Lali

29 juillet 2006

Paul Éluard et son amoureuse

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 21:22

capitaledeladouleur

À cause d’un magnifique poème de Louis Aragon sous forme de diaporama que j’ai envoyé à mes amis qui savent apprécier la poésie, me voilà à glaner dans le rayon poésie de ma bibliothèque. Et c’est ainsi que j’ai mis la main sur le recueil de Paul Éluard que je cherchais. Bonheur de mes 19 ou 20 ans que ce recueil exceptionnel qu’est Capitale de la douleur.

Et pour le plaisir de le partager, voici, tiré de ce recueil le poème L’amoureuse:

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Déjeuner en solo

Filed under: Le plaisir des papilles — Lali @ 13:00

déjeuner

Je me suis gâtée aujourd’hui. Je suis allée déjeuner au restaurant, chose que je n’avais plus faite depuis longtemps. Et comme la canicule du moment me coupe l’appétit durant la journée, peu importe si je mange aujourd’hui avec tout ce que j’ai avalé ce matin.

Œufs, jambon, saucisses, bacon. fruits, pommes de terre, fèves au lard, rôties et café. Un ogre aurait trouvé son compte!! Je suis donc « pleine comme un boudin » et pourrai vivre sur mes réserves jusqu’à demain.

Quelle liberté que de pouvoir ainsi déjeuner en paix, sans conversation à entretenir. Car j’ai de moins en moins envie de me forcer et rares sont les gens avec qui on puisse partager le silence. Non pas que je n’aime pas discuter, et même refaire le monde à mes heures, mais j’aime choisir quand et avec qui je vais échanger et apprendre. Je ne cherche pas à voir des gens pour pallier à une solitude qui me pèse comme beaucoup. Et quand je vois mes amis, quand je discute avec eux sur MSN, quand on se parle au téléphone, quand je leur envoie des courriels, c’est bien pour partager.

Par contre, rien que l’idée que je devrais être présente au quotidien dans la vie des uns et des autres, et plus particulièrement d’un autre, me donne tout simplement envie de prendre mes jambes à mon cou et de filer le moins possible du monde dans un endroit où ne me trouvera pas. Je suis tout simplement incapable de sentir ce poids sur mes épaules.

Que ceux qui attendent quelque chose de moi passent leur chemin. Je ne pourrai être tout le temps présente et attentive, car mon jardin est vaste et j’arrose les fleurs à tour de rôle, même si parfois j’en oublie quelques-unes, car elles sont si nombreuses…

Il me faut ces moments de solitude pour moi, un déjeuner au restaurant ou une soirée au cinéma, lire au lit, chercher sur le net ou écrire. Mais quand je suis là, une chose est sûre: je suis vraiment là.

Quelques jours à Plouharnel un certain juillet 1992

Filed under: Ailleurs — Lali @ 8:37

plouharnel

La lumière qui entre dans l’appartement ce matin me rappelle celle d’un matin de fin juillet à Plouharnel. Elle a ce même doré qui éclairait la chambre que m’avait réservée Jacqueline en Bretagne. La maison était belle et ressemblait à celle-ci, si on ajoute çà et là une profusion d’hortensias. Cette image est restée dans ma tête, intacte, ou peut-être embellie, je n’en suis pas certaine, même si elle date de quatorze ans.

Je n’ai pas revu la Bretagne depuis. Et quand je pense à elle, à MA Bretagne, puisque quiconque la visite et l’aime se l’approprie, c’est souvent à Plouharnel que je pense, au tour de bateau avec Pierre, Rafaël et Jacqueline, au plateau de fruits de mer et à mes promenades toutes seules.

plouharnel2

Seule destination: l’eau. Et je restais là des heures, à lire, à écrire, à écouter de la musique. Plus rien n’existait que ce paysage dans lequel je m’incorporais et tentais d’oublier une récente déception sentimentale. Et je crois bien que toutes ces minutes passées là, à regarder les vagues et à rester dans ma bulle ont réussi à me guérir.

La mer me manque. Il me semble que si elle était à proximité, ou du moins plus près, je pourrais parfois partir et aller y déposer le trop plein de ces émotions qui me gagnent et dont je ne ne veux pas, pour ne conserver que la légèreté et la joie de vivre. Alors, je regarde les cartes postales et les photos, et je tente du mieux que je peux d’entrer dans le paysage. Et parfois, ça fonctionne.

Ce matin, j’ai laissé ici dans ces photos de Plouharnel un peu de ce qui m’a fait mal hier. Et c’est le cœur un peu moins lourd que je vais aller déjeuner au restaurant.