Lali

3 septembre 2006

Le droit à la lecture

julespascin

Il a fait, toute la journée, un temps pour lire. Enfin, il me semble que c’est l’expression consacrée pour parler des jours de pluie. Du moins, pour une grande partie des gens. Car toute température est bonne pour celui ou celle qui a envie de lire. La pluie torrentielle qui invite à rester chez soi, comme le plein soleil qui donne envie de chaise longue; la neige qui donne un éclairage à la chaise de lecture près de la fenêtre comme le vent qui fait se balancer le rideau du salon tandis que les pages des magazines volent toutes seules.

Non, il n’y a pas que la pluie qui invite à la lecture. Mais elle donne l’excuse de ne pas faire autre chose, comme du rangement et autres obligations domestiques, par manque de lumière adéquate. Je sais, je sais, ce sont des prétextes, mais s’il en faut à d’aucuns, à eux de les utiliser. Et si la pluie quasi continue du jour a permis à certains, comme la lectrice de Jules Pascin, de se la couler douce devant un livre, elle devient alors providentielle.

Alors, que souhaiter sinon que de bénéfiques jours de pluie occasionnels à ceux qui n’osent pas, par grand soleil, perdre leur temps ainsi ? Car il y en aura toujours pour dire que la lecture est une perte de temps. Jusqu’à ce qu’un jour – peut-être- ils se rendent compte de leur méprise. Mais je ne suis pas là pour juger, moi, la lectrice des beaux jours et des moins beaux. Juste pour revendiquer, comme toujours, le droit à lecture, partout et n’importe où, et par tous les temps.