd’hui dont je ne sais rien encore sinon que le café est bon et qu’il y aura de la musique et du rêve.

10 novembre 2006

La lectrice au transat

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:35

jkearns

La lectrice de Juli Kearns me fait remonter dans le temps, à l’heure de mon premier appartement, où je n’avais pas de sofa, ni de fauteuil, rien de ce qui puisse ressembler à un vrai salon mais deux transats. Et bien entendu des planches et des briques en guise de bibliothèques.

Difficile de dire si elle a aussi a cette originalité, car on ne sait si derrière elle il s’agit de rideaux aux fenêtres ou alors de volets. On peut même imaginer – et pourquoi pas – qu’elle promène le transat de l’extérieur à l’intérieur et vice versa, parce qu’elle est bien dans son transat, qu’il lui donne l’impression d’être en vacances toute l’année. J’avais aussi ce sentiment. Les transats du salon me rappelaient ceux de la maison de Chantal à Damgan, c’est la raison pour laquelle je les avais choisis.

Le bonheur d’un transat, c’est qu’on peut s’y asseoir toute droite, s’y allonger ou même adopter une pose à l’indienne. Il supporte toutes nos envies. Et il est des livres qui se lisent dans une position et d’autres dans d’autres. Mais si ! Je me vois mal allongée pour dévorer un thriller ! Ou toute droite pour lire des poèmes…

C’est fou comme il fait envie ce transat. Encore plus maintenant que je n’en ai plus. Mais le sourire de la lectrice, lui je sais le trouver n’importe quand.

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