Lali

2 septembre 2006

Pas de regrets pour ma vie de libraire

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 22:26

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Jean me demandait il y a deux semaines si la vie de libraire me manquait. Et sans une seconde, j’ai affirmé que non et sincèrement, je ne mentais pas. Il est vrai qu’il a lui-même vécu avec une libraire qui n’a jamais pu se détacher du monde de la librairie, même après avoir vendu sa boutique. Mais elle n’avait peut-être pas une vie parallèle, comme j’en ai toujours eu une. Et c’est peut-être au bénéfice de cette autre vie que celle de libraire qui a été la mienne pendant un quart de siècle, que je ne range plus quotidiennement des livres sur les rayons ni ne rencontre des représentants ou forme du personnel. Une vie où les mots ont pris toute la place, où je tente de trouver le plus juste, celui qui fait sens dans le contexte, quatre jours durant, afin que les autres je puisse avoir une vie où je lis, où j’écris, où je découvre.

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Et je le redis pour Jean, dubitatif face à ma réponse : non, la vie de libraire ne me manque pas. Je suis heureuse de l’avoir vécue, mais ma vie est ailleurs… Et je puis désormais, sans avoir le cœur retourné en tous sens, entrer dans une librairie, faire le tour des nouveautés, regarder les titres en inventaire et commander un livre. Il m’arrive même, comme aujourd’hui avec Danielle, alors que nous étions aller chercher un livre qui va nous être utile au bureau, de replacer un ou deux livres qui avaient échappé à l’ordre alphabétique de la section poche. On ne se refait pas.

Et j’aime bien cette librairie que j’ai choisie. Une vraie de vraie librairie et à deux pas de chez moi. Une librairie vaste mais à l’échelle humaine, avec un personnel qui aime ce qu’il fait.

Où que je sois, dans n’importe quelle ville du monde, j’aimerai toujours entrer dans une libraire. Car bien avant qu’une en particulier ne devienne ma seconde demeure, je les aimais. Comme j’aime aussi celles de la peintre montréalaise Laurie Campbell qui donnent envie de franchir le seuil et de fouiner.

Une vraie librairie, pas ces self-services sans âme et interchangeables, invite à la prospection. On y entre sans savoir ce qu’on cherche et avec l’intime conviction de l’avoir trouvé. Et c’est ce plaisir-là que je retrouve, ce plaisir d’avant, venu de l’enfance et qui fait que non, décidément, cette vie ne me manque pas, même si je l’ai aimée.