Lali

16 janvier 2006

Poussée par un élan

Filed under: États d'âme — Lali @ 18:02

ANN1

Les photos d’un rivage, d’un quai, d’un lac, de vagues, d’un voilier, d’une plage, de tout ce qui concerne l’eau, en fait, m’interpellent. Je peux les regarder des heures durant. Elles me permettent de me regarder moi-même, de me tourner vers ce que j’ai vu et vécu, de regarder devant.
Et ça a toujours été ainsi, depuis autant que je me souvienne. Dans les livres, les magazines, les dictionnaires, ce sont toujours ces images qui ont capté mon regard. Parce que je me sentais capable d’y entrer, d’entendre le bruit des vagues, de sentir la caresse de l’onde, juste à regarder une photo.

Celle de ce quai sur le lac d’Annecy est invitante.
Je la regarde et j’ai envie de plonger. Comme je le fais ici, en me racontant.
Sans savoir si les pages de Lali constituent un journal, des chroniques littéraires, des souvenirs de voyages, des impressions, des opinions, des rêves, un album photos ou la somme de tout ce que je n’ai jamais raconté.

Car je me rends compte que dans ma vie j’ai davantage écouté les histoires des autres que livré les miennes, probablement par pudeur. Ou parce qu’on ne s’attendait pas à les entendre. Alors, je les gardais pour moi. Si aujourd’hui je les écris, c’est sans savoir si elles touchent, sauf pour quelques-uns qui me le disent. Mais peu m’importe. Je ressens l’envie de les raconter.

Je sors d’un trop long silence. Un silence qui a commencé quand j’ai décidé de vivre comme tout le monde, alors que cette vie n’était pas faite pour moi. En janvier 1993, pour tout vous dire. Un chum steady, une belle-famille, une belle-fille en prime.
Et j’ai vécu comme la majorité des gens, tout en n’étant pas heureuse, en portant le poids des problèmes de l’autre sur mes épaules, en m’oubliant, en me laissant brimer pour sauver les meubles, en me fermant de plus en plus, en me taisant. Pour ne pas avouer l’échec. Pour ne pas abandonner une gamine à qui je m’étais attachée. Mais on ne peut pas vivre ainsi en se mettant de côté au profit des autres, c’est insensé. Et encore plus un non-sens de se taire, de plier l’échine et d’attendre que ça passe.

J’ai recommencé à m’exprimer sans crainte qu’on me contredise sur tout ce que je dis il y a quatre ans. Mais en me livrant peu, parce que simplement je n’étais plus habituée à le faire. J’avais perdu le goût de parler, de dire, de partager, de raconter. C’est revenu petit à petit avec l’arrivée du net dans ma vie. Un de ces jours, je m’aventurerai à vous faire la description loufoque des mes aventures, car ce que je retiens aujourd’hui, c’est le besoin de dire, de me dire, de vous dire. De reculer dans le temps, sans aucun ordre, de me promener d’un continent à l’autre, de vous inscrire dans mes histoires. De vous parler de moi, moi qui sais facilement discuter de tout, mais qui parle si peu de moi. Sinon qu’en demi-teintes.

Peut-être aussi qu’ici je ne livrerai que des bribes. Mais à travers les lignes, vous connaîtrez Lali. Une Lali qui vit, pleinement, même si certains jours elle angoisse. Une Lali qui sait ce qu’elle veut, mais qui n’aime pas les lignes droites. Une Lali qui supporte mal que les autres s’éternisent parce qu’elle a un besoin immense de se retrouver seule. Une Lali enthousiaste, une Lali déçue aussi. Mais une Lali qui vibre en écoutant la musique, en lisant des livres, en regardant des films, en partageant un repas avec ceux qu’elle aime.

Une Lali qui a besoin des couleurs, celles des peintres et des photographes, pour alimenter ses rêves et ses souvenirs. Une Lali qui, pendant longtemps, a découpé les belles photos des magazines, pour fabriquer des cartes de souhaits et des papiers à lettres. Une Lali qui a besoin de mettre en images tout ce qu’elle écrit. Pour partager avec vous en plus des mots et des impressions, ce qui a accroché son regard.

Je regarde le lac d’Annecy. Je vous raconterai une autre fois comment il m’avait séduite en 1981.
Pour l’heure, je vous laisse une photo, mes impressions du moment. Et l’envie de parler comme de plonger. Dans les deux cas, ne faut-il pas justement s’élancer ?

Un parc pour m’inspirer

Filed under: Lieux de prédilection,Mon Montréal — Lali @ 7:00

pmais

Les gens laissent un peu de ce qu’ils sont quand ils croisent nos vies, et vive versa.
Et nous laissons une grande part de nous dans certains endroits. Ceux-ci parfois au bout du monde, mais aussi la porte à côté.

Le parc Maisonneuve que j’affectionne tant est à une quinzaine de minutes de marche. Autant dire dans ma cour, quand on habite une ville qui s’étale surt 53 km de longueur et dont une des artères principales, la rue Sherbrooke, fait à elle seule 40 km. Et çà et là, des parcs. Nombreux.

Et si d’autres offrent des avantages comme des panoramas, un bassin d’eau ou une patinoire, ils ne possèdent pas ce je-ne-sais-quoi qui m’attire comme le parc Maisonneuve. J’aime le grand vert qui le couvre en été avec les arbres majestueux, les cyclistes qui y ont leur aise, les enfants qui s’amusent, les familles qui vont y pique-niquer, les musiciens qui pratiquent au grand air, les marcheurs, les lecteurs affalés dans l’herbe, et tous ceux-ci éparpillés: le parc est vaste.

J’aime aussi le blanc de l’hiver qui donne au décor un autre aspect. Et le silence. Et marcher. Seule, préférablement. À moins d’être accompagnée par quelqu’un qui saura me laisser dans mes rêves et ne pas m’importuner par ses réflexions. Car cet endroit, je le fréquente aussi pour me retrouver. Pour reprendre contact avec mes rêves et mes ambivalences.

Oui, je rêve de Belgique et d’ailleurs. Oui, mes yeux sont imprégnés de lieux visités et avides de nouveaux. Oui, ma soif de voyages est grande, comme mon désir d’apprendre et mon besoin de partager.

Et j’aime mon Montréal imparfait, ses quartiers, ses concepts architecturaux improbables.
J’aime cette ville nord-américaine qui a parfois des airs d’Europe.
J’aime aussi le côté ethnique de cette ville, d’abord et avant tout francophone, même si la langue d’origine commence à se perdre – j’en ferai un débat un autre jour -, où la majorité du temps le multiculturalisme semble avoir trouvé sa vitesse de croisière, malgré quelques heurts occasionnels.
J’aime ce Montréal où je suis née, où j’ai grandi, où je vis.

Et j’aime ce parc où le soleil se lève au moment où j’écris ces lignes.
Parce que, je crois, il a toujours été une source d’inspiration.