Lali

20 avril 2006

Quand Paris vient à moi par enchantement

Filed under: États d'âme — Lali @ 20:51

sqv1

Je ne fréquente pas le brouhaha du centre-ville; je suis déconnectée de la vie mondaine; je n’ai aucune idée des endroits où on doit se faire voir et encore moins des restaurants branchés.

Et pourtant, ce midi, j’avais rendez-vous pour un diner au cœur du quartier des affaires, à deux pas de la Bourse, au square Victoria, avec une amie que je n’avais pas vue depuis plus de vingt ans. Agréable moment, placé à la fois sous le sceau des souvenirs communs et sous celui des années loin l’une de l’autre que nous avons partagées en trinquant à nos retrouvailles.

Et je suis sortie du resto et me suis retrouvée square Victoria. Désorientée.
Pendant quelques minutes, j’ai été télétransportée en plein Paris, toute étonnée de découvrir en plein centre-ville de Montréal un entourage de style Art Nouveau réalisé par Hector Guimard. Cadeau de la RATP à la ville de Montréal pour l’inauguration de son métro en 1966.

Et moi qui suis née dans cette ville, je ne l’avais jamais vu !
Oui, pendant quelques minutes, le mot MÉTROPOLITAIN en plein centre de la cité des affaires m’a fait voler à des milliers de kilomètres de chez moi. Et fait rêver. Encore.

19 avril 2006

Une bière à Ciney

Filed under: Mes histoires belges — Lali @ 19:53

ciney

Avec le beau temps arrive la saison des bières prises aux terrasses des cafés. C’est pourtant une chose que je fais vraiment très rarement. Je crois que c’est parce que je déteste la foule, la proximité des tables, aussi, et la quasi impossibilité d’avoir une conversation dans ce genre de lieu.

Il faut avouer que les terrasses sont rares, donc prisées, par beau temps. Y va-t-on pour autre chose que pour regarder ou être vu ? Y va-t-on pour déguster une bière au soleil ? Je suis sceptique. C’est peut-être pourquoi l’idée de sortir prendre une bière sur une terrasse n’est pas, à priori, une idée qui m’enchante.

Par contre, j’ai apprécié celle prise à Ciney, avec Ric et Nathalie. La table n’était pas minuscule, nous n’avions pas de voisin qui épiait nos conversations et la bière était bonne. Et je n’ai pas bu de bière dehors depuis ce 15 juillet. Je n’aurais pas trouvé ici d’équivalent, ni le lieu, ni la Ciney.

Il est des moments qu’il faut vivre quand ils se présentent. Et surtout, ne pas chercher à les reproduire à tout prix. Le moins possible instaurer des rituels et des habitudes. De toute manière, j’en suis incapable. J’ai trop besoin de ma liberté chérie et de ne pas savoir d’avance le programme. Et aussi une nécessité absolue de ne pas faire comme tout le monde. Et si cela signifie se précipiter aux terrasses aux premiers rayons du soleil, oubliez-moi, je ne suis pas partante. Je préfère une longue marche sans but, et seule.

Mais je goûterai sûrement à une autre bière belge lors de mon prochain séjour en Wallonie. Où ? Avec qui ? L’occasion fera le larron.

18 avril 2006

La liberté totale des orteils

Filed under: Petits plaisirs — Lali @ 20:51

sandales

Grand jour !
Certains ont dit 24 degrés, d’autre 26. Les deux degrés d’écart m’importent peu. Moi, je crie hourra, car ça a été une journée en sandales, la première de 2006, et en plein avril !

Quel bonheur pour mes orteils de se trémousser sans bas ou chaussettes. Quel bonheur pour mes pieds de vivre à l’air libre. Tout cela peut vous paraître tout à fait bête, je sais. Mais pour moi, c’est un des grands plaisirs de la vie, et de la saison, que celui de sortir ma collection de sandales. Des vertes, des blanches, des noires. Manquent des rouges, mais si j’en trouve à mon goût, je ne suis pas certaine de résister à la tentation.

Mes pieds ont droit à un peu de plaisir, eux qui, pendant six mois, se trouvent emprisonnés, loin de toute lumière, sauf lorsque je suis chez moi. Et c’est le 18 avril qu’ils auront goûté à leur premier jour de liberté totale de l’année. Quel plaisir ça a été de marcher les orteils à l’air presque cinq kilomètres.

J’ai eu l’impression de renaître. Et en fait, c’est peut-être ça qui est arrivé.

17 avril 2006

Mon écran et moi

Filed under: États d'âme — Lali @ 18:06

snoopy

Est-ce devant mon écran que je suis le mieux ? Le mieux, je n’irais pas jusqu’à dire cela. Mais j’y suis bien. Car c’est ainsi que je communique le plus et que j’apprends de bonnes nouvelles souvent. La visite de Laurent, mon ami bruxellois, en septembre. Celle de Monique et de ses filles, en août, si je réussis à trouver ici quelqu’un qui voudra bien lui laisser sa maison ou son appartement en échange d’un appartement en plein Paris.

Oui, mon écran apporte de bonnes nouvelles souvent. Il me nourrit aussi, puisque je peux passer des heures à chercher et à trouver. À découvrir pour ensuite partager.

Je suis très bien, assise en Indien sur ma chaise, à écouter de la musique, à voyager, à écrire. À rêver aussi, quand j’entre dans des musées ou que je me retrouve dans des villes que je ne connais pas.

Mais il faudrait que j’écrive davantage. Je ne le fais pas assez, alors qu’il y a tellement en chantier. Mais j’ai tant à apprendre, tant à découvrir, tant à partager que j’oublie parfois qu’il y a à écrire, parce que je me laisse emporter par mes recherches et par celles que je fais pour les autres.

Il me faut retrouver ma discipline, moins me laisser distraire. M’astreindre à un horaire, si je veux avancer. Une à deux heures d’écriture par jour, ce n’est vraiment pas suffisant.

Comment réussir à ne dormir que quatre heures comme je le faisais avant ? Ainsi, je pourrais réussir. Enfin, je crois. Car viendra bien un jour, dans un avenir rapproché, où je ne pourrai plus passer autant de temps à chercher, car je serai appelée ailleurs. Il est temps que ma plage d’écriture prenne son importance, à horaire fixe. Pour que, quand ma vie changera, je puisse préserver ce moment entre les mots et moi.

16 avril 2006

Journée pascale

Filed under: États d'âme — Lali @ 11:23

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C’est Pâques, fête supposément religeuse, mais à mon avis bien plus païenne qu’autre chose avec ses poussins vivants et ses lapins en chocolat. Bien plus une fête pour marquer le printemps et faire la joie des enfants que celle de la résurrection du Christ, selon la tradition chrétienne.

Curieusement, cette renaissance du dieu fait homme m’inspirait moins religieusement que symboliquement. Les fêtes de Pâques étaient le début d’une nouvelle ère, l’entrée dans une étape où je laissais derrière moi les reliefs d’une autre vie. J’avais envie aujourd’hui d’appliquer cette pratique. Commencer aujourd’hui une nouvelle étape sans le poids dans l’ancienne.

Mais le passé est revenu à la charge. Un téléphone de mon ex-belle-fille est venu tout chambouler. Et pourtant, j’ai effacé toutes les traces de ce passé. Il ne reste rien ici de cette époque. Mais ma tête n’est pas vide des douloureux relents de ce qu’a été ma vie pendant neuf ans. Tout cela est remonté, comme une vague.

Sur le coup, j’ai eu mal. Autant, cette gamine entrée dans ma vie quand elle avait cinq a été mon rayon de soleil pendant des années, autant c’est à cause d’elle, pour lui donner le meilleur de moi-même, que j’ai tardé à sortir d’une situation sans issue. Lui parler me fait toujours un drôle d’effet. Je revois des scènes, certaines heureuses, d’autres dramatiques. Je suis encore incapable d’effacer les secondes pour ne conserver que les premières. Mais ça viendra.

Un jour, elle arrivera à ne plus parler de son père.
Un jour, on fera peut-être à nouveau des sorties ensemble, comme nous le faisions juste après la rupture.
Nos vies se mènent en parallèle même si elles ont longtemps été entremêlées.

Je suis ressuscitée bien des fois. Et ça arrivera encore, et pas que le jour de Pâques.

15 avril 2006

Les suites de l’attentat de Munich selon Spielberg

Filed under: Sur grand écran ou sur scène — Lali @ 9:25

munich

J’avais 11 ans lors de l’attentat terroriste des jeux de Munich. J’en conservais un souvenir un peu vague, tout en sachant bien les suites de cet événement qui allait être suivi de nombreux autres.

Le film de Spielberg évoque la mort des athlètes, mais sans jamais nous les faire connaître. Nous ne saurons d’eux que leur nom et jamais plus, alors que nous en saurons bien davantage sur l’équipe de choc chargée de faire le « ménage », et bien plus encore sur ceux qui en feront les frais.

Munich est un film sur la vengeance… mais aussi sur la conscience, puisque tous les participants se trouveront confrontés un jour ou l’autre, et à divers titres, à leurs propres questions, voire même au sens de leur existence dans cet échiquier où les pièces tombées sont continuellement remplacées. Est-ce ce qu’a voulu montrer Spielberg ? Que tout cela n’arrêtera jamais ?

Cette fiction basée sur des faits réels ne donne pas de réponses, elle soulève des questions et nous confronte à notre méconnaissance de l’Histoire. Voilà plusieurs jours que j’ai vu Munich et depuis, je n’ai pas cessé de lire sur le Mossad et sur le conflit israélo-palestinien. Ce film, je le vois comme une porte ouverte sur la recherche et en soi, c’est une belle réussite.

14 avril 2006

Les surprises du net

Filed under: États d'âme — Lali @ 21:18

bunny

Les gens arrivent à nous par toutes sortes de chemins, tels des lapins sortant de chapeaux. Une de ces personnes, que je ne connais que par le net, mais avec qui j’ai chaque fois des conversations passionnantes quand nous nous croisons, c’est Jean-Marc, éclairagiste de scène et musicien. Il va sans dire que nous parlons de nos deux passions communes, à savoir la musique et les voyages.

Rencontre de hasard? Comment savoir pourquoi telle personne entre dans notre vie et pas une autre la seconde d’après? Pourquoi ce jour-là étais-je sur le net à télécharger en même temps qu’il le faisait? Je sais seulement que ma collection d’artistes belges a piqué sa curiosité et qu’il a voulu connaître un peu cette Québécoise sans origines belges, mais sûrement Belge de cœur.

Et depuis, chaque fois que nous nous trouvons ensemble sur le net, quand il n’est pas en tournée, nous partageons la musique et la passion qui anime les artistes. Même que souvent nous faisons un crochet par la philosophie ou les leçons de la vie. Parce que le moment s’y prête.

Quand je discute avec Jean-Marc, je sens que j’apprends quelque chose, que je découvre. Un artiste, une ville, une émotion. Mais le plus souvent, quelque chose sur moi-même. Et ce soir, j’aurais tellement envie de n’avoir plus de patron, mais une suite de contrats. Même si ce n’est pas facile, même s’il faut de la patience et de la persévérance. Je voudrais tellement que ce jour arrive. Enfin.

De voir qu’on peut être travailleur autonome et gagner sa vie, comme Jean-Marc, me pousse à continuer, moi qui ai commencé à tendre des perches à droite et à gauche. Si ça mord, je ne dépendrai plus que de moi-même, et ce serait ma plus grande liberté en dehors de celle de n’avoir personne qui dépende de moi.

Il paraît que rien n’arrive pour rien. Et si Jean-Marc était arrivé dans ma vie pour que me fasse ma place au soleil pour un jour lui faire un petit coucou à Profondeville ?

13 avril 2006

Et si on cuisinait ?

Filed under: Le plaisir des papilles — Lali @ 18:59

saumon

J’ai travaillé assez longtemps en librairie pour savoir que le rayon cuisine ne cesse de bouger, suivant la mode du moment, tout en conservant une place de choix à ses classiques. J’ai toujours aimé feuilleter les livres de recettes: un beau plat bien présenté est toujours appétissant. Mais je n’ai jamais été tentée par l’acquisition de livres de cuisine. Je n’en possède qu’un seul, d’ailleurs. Celui qui a servi à mes balbutiements culinaires quand j’avais quatorze ou quinze ans et que maman a bien voulu laisser partir avec moi.

Pourtant, je ne le consulte que rarement, puisque je connais la teneur des trois recettes qui me viennent de ce livre. Disons que c’est mon filet pour le jour où je ne me rappellerai plus comment préparer la goulash !!

En fait, ce que j’aime, c’est inventer des recettes. Il me semble que je l’ai toujours fait. Peut-être parce que j’ai assisté ma grand-mère quand elle faisait de la confiture de fraises ou des tartes aux pommes, alors que je n’avais que quatre-cinq ans. Ma grand-mère qui ne mesurait rien et qui ne perdait rien, non plus. D’ailleurs, j’avais baptisé un de ses plats « soupe aux cochonneries » et avais été dire à tout le voisinage que c’était ça qu’on mangeait chez nous. Je ne vous décrirai pas la tête de ma mère quand on avait demandé à ma mère la recette de ce plat typique, avec le nom que je lui avais donné. Tout ça pour dire que cette soupe n’était rien d’autre qu’un bouillon fait à partir des reliefs de dinde ou de poulet…

Je fais encore de la soupe de cette manière. Et le bouilon filtré, j’improvise. Je n’ai pas encore concocté deux soupes identiques. Mais c’est le saumon qui m’inspire le plus pour inventer. Je le regarde et hop, je sais ce que je vais en faire, alors qu’au départ je n’en savais rien. Ça arrive comme par enchantement. Ce soir, un peu de vinaigre balsamique à l’estragon, un peu d’huile d’olive, des herbes de Provence, et une cuisson au four. Un délice. Et pourtant, quand j’ai sorti le filet du congélateur à midi, je ne savais pas du tout si je la cuirais au four ou à la poêle, avec ou sans sauce, avec du riz ou avec des légumes.

J’aime ne pas suivre une recette et me laisser aller à mon imagination. Ma vie et mon rapport à l’écriture ressemblent à mon lien avec la cuisine. Une trame et rien de plus, jusqu’à ce que tout prenne sa place, parce que l’inspiration sera passée par là.

12 avril 2006

Le penseur de Rodin

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:20

museerodin

Avril, il y a vint ans. Beau et chaud, comme à Montréal aujourd’hui.
Mais c’est à Paris que j’étais. À me gaver de théâtre, d’arts et de musées. Le bonheur, quoi.

Et un des grands moments de ce périple a été la visite du Musée Rodin. Voir enfin autrement qu’en photo le Penseur, immense, sur un socle, dans le jardin, a été un grand moment. De ceux qui restent gravés, comme le sont les muscles et les traits dans la chair de pierre. Oui, j’ai été impressionnée par la sculpture du maître.

J’ai parcouru son jardin, fait le tour de sa maison/atelier qui a logé ses créations avant qu’elles ne partent ailleurs, dans des expostions, des musées, ou chez des particuliers.

J’ignore si le lieu agit sur le travail d’un artiste, mais j’imagine que oui. Ce que j’ai écrit ailleurs qu’ici, dans d’autres appartements, dans des cafés, dans d’autres villes, reflète parfois le lieu, mais pas toujours. On se nourrit à ce lieu qui nous voit vivre et créer. Il nous apporte plus que l’ambiance, et parfois même le détail qui crée l’unicité du projet artistique.

De me trouver dans ces lieux qui avaient abrité l’homme, ses sculptures et ses élèves, ne m’a pas révélé de grandes choses. C’est le jardin qui m’a plus parlé. Je voyais facilement l’homme aller respirer pour libérer ses poumons de la poussière de la pierre et s’imprégner de lumière qui m’a semblé très peu présente dans ce qui lui servait d’atelier.

Et malgré que le Penseur soit de toutes les culptures de Rodin probablement la plus connue, il n’en reste pas moins que c’est un monument et que le voir de près est quelque chose qui marque. À jamais.

11 avril 2006

Un projet qui devient réalité

Filed under: États d'âme — Lali @ 8:34

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J’ai toujours aimé les cartes routières. Encore aujourd’hui, mon atlas n’est jamais loin et j’ai toujours une jolie collection de cartes. Les déplier, c’est déjà partir, d’une certaine façon.

En 1979, au cegep, j’ai suivi un cours de géographie du tourisme. Passionnant. Bien plus que les cours de biologie ou de chimie. Entre organiser un voyage et disséquer un rat, je préférais nettement le voyage ! Et j’ai mis beaucoup d’énergie et de temps pour ce travail final qui consistait à élaborer un voyage. Itinéraire, avion, location de voitures, hôtel, et tout le tralala. Des heures de bonheur à chercher. À lire.

J’avais choisi la Californie comme destination. Je calculais les distances, je choisissais les arrêts, les incontournables. Et bien que sérieuse et appliquée, je rêvais. Quand on a 17 ans, on rêve forcément de la Californie. Surtout à cette époque, je crois. C’était encore le nouveau monde et San Francisco la ville où tout était permis.

Jamais travail scolaire ne m’avait plus passionnée. J’avais emprunté des montagnes de livres à la bibliothèque, j’étais allée chercher des cartes au club automobile et des dépliants dans les agences de voyages.

J’étais vraiment fière de ma recherche et de mon projet. Mais le plus beau n’est pas là. Le meilleur moment, c’est ce dimanche soir, après souper, où papa avait lu avec attention l’itinéraire. Ses yeux brillaient, je m’en rappelle comme si c’était hier.

Et il avait proposé que nous allions à l’aéroport voir les avions décoller et atterrir, comme nous le faisions de temps en temps. Mais nous avons fait plus. Nous sommes rentrés avec des billets d’avion, Montréal-San Francisco et Los Angeles-Montréal. Il ne me restait qu’à m’occuper de réserver les hôtels.

Alors, chaque fois que je vois une carte, chaque fois que je rêve de San Francisco, je pense à la confiance de mes parents qui ont laissé entre les mains d’une jeune fille de 17 ans la préparation d’un voyage de A à Z. L’avant-dernier que nous avons fait en famille. Et celui qui allait marquer tous mes voyages à venir, puisque j’ai depuis cette date mis la même minutie dans mes préparatifs.

Tout compte fait, ma première vraie grande aventure, c’est celle-là.
Et c’est avec ces mêmes 17 ans que je continue de préparer les prochaines.

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