Lali

25 août 2006

Promenade dans Lanaudière

Filed under: Ailleurs — Lali @ 21:18

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Et nous avons longé le fleuve par le chemin du Roy, cette route qui va de Montréal à Québec, sous un ciel bleu fabuleux et un soleil radieux. Et nous en avons pris plein les yeux de ces images. Il y a si longtemps que nous avions longé ainsi le fleuve vers le nord.

Saint-Sulpice, village où s’est installé l’ancêtre paternel il y a trois siècles et demi, venu de son Saintonge comme soldat. Lavaltrie. Lanoraie où nous avons bifurqué pour nous rapprocher du fleuve et vu avec plaisir les maisons aux parterres d’un vert émeraude, aux bouquets d’hydrangers croulant sous leur poids, aux tournesols géants, aux peupliers majestueux. Et Berthierville, où nous avons diné tranquillement près de la place du Marché.

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Un peu avant Sainte-Élisabeth, halte provisions à la boulangerie. Beignes au sirop d’érable et pain au chocolat et aux canneberges pour moi. J’ai résisté à la confiture aux cerises de terre, au ketchup aux fruits et au miel baratté, mais pas maman, encore plus gourmande que moi.

Et la paysage se déployait sous nos yeux. Fermes, jolies maisons, clôtures de bois, boîtes aux lettres à l’ancienne peintes de motifs colorés.

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Jusqu’à Saint-Félix-de-Valois, village natal de mon arrière-grand-père, destination visée. Où nous avons acheté du blé d’Inde cassé du matin. Avant de reprendre la route et ses côtes. Saint-Jean-de-Matha, Saint-Alphonse-de-Rodriguez, Sainte-Julienne, Sainte-Béatrix, Rawdon.

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Les Basses Laurentides s’étalaient devant nous avec leurs lacs à profusion. Et nous roulions, tranquilles.

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La promenade dans Lanaudière nous a ravis. Il y en aura d’autres: elle faisait office de repérage. Fromagerie, vignoble et chutes seront pour une autre fois.

Il reste en tête plein d’images pour rêver et au palais le goût des beignes.

24 août 2006

Laissez-moi rêver…

Filed under: États d'âme — Lali @ 23:42

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Oh oh laissez-moi rêver oh laissez-moi rêver
Oh laissez-moi rêver c’est pas grand chose
Oh oh laissez-moi rêver oh laissez-moi rêver
Oh laissez-moi rêver

(Nicolas Peyrac)

Ne me dites pas que la vie est autre que celle qu’il y a dans ma bulle. Ne me dites pas que je vais tomber de haut quand je vais réaliser que. Ne me dites pas que je devrais être « réaliste ». Non, ne me le dites pas, je vous en prie.
Ne me dites pas les guerres, je les connais. Ne me dites pas l’injustice, je connais aussi. Ne me dites pas la faim, la peur et le froid. Je sais tout cela aussi.

Ce soir, je ne veux penser à rien de tout cela. Je veux juste préparer ma journée de congé, tracer mon itinéraire et partir à l’aventure, comme si j’allais au bout du monde.
Ce soir, je ne veux penser qu’à moi. Je le fais si peu. N’intervenez pas, ne me dites pas ce que je sais déjà et que j’ai rangé ce soir. Ne me répétez pas ce qu’on voit aux infos. Ne me racontez pas ces scènes. J’ai envie d’une journée sans tout ça.

Oh oh laissez-moi rêver oh laissez-moi rêver
Oh laissez-moi rêver c’est pas grand chose
Oh oh laissez-moi rêver oh laissez-moi rêver
Oh laissez-moi rêver

Quelques heures…

Celui qui me tient éveillée

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 2:20

davidross

Et lui seul me tiendra éveillée, moi qui suis capable de m’endormir n’importe où, alors qu’autour de moi on débat approximativement d’une question qui ne mérite pas un tel acharnement. Et lui seul me tiendra éveillée, moi qui au bout d’un moment, décide que j’ai assez échangé, pour aller le retrouver. Et lui seul me tiendra éveillée, moi qui tout à l’heure ai trouvé le sommeil avant l’heure, fatiguée.

Et lui seul m’a tenu éveillée toutes ces années, seul ou en compagnie de ses semblables, au lit, au bain, au parc. J’ai pour lui des yeux d’amoureuse affamée, comme en a sûrement la lectrice de David Ross, dont on ne voit pas le regard. J’ai pour lui des yeux que je n’ai jamais eu pour aucun homme.

23 août 2006

À bas les siestes du soir !

Filed under: Vraiment pas sérieux — Lali @ 23:01

lagaffe

On se dit qu’on va s’allonger une petite heure pour recharger ses batteries et qu’après on pourra escalader des montagnes. Mais je ne vais m’attaquer à aucun projet d’enverure à l’heure qu’il est. Les siestes, c’est fait pour l’après-midi, je vais bien finir par le comprendre. Celles de début de soirée ne font que perturber, même si j’ai l’impression qu’elle a fait un certain bien.

Je ne tenais plus debout quand j’ai décrété qu’il me fallait une petite pause. Et là, j’ai peut-être encore de l’énergie pour deux ou trois petites choses, mais ce n’est pas ce soir que je vais laver l’intérieur du frigo. Ni décrocher les stores pour les laver. Mais bon, il reste encore quelque énergie pour lire, prendre un bain et surtout ne pas me casser la tête.

Gaston Lagaffe ne sait pas la chance qu’il a. Un roupillon au bureau, ça doit remettre d’aplomb. Enfin, je m’avance, je n’en ai aucune idée… Mais j’aime bien, une fois de plus, m’inventer des histoires.

22 août 2006

Apparences biaisées ou pas?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:55

elchuzpo

Elles ne sont pas toutes jolies, ni réalistes, ni proportionnelles.
Celle d’El Chuzpo a le visage visiblement fermé. Elle ne parlera pas ni ne livrera une impression sur le livre posé sur la table. Il aura beau tenter de l’amadouer, il n’entrera pas dans son monde à elle, alors qu’il l’a, lui, fait entrer dans le sien. Ou a-t-il du moins tenté de le faire.

Car la main de la liseuse ne semble pas être la sienne, posée là comme par dépit.
Elle ne l’a pas laissé entrer dans sa tête. Il ne lui rendra pas intact son corps.

On pourrait croire qu’elle le défie.
Et si tout simplement elle voulait la paix, lire sans qu’on la scrute?

Toutes les lectrices ont leur histoire. Celle-ci, visiblement, n’a pas envie d’un intrus.

Pourtant, il ne manque pas beaucoup pour qu’elle s’attendrisse. Le sourcil n’est pas froncé. La bouche hésite à devenir sourire. Il y a presque amorce de clin d’œil.

Il y a toujours ce qu’on voit au départ, et ce qu’on pourrait voir.
La vie n’est jamais aussi lisse ni l’eau aussi trouble qu’elles n’y paraissent.

Mots de Prévert

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 12:58

Prévert

LE CANCRE

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cœur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

Première raison d’aimer Jacques Prévert.

PARIS AT NIGHT

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

Seconde raison d’aimer Prévert.
Et s’il en faut davantage, ouvrez Paroles au hasard.
Peu importe la page, peu importe le poème, il y a dans ce recueil assez de phrases pour chacun d’entre nous.
Ouvrez, entrez. On ne cogne pas chez lui.

21 août 2006

Le lac de grand-papa

Filed under: États d'âme — Lali @ 20:20

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Le lac Mégantic est-il vraiment le plus beau lac du Québec ? L’est-il pour beaucoup ou seulement pour une poignée de gens qui, comme moi, y ont des racines ? Car c’est là qu’est né mon grand-père, près du lac Mégantic, dans la municipalité éponyme où son père, parmi les premiers arrivants, en a été le premier notaire et aussi le maire. Si bien qu’une des rues porte son nom aujourd’hui.

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C’est aussi là que mon grand-père, mon héros, le rebelle au sein de cette famille, a fait ses 400 coups, si bien qu’il n’a jamais mangé dans la belle salle à manger, pas très souvent dans celle des jours ordinaires et régulièrement à l’office avec les servantes qui le couvaient et le gâtaient. J’aime qu’il ne soit pas plié aux conventions et qu’il ait fait plus souvent qu’autrement fait à sa tête. J’aime les histoires où il n’est pas raisonnable. Ainsi, cette fois où il a assommé le professeur de piano avec le banc parce qu’il n’avait pas aimé un coup de règle sur ses doigts: c’est pour ça qu’il est devenu tromboniste. J’aime cette histoire où il est parti à la guerre sergent – comme tous les étudiants universitaires de l’époque – et où il est revenu simple soldat, suite à quelques plaisanteries pas du tout appréciées.

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J’aime ce lac pour sa splendeur, pour la paix qui s’en dégage. Je l’aime aussi pour les saisons qui passent sur lui et lui conservent sa majesté. Et je l’aime sûrement bien davantage parce qu’il a vu grandir celui qui a été le héros de mon enfance. Celui qui a accepté de jouer le patient pour la garde-malade au stétoscope en plastique. Celui qui faisait semblant de se perdre – semblant, peut-être pas, grand-papa n’avait pas du tout le sens de l’orientation – et qui était tout fier que sa petite-fille de trois ans le ramène à la maison. Celui qui ne laissait jamais tomber une grille de mots croisés et qui pouvait chercher des heures pour la compléter. Celui qui n’avait aucune patience mais qui adorait ses petites-filles au point de quasi tout leur permettre. Celui qui, dans un cadre, est le premier à trouver sa place quand je m’installe quelque part. Je sais qu’il veille sur moi comme personne.

Je n’ai pas besoin du lac pour penser à grand-papa, mais je crois qu’il me fallait le montrer pour parler de lui et dire à quel point il est présent. Dire à quel point il m’a faite, et tout ce que je lui dois. Et combien je l’ai aimé, combien je l’aime et combien je l’aimerai toujours.

20 août 2006

S’isoler pour lire

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:13

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Comme elle doit se sentir bien, la lectrice de Lewis Bryden, loin de tout, dans un silence que je suppose à peine dérangé par le bruit de l’onde, avec pour seule compagnie un livre.

De telles escapades sont fabuleuses, d’abord pour la solitude qu’elles créent, bénéfique et souhaitable. Surtout si le livre emporté avec soi jusqu’à cette halte donne à réfléchir et n’est pas que distraction. Car il y a toutes sortes de livres. Pour toutes les humeurs, pour y chercher quelque chose, y trouver ce qu’on ne soupçonnait pas, apprendre sur soi ou se retrouver.

Celle qui a choisi de s’éloigner de tout, comme la lectrice ici, ne veut visiblement pas être dérangée. Elle a besoin de calme et des seuls bruits de la nature pour ce qui peut être une lecture difficile, une qui va lui poser des questions sur elle-même, possiblement. En tous les cas, une qui n’autorise aucune distraction.

Il ne m’est pas arrivé souvent de trouver un lieu comme celui-ci pour lire. Mais chaque fois j’ai apprécié d’en trouver un de comparable. Car s’il n’y a pas de lieu pour lire, il en existe tout de même des plus agréables que d’autres.

19 août 2006

À petits pas vers les lectrices-muses

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 12:31

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Il a d’abord choisi de les regarder de loin, de ne pas déranger leur lecture ni leur concentration.

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Puis il s’est approché sans les bousculer alors qu’elles étaient plongées dans quelque chose qui les occupait totalement. Il ne se doutait sûrement pas qu’elles faisaient sûrement abstraction de lui tant elles étaient absorbées.

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Puis il s’est aventuré à en croquer une de profil.

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Et enfin, William Crain a osé le face à face, ce qui ne semble pas avoir dérangé la liseuse. Et j’aime que les lectrices n’aient pas failli dans leur tâche de muses, même si ce que j’ai imaginé de l’approche n’a peut-être aucun lien avec le réel. J’aime inventer des histoires au même titre que Crain aime peindre des lectrices.

Amitié suisse

Filed under: Ailleurs — Lali @ 12:24

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Cette semaine, Anne-Françoise et moi avons toutes deux fêté nos 45 ans, à une journée près et 6000 km de décalage. Encore une amitié qui dure depuis vingt-cinq ans et qui ne souffre ni de la distance ni des absences prolongées. Qu’on sait reprendre là où l’échange s’est arrêté. Voilà un des beaux cadeaux de la vie.

Qu’il était bon de renouer avec elle et de la trouver toujours aussi dynamique et chaleureuse. Et de repenser à notre promenade en Valais, dans son chez elle, sa Suisse tant aimée, et particulièrement à Évolène, dont je conserve un merveilleux souvenir. Bien entendu, le lac Leman m’a charmée, les Alpes, la route, le fendant – hic -, mais c’est de ce village que je conserve les plus belles images. Difficile à dire pourquoi, mais le souvenir est bien là, aussi vif que s’il datait d’hier.

Quand le village a surgi au détour de la route que nous parcourions, ce fut magique. Toutes ces vignes alignées et ces maisons sorties tout droit d’un conte de fées. Et ce calme. Et le bonheur de nous retrouver toutes, Anne-Françoise, sa sœur Marie-José, Odile, notre amie parisienne, Monique et moi, dans ce paysage à couper le souffle. Le jour où je retournerai en Valais, il me faudra repasser par Évolène.

Anne-Françoise a proposé Zermatt pour 2007. Ce n’est pas l’idée ne me séduise pas, mais je crois que ce sera plutôt 2008, comme je tiens à aller en Champagne et en Belgique l’an prochain. Mais quelle merveilleuse idée de nous retrouver en Suisse toutes les deux et de préparer ce projet. J’adore rêver de voyages que je ferai ou déjà accomplis. J’aime toute cette préparation longue et minutieuse qui précède les départs, même si sur place j’improvise.

Et je crois bien que ce nouveau projet va lui aussi m’occuper. Seul hic : il n’y a décidément pas assez d’heures dans une journée.

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