Lali

22 janvier 2006

Petites rages

Filed under: États d'âme — Lali @ 22:34

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Je viens d’entrer dans une phase thé glacé. Ne me demandez pas comment c’est arrivé, je serais bien incapable de l’expliquer. Ça a commencé il y a une semaine et je n’en ai pas perdu le goût.
Je vais appeler ça une rage de thé glacé, disons. Comme j’ai parfois des rages de pâtes. Allez, hop, des pâtes six jours d’affilée. Ou de frites, trois soirs de suite.

Je n’arrive pas à m’expliquer comment ces envies continues surviennent. Mystère total.
Et pourtant, elles sont récurrentes, même si très variées. Ainsi, je peux aller voir cinq films en trois semaines et ne pas retourner au cinéma pendant six mois. Écouter le même CD toute une journée et le délaisser pendant des semaines. Comme s’il fallait que je plonge dans quelque chose jusqu’à satiété.

Ne pas quitter un livre avant la dernière page, quitte à passer une nuit blanche.
Je me demande si ces excès n’ont pas un lieu avec ma démesure, avec le fait que je ne sache pas compter quand je m’investis, que si je perçois que quelque chose ne va pas me passionner, je laisse tomber tout de suite. Je n’aime rien qui soit tiède. Pas plus que je n’aime les couleurs fades. Et encore moins ces gens qui font semblant de vous faire la bise et qui embrasse l’air à côté de votre joue.

Je ne mange pas si je n’ai pas faim, même si c’est l’heure. Il me faut l’appétit pour tout, le goût. Pour tout.
Je fonctionne ainsi, n’en déplaise à certains. Qui s’inquiètent que je passe mes soirées seule plutôt que de les passer à voir des gens, à faire des rencontres, à me lier. Comment faire comprendre qu’il est inutile de me « sortir » et de me faire la conversation? Que je suis bien ainsi avec mes rages de thé glacé et mes nuits blanches à lire? Et que, surtout, je ne veux plus laisser entrer aucun homme dans mon espace vital? Qu’il n’y a pas de place, tout simplement?

Ne tentez pas de me faire changer d’avis, c’est peine perdue. Je suis heureuse ainsi. Et pas seule du tout, mais bien entourée. Car il y a beaucoup de gens dans mon cœur et il s’en ajoute régulièrement. Ici, ailleurs. Avec qui je vais manger, avec qui je refais le monde autour d’un café. Avec qui je discute sur le net. Avec qui j’échange des courriels, ou à qui je parle au téléphone.

Mon univers est vaste. Et il ne cessera jamais de s’agrandir si ceux qui le croisent acceptent ma démesure et ma solitude choisie qui est loin d’être un vide. Mais un grand cercle aux contours indéfinis.

Ce soir, alors que je viens de poser encore un autre verre de thé glacé près de moi, je trouve la vie très belle. Même si je ne sais pas ce qui m’attend au tournant. Malgré le fait que je ne sois encore qu’aux abords de ce que sera ma nouvelle vie. Dans laquelle, je le sais déjà, il y aura des rages et des envies. Il y a des choses immuables.