Lali

22 août 2006

Apparences biaisées ou pas?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:55

elchuzpo

Elles ne sont pas toutes jolies, ni réalistes, ni proportionnelles.
Celle d’El Chuzpo a le visage visiblement fermé. Elle ne parlera pas ni ne livrera une impression sur le livre posé sur la table. Il aura beau tenter de l’amadouer, il n’entrera pas dans son monde à elle, alors qu’il l’a, lui, fait entrer dans le sien. Ou a-t-il du moins tenté de le faire.

Car la main de la liseuse ne semble pas être la sienne, posée là comme par dépit.
Elle ne l’a pas laissé entrer dans sa tête. Il ne lui rendra pas intact son corps.

On pourrait croire qu’elle le défie.
Et si tout simplement elle voulait la paix, lire sans qu’on la scrute?

Toutes les lectrices ont leur histoire. Celle-ci, visiblement, n’a pas envie d’un intrus.

Pourtant, il ne manque pas beaucoup pour qu’elle s’attendrisse. Le sourcil n’est pas froncé. La bouche hésite à devenir sourire. Il y a presque amorce de clin d’œil.

Il y a toujours ce qu’on voit au départ, et ce qu’on pourrait voir.
La vie n’est jamais aussi lisse ni l’eau aussi trouble qu’elles n’y paraissent.

Mots de Prévert

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 12:58

Prévert

LE CANCRE

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cœur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

Première raison d’aimer Jacques Prévert.

PARIS AT NIGHT

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

Seconde raison d’aimer Prévert.
Et s’il en faut davantage, ouvrez Paroles au hasard.
Peu importe la page, peu importe le poème, il y a dans ce recueil assez de phrases pour chacun d’entre nous.
Ouvrez, entrez. On ne cogne pas chez lui.