Lali

1 septembre 2006

Escapade gourmande en Montérégie

Filed under: Ailleurs,Le plaisir des papilles — Lali @ 22:44

saintpie

C’est à Saint-Pie-de-Bagot que l’histoire débute, du moins deux histoires, celle de ma mère et celle du périple d’aujourd’hui. Car c’est là qu’est née ma grand-mère, et son père et sa mère avant elle, et peut-être la génération précédente, mais je ne connais pas tous ces détails. Et curieusement, maman n’avait jamais vu Saint-Pie; mon arrière-grand-mère, alors veuve avec trois jeunes enfants, a quitté son patelin pour aller apprendre le métier de modiste aux États-Unis avant de s’installer à Montréal. C’est donc moi qui ai emmené maman sur les traces de ses ancêtres et non pas ma grand-mère qui n’y est jamais retournée, n’y ayant plus de famille au village, celle-ci plutôt dispersée dans les villages des alentours.

L’église n’a pas bougé, c’est celle du siècle dernier, celle où Marthe, ma grand-mère a été baptisée et où elle a fait sa première communion. Et même si le village compte de nombreuses maisons au moins centenaires, celle-ci ne reconnaîtrait probablement que vaguement ce village qui s’est étendu et a fait place à de nombreuses entreprises agricoles.

saintpaul

Mais elle aurait reconnu celui de Saint-Paul d’Abottsford, même si elle n’a pas eu l’occasion de voler au-dessus du mont Yamaska, comme j’ai pu le faire en deltaplane motorisé et atterrir dans un champ, il y a trois ans. Elle aurait reconnu la ferme de son cousin Marcel, voisine de celle des Guertin, qui se consacrent désormais, outre la culture des petits fruits, à la fabrication du vin.

artisansduterroir

C’est d’ailleurs dans leur boutique Les artisans du terroir que le maître des lieux nous a accueillis et fait goûter aux diverses confitures, comme celle de poires à la vanille et celle de rhubarbe aux noix, à son chutney, à ses cornichons, à sa gelée de pommettes et à celle de piments rouges.

yamaskassis

Et c’est avec fierté que Réjean Guertin nous a fait déguster ses vins. Ils ont tous un petit quelque chose mais c’est pour une bouteille de Yamaskassis que j’ai craqué : du sirop de cassis qui a macéré dans le vin rouge. De quoi accompagner le fromage, les viandes bien assaisonnées et le gibier. Ma bouteille est déjà au frais et je me réjouis de la déguster.

Nous sommes sortis de chez les Guertin les bras chargés de bouteilles et de bocaux. Il y aura des repas bien arrosés et des déjeuners sucrés pour mes parents, je le sens. Et nous avons descendu le rang de la Montagne, jeté un œil à l’école de deltaplane et de parapente fondé par mon cousin Philippe qui s’est tué en plein vol il y a quelques années et qui, de nombreuses fois, a atterri dans le champ du cousin Marcel, qui était bien fier de dire que le petit gars qui vole, il est de la famille. Le temps de ramasser au village des pommes, des tomates, du miel, du pain de ménage et des glaïeuls et nous partions pour Rougemont.

cidresmicheljodoin

Destination la cidrerie Michel Jodoin pour une visite suivie d’une dégustation. Quel bonheur de se retrouver dans un endroit où l’accueil est si chaleureux, où ça sent bon la pomme et où on sent la passion du travail bien fait pour ceux qui ont choisi d’en vivre.

Et après une gorgée de mousseux rosé, de blanc mousseux sec, de liqueur à base de cidre, nous sommes repartis encore une fois les bras chargés et un peu grisés, et d’excellente humeur. Les petites routes nous attendaient : Marieville, Sainte-Madeleine, des champs de maïs et des vergers à perte de vue.

damafro

À Saint-Damase, petite halte chez Damafro, question de se titiller les papilles devant le choix, d’hésiter longuement devant l’un ou l’autre et d’embarquer quelques fromages et du yogourt au café. Et nous avons repris la route, cette fois-là direction Montréal, le coffre de voiture chargé de provisions, la tête pleine d’images, et laissé derrière nous les villages de la Montérégie, jusqu’à une prochaine fois. Car il y en aura d’autres. Les victuailles ne durent qu’un temps.

monteregie