Lali

13 avril 2006

Et si on cuisinait ?

Filed under: Le plaisir des papilles — Lali @ 18:59

saumon

J’ai travaillé assez longtemps en librairie pour savoir que le rayon cuisine ne cesse de bouger, suivant la mode du moment, tout en conservant une place de choix à ses classiques. J’ai toujours aimé feuilleter les livres de recettes: un beau plat bien présenté est toujours appétissant. Mais je n’ai jamais été tentée par l’acquisition de livres de cuisine. Je n’en possède qu’un seul, d’ailleurs. Celui qui a servi à mes balbutiements culinaires quand j’avais quatorze ou quinze ans et que maman a bien voulu laisser partir avec moi.

Pourtant, je ne le consulte que rarement, puisque je connais la teneur des trois recettes qui me viennent de ce livre. Disons que c’est mon filet pour le jour où je ne me rappellerai plus comment préparer la goulash !!

En fait, ce que j’aime, c’est inventer des recettes. Il me semble que je l’ai toujours fait. Peut-être parce que j’ai assisté ma grand-mère quand elle faisait de la confiture de fraises ou des tartes aux pommes, alors que je n’avais que quatre-cinq ans. Ma grand-mère qui ne mesurait rien et qui ne perdait rien, non plus. D’ailleurs, j’avais baptisé un de ses plats « soupe aux cochonneries » et avais été dire à tout le voisinage que c’était ça qu’on mangeait chez nous. Je ne vous décrirai pas la tête de ma mère quand on avait demandé à ma mère la recette de ce plat typique, avec le nom que je lui avais donné. Tout ça pour dire que cette soupe n’était rien d’autre qu’un bouillon fait à partir des reliefs de dinde ou de poulet…

Je fais encore de la soupe de cette manière. Et le bouilon filtré, j’improvise. Je n’ai pas encore concocté deux soupes identiques. Mais c’est le saumon qui m’inspire le plus pour inventer. Je le regarde et hop, je sais ce que je vais en faire, alors qu’au départ je n’en savais rien. Ça arrive comme par enchantement. Ce soir, un peu de vinaigre balsamique à l’estragon, un peu d’huile d’olive, des herbes de Provence, et une cuisson au four. Un délice. Et pourtant, quand j’ai sorti le filet du congélateur à midi, je ne savais pas du tout si je la cuirais au four ou à la poêle, avec ou sans sauce, avec du riz ou avec des légumes.

J’aime ne pas suivre une recette et me laisser aller à mon imagination. Ma vie et mon rapport à l’écriture ressemblent à mon lien avec la cuisine. Une trame et rien de plus, jusqu’à ce que tout prenne sa place, parce que l’inspiration sera passée par là.