Lali

29 novembre 2005

Le mal du pays

Filed under: À livres ouverts,Mes lectures belges — Lali @ 20:40

lemaldupays

De tous les livres que j’aurai lus sur la Belgique, celui qui m’en aura appris le plus est Le mal du pays de Patrick Roegiers. Bâti comme un abécédaire, il fait le tour des personnalités, des lieux, des expressions, de la politique, de l’histoire, des arts, des non-sens, de la peinture. Presque tout est passé au peigne fin sous l’œil à la fois amoureux et réaliste de l’auteur.

Patrick Roegiers, Bruxellois de naissance, ne deviendra jamais un Français, même s’il vit en banlieue parisienne. Il aura toujours en lui le mal du pays, tel qu’on le connaît, celui des déracinés, celui qui fait qu’ailleurs il manque toujours ce qu’on aimait du pays quitté. Et aussi cette conscience du pays qui a mal, qui n’est plus ce qu’il était, qui perd ses repères et se cherche une identité. Essai, mais aussi récit intimiste, Le mal du pays est un livre à part. De ceux dont on a besoin pour saisir une infime portion de la dimension belge, tout en sachant qu’il s’agit là d’un aperçu, d’un survol, de quelques images glanées dans les souvenirs de l’auteur.

Ce livre est celui d’un amoureux de son pays natal, imparfait et surréaliste.
Un livre qui, curieusement, m’a fait aimer la Belgique. Un livre qui m’a ouvert sur ce petit pays qui me fascine et me passionne.
Encore une de ces choses que je ne m’explique pas: j’ai le mal d’un pays qui n’est pas mien.

Lali et les livres

Filed under: Qui est Lali? — Lali @ 7:32

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Je ne sais que ça, les livres, ceux qui nous parlent, ceux qui nous mènent hors du temps, ceux qui nous troublent, ceux qui nous ramènent à nous, ceux qui nous font sourire, ceux qui nous emportent ailleurs, ceux qui changent les perspectives et les idées reçues, ceux qui nous inspirent, ceux qui nous déroutent.

Depuis toujours, ils ont été mon refuge, ma lumière.
Ils ont fait de moi ce que je suis. En grande partie.

Faire la liste de tous les livres qui m’ont transformée relèverait de l’exploit. Il y en a trop, de trop, comme on dit en pays wallon.
D’ailleurs, quand on me demande lequel j’apporterais sur une île déserte, je ne sais jamais ce que je dois répondre. Privilégier l’un plutôt que l’autre ? Prendre la chance de me lasser de celui que je choisirais alors que je le pensais capable de me tenir compagnie ad vitam aeternam ? Opération trop risquée que de choisir de la fiction comme de la poésie, autant pour un essai.

Sur une île déserte, ne reste qu’un choix. Un dictionnaire, je n’en vois pas d’autre. Car de tous les livres, c’est le seul qui nous épuisera avant de s’épuiser lui-même. Qui nous donnera à apprendre, à rêver… Et assez solide pour durer, pour servir d’oreiller ou de table, au besoin ! Oui, sur une île déserte, il me faudrait un dictionnaire, je maintiens.

Mais pour la terre ferme, puisque j’y suis encore, je prendrai les autres.
Quelques-uns. Je découvrirai, je relirai. Je partirai en voyage avec les mots et les histoires.
J’irai au hasard des couvertures, des résumés. Loin des modes, de préférence.
Et si je me trompe, que le livre est muet, j’en tirerai un autre d’une de ces piles qui constituent mon désordre organisé.

Je cherche souvent mes clés, j’ai perdu nombre de parapluies, j’ai laissé des lunettes de soleil ici et là, mais je sais une chose: si devant vous je déballe le contenu de mon sac, il y aura toujours un livre.

Je ne sais que ça, les livres.